‹ Œuvres. Pub. par le baron Kervyn de Lettenhove (volume 4)Chapitre 12 sur 50 · EPITAPHE · texte numérisé non relu

EPITAPHE

Venez avant, ô France toute entière ; Monstrez-vous cy, ô noble Normandie ; Venez parer la digne cimitière Du vaillant corps qui cy gist en littière Et dont je sçay si excelse héraudie.

Sa fin n'est pas par triste maladie, Mais en aspreur d'esprouvée vaillance Et dont desjà se sent la deffaillance.

Princes françois, offrez icy v6s larmes ;

Prestez-y pleurs, toute chevallerie ;

A chief enclin, révérendez ses armes

Qui furent guimple' et miroer aux gens d'armes,

Soubs qui France est recouverte' et florie.

Nul ne le tienne à gas^, ne flatterie ;

J'en mets chascun au fort de son enquerre :

Bien a si bon, meilleur non en la terre.

Parlant de luy, haut homme s'en amende ; Bouche anoblist, qui le haut loue et prise ; L'air s'esclaircist, et semble qu'il resplende Là où se fait record de sa légende Et de sa mainte efforcée entreprise.

Je ne dis pas qu'ailleurs ne soit comprise De gloire assez et dont la clarté monte ; Mais cestuy, voir, surmonte commun conte.

Tous subtils sens, tous haux engins Thonneurent; Tous beaux parleurs, leur chief le glorifient; Villes, chasteaux, palais, les camps le pleurent. Tous ces mondains qui après luy demeurent. Leur non pareil, dolant le sacrifient ; Princes et rois ses haulx faits vérifient )

' Guirapîe, écu.

Gas, moquerie.

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