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Alors, dis-je, l'effet fut général, lesapplaudissemeiis éclatèrent de toutes parts ; le signal en fut donné par la jeune enthousiaste, qui, avec l'impétueuse sincérité de son âge, reporta vers la vérité, dont l'éclat venait de frapper ses yeux, l'exaltation qu'avaient surprise en elle de fausses théories, et on assure que sa conversion devint si éclatante que désignée plus tard à la haine des factions, elle périt victime de l'expression imprudente et peu contenue de ses sentimens nouveaux.
Ce discours détermina l'Assemblée; elle vota le projet de décret qui lui avait été soumis par ses comités avec les additions que Salles avait proposées. Dans cette circonstance, comme au 21 juin, Barnave rendit un immense service à son pays; il fut en cela puissamment secondé par Duport, les de Lameth et tous leurs amis.
Paris et le royaume applaudirent au décret rendu par l'Assemblée : les jacobins s'en indignèrent ; ils proclamèrent l'insurrection, appelèrent à la révolte une multitude d'ouvriers, et rédigèrent cette trop fameuse pétition, qui occasionna bientôt après la malheureuse et sanglante affaire du Champ-de-Mars.
Cependant, l'Assemblée nationale touchait au terme de sa mission; elle avait voté sans plan arrêté ;, sans ordre et à mesure que les circonstances l'avaient exigé, une foule de décrets destinés à former la constitution de la France ,• mais elle n'avait pas tar-
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dé à reconnaître le vice de ce défaut de méthode, et dès le mois d'août 1789 elle avait chargé un comité de réunir ces décrets, de les coordonner et d'en faire un tout, qui présentât avec clarté l'ensemble des droits et des devoirs des citoyens, la division et l'organisation des pouvoirs publics.
Le comité de révision employa deux années à accomplir sa tâche, Barnave en était membre, et sans être un des principaux auteurs du travail, il avait assisté avec une grande assiduité à ses séances.
Ce fut le 8 août 1791, que Thouret, au nom des comités de constitution et de révision, vint présenter ce travail à l'Assemblée : deux vues y présidaient, l'une de simplifier l'acte constitutionnel, l'autre de donner au nouveau pacte social l'énergie et la force nécessaires pour agir et pour se conserver ; c'est dire que le comité ne s'était pas borné à classer, à coordonner les précédens décrets, mais qu'il les avait réellement révisés et améliorés.
L'Assemblée nationale avait abattu, elle avait créé ; il lui restait à consolider et à maintenir ; ce fut la pensée du comité.
Les ennemis de la constitution nouvelle, royalistes purs et républicains, ne pouvaient voir sans de vives alarmes, tout ce qui tendait à lui faire prendre racine dans le sol ; ils se concertèrent, unirent leurs efforts et attaquèrent , avec une égale violence , le travail présenté.
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Dans les rangs opposés , un grand changement s'était opéré : ceux qui , dès le principe , a\'aient été les plus ardens à réclamer pour la liberté des garanties illimitées , et , par suite , à affaiblir le pouvoir royal , éclairés par les évènemens , reconnaissaient que la liberté elle-même était intéressée à ce qu'on rendît à ce pouvoir toute l'autorité nécessaire à l'indépendance et à la vigueur de son action.
C'est alors qu'on put regretter le parti que Mounier et ses amis avaient pris de se retirer ; leur appui eût été décisif et eût probablement empêché des résolutions qui devaient avoir pour l'avenir de la France des résultats si funestes.
Parmi ces résolutions, il en est quelques-unes qui sont de nature à fixer plus particulièrement notre attention, et sur lesquelles Barnave fut appelé à se prononcer.
Les unes relatives, soit aux conditions de l'électorat et de l'éligibilité , soit à l'établissement de conventions nationales , ayant pour mandat de réviser périodiquement la constitution ; les autres, concernant l'existence plus ou moins prolongée de l'Assemblée constituante, et la non réégibilité de ses membres.
Dans ses précédens décrets, l'Assemblée nationale, en fondant l'élection à deux degrés , avait prescrit quC;, pour être revêtu du titre de représentant de la nation, on fût tenu de payer un marc d'argent de contribution.
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Cette disposition , ayant soulevé de nombreuses controverses, on pensa qu'il était préférable d'affranchir l'éligibilité de toute condition et de n'en imposer qu'à l'électorat.
Le comité de révision s'était rangé à cette opinion et avait proposé d'établir , pour le deuxième degré, une contribution équivalente à 40 journées de travail, trois journées étant déjà exigées de la part de l'électeur au premier degré.
Le parti républicain , au sein duquel se fîi^ent remarquer Robespierre, Buzot, attaqua vivement cette proposition qui tendait à lui ôter ses moyens d'influence dans les élections.
Barnave sentait trop la nécessité de constituer l'indépendance des électeurs pour ne pas appuyer le projet du comité. Il le fit avec cette force d'argumentation qui lui était ordinaire et qui ne souffrait pas de réplique. « Il ne suffit pas de vouloir être libre, dit- » il, il faut encore savoir l'être... Tous ceux qui ont » combattu le comité, se sont rencontrés dans une er- » reur fondamentale. Ils ont confondu le gouverne- » ment démocratique avec le gouvernement repré- » sentatif... La fonction d'électeur n'est pas un droit, » c'est à la société à en déterminer les conditions... » Le gouvernement représentatif n'a qu'un seul » piège à redouter, c'est celui de la corruption. Pour » qu'il soit essentiellement bon, il faut donc lui ga- » rantir la pureté et l' incorruptibilité des corps éiec-