Oeuvres. Publiées
Mais de la science de la morale et de tout ce qui tient immédiatement à l'homme, comme la législation, ils avaient fait une science de fait, fondée sur l'expérience et l'observation ; ils semblaient ne pas croire que sur des choses qui tiennent de si près au bonheur, on pût s'en rapporter à des raisonnemens théoriques.
T.ÎIl. f.
Les philosophes modernes ont suivi la marche opposée ; ils ont éclairé la haute physique par les plus sûres méthodes de l'observation, de l'expérience et du calcul ; mais quant à la science morale et politique, ils ont pensé que les généralités de la métaphysique étaient assez bonnes. Nous avons le contrat social k la place de toutes les idées positives des politiques Grecs, et les définitions d'Helvétius nous tiennent lieu des maximes de Socrate.
Des erreurs des hommes et des peuples.
Il est rare que les hommes se trompent dans les notions qui sont le résultat dune pratique et d'une observation journalières,
Mais il est rare qu'ils ne se trompent pas dans les théories qui sont l'ouvrage de l'imagination et du raisonnement.
Aussi rien n'est-i! plus trompeur que leurs préjugés ou leurs opinions admises dans presque toutes les sciences sublimes dont leurs sages se sont occupés. Mais rien n'est plus généralement vrai que les préjugés ou les idées quils se sont faites sur les détails de la vie, sur la morale, sur la connaissance pratique de l'homme.
ÉTUDES sur. f/iiomme. 3
Plus les peuples sont neufs et près de leur origine , plus leurs grandes théories sont absurdes et leurs notions pratiques vraies; plus au contraire ils s'avancent dans la civilisation, plus leurs théories s'épurent et leurs notions pratiques se corrompent.
La philosophie des peuples neufs est la sagesse ; celle des peuples vieillis est la métaphysique. Chez les premiers la multitude a un instinct très exercé, et les sages n'y font presque autre chose que perfectionner cet instinct et le réduire en maximes. Chez ceux-ci , la multitude n'a plus qu'un instinct borné et dépravé, et les sages s'y occupent de sciences raisonnées qui n'ont presque rien de commun avec la pratique de la vie.
Il me semble que depuis les premiers philosophes et les poètes de la Grèce, la connaissance de l'homme moral a plutôt perdu que gagné. Peutêtre que depuis Hyppocrate la médecine pratique n'a pas fait plus de progrès. Chose remarquable ! les anciens ignoraient la circulation du sang, la plupart des notions chimiques, et, par les seules lumières de l'observation immédiate, ils avaient de meilleurs médecins que nous.
Mais s'ils nous ont égalés ou surpassés dans les sciences et les arts qui résultent de l'observation immédiate, du sentiment et de l'instinct, telles que la morale, la médecine, la poésie, et quel-
\ ÉTUDES SUR LHOMMK.
ques-uiis des beaux-arts, nous les avons de beaucoup surpassés dans ces arts compliqués et pour ainsi dire hors de la nature qui résultent de l'application des théories; tels que la navigation, la mécanique et toutes ses applications, la chimie, etc.
De rirtstinct.
L'inslinci est l'exécution rapide des opérations morales qui déterminent les actions spontanées..
De rinstinct de la raison.
L'homme dans sa conduite a deux guides principaux.
Le premier peut s'appeler l'instinct ; il résulte du naturel et de l'habitude, se décide par sentiment et non par réflexion, rend l'homme semblable à lui-même et lui imprime un caractère distinclif.
L'autre est le raisonnement ; il résulte des réllexions et de la science, et guide l'homme d'après, des principes.
ÉTLDES SUR LHO.UME. 5
Comme dans îa plupart des hommes qui ont quelque instruction , ces deux mo))iles concourcnl, chacun en général choisit d après son instinct, parmi les principes divers que les connaissances et le temps ont jeté dans îa société, ceux qui s'adaptent le mieux à ses dispositions et h ses goûts; il marche dans la grande \oie sociale, mais il y choisit le sentier qui s'accorde le mieux avec son allure individuelle.
Ceux qui n'ont point d'instinct bien prononcé, ou dont l'instinct est pour le changement, varient ix>ur l'ordinaire dans i<îurs principes ou du moins dans le caractère de leui-s actions, car rarement la conviction de l'esprit est assez forte pour soustraire nos opinions aux variations de nos sentimens et de nos affeclions, et presque jamais pour y soustraire notre conduite.
Laplupart ne voient de raisonnable que ce qui leur plaît; mais de ceux qui, entraînés à l'inconséquence parnaturel, ont assez de raison pour la voir et de force pour l'éviter, à peine peut-on croire à leur existence. Il est des hommes en qui l'instinct domine, et lorsqu'il est bien prononcé, cela arrive presque toujours ; il en est qui ont un instinct faible et une grande habitude du raisonnement. Cette habitude produit à son tour une sorte d'instinct ; elle se crée des appuis factices qui viennent au secours de sa faiblesse.
Le meilleur guide que l'homme puisse avoir est certainement un instinct bien prononcé et dirigé vers le bien, alors la raison la plus commune suffit.
Mais plus l'instinct est faible et indécis, plus il devient nécessaire que la raison lui supplée, et c'est là que la tâche devient aussi difficile qu'importante.
On doit surtout considérer la nature afin de s'en servir, et de ne pas entreprendre imprudemment de la contrarier; il est plus facile de donner une grande intensité à certaines qualités dont le germe, quoique failDle, existe en nous, que de nous imprimer la plus faible teinture de celle que repousse notre nature; il est peu de dispositions, même vicieuses, qui , dirigées et modifiées ne puissent produire quelque bien; en un mot, la raison fera un homme en achevant ce que la nature a commencé, elle ne fera tout au plus qu\m comédien en travaillant contre le vœu de la nature ou sans son aide; quelque forme apparente qu'elle donne à cette machine artificielle, le temps ou la première secousse rendront aux ressorts qu'elle aura forcés, leur véritable direction.
La raison s'emparera des dispositions naturelles pour en former la combinaison la plus heureuse, et elle déterminera celles qui doivent être forti-
fiées, celles dont il faut modifier la direction, car les dispositions de la nature sont comme le vent pour un vaisseau : on peut suivre sa route en modifiant l'impulsion d'un vent presque contraire, mais avec le calme plat, il n'a aucun moyen d'avancer.
La raison ayant fait son choix parmi les dispositions naturelles en formera un caractère, un tout homogène et systématisé; elle le soutiendra par les maximes, par l'habitude, par les situations, et s'il a été bien pris dans la nature, le temps, loin de l'user, le concentrera, et les épreuves choisies par la prudence, non assez fortes pour le détruire dans le principe, le fortifieront graduellement.
De la recherche de la Téritc.
Peu d'hommes suivent une marche éclairée dans la recherche de la vérité ; la plupart même, en parcourant une grande route, savent si peu comment et pourquoi ils croient; tant d'hommes ont prononcé et ont créé avec assurance des inepties ; tant de grands esprits sont convenus de l'incertitude de la plupart des dogmes; la singu-
& ÉTIDES SUR L'HOMME.
lariié et les passions se sont tellement plues à multiplier les opinions diverses, que le grand nombre en est venu à croire que tout est incertain, dénué même de degrés de probabilité, que les voies pour arriver au vrai sont également trompeuses, et quil vaut autant croire à celui-ci qu'à celui-là. D'où les diverses opinions ont trouvé crédit auprès d'eux, non sur ce qu'elles offraient plus ou moins de crédibilité, mais plus ou moins de séduclion.
§ VI
Sur le même sujet.
L'esprit est aussi porté à la méfiance qu'à la présomption quand il cherche de bonne foi la vérité...
Mais qui est celui qui cherche la vérité?
Le désir de se distinguer fait raisonner et dogmatiser cet ana thème paradoxal; dans le fond, on ignore ce qu'on croit, et on ne se soucie point de ce qu'on doit croire.
Celui-ci a été guindé et irrité par l'àcreté de la dispute; son amour-propre est à présent son seul raisonnement.
Cet autre, dans le fond, aime assez la vérité.
mais il voudrait la tenir tout entière dans son principe comme un oiseau dans la cage. Il voudrait que la vérité fût comme une grande fortune pressée dans un papier portatif. Il passe le jour dans une chambre close à caresser son principe à la lueur dune petite lampe. Si vous lui faites mettre le nez à la fenêtre, vous le chagrinerez beaucoup, mais au bout d'un moment, il verra tout trouble; il refermera vite les volets, et viendra remettre ses esprits en caressant son principe favori à la lueur de sa petite lampe.
La méfiance de l'esprit mène à la vérité. Mais il faut qu'elle ne soit ni passion, ni faiblesse, il faut qu'elle soit soumise, comme tout ce qui est en nous sentiment, à la vigueur de la raison et du caractère.
S vu.
Suite.
Quelques personnes adoptent les conseils et les lumières d'autrui sans examen, sans vérification, ni correction, ainsi elles en adoptent beaucoup de faux, d'irrelalifs.
Quelques autres mettent de la gloire à croire, à penser, h agir par elles-mêmes. Elles n'écou-
10 ÉTUDES SUR L'hOMSÏE.
tent point les notions et les avis, elles affectent même de les contrarier, d'où il arrive qu'elles bornent leurs moyens et leurs connaissances, et qu'elles prennent de fausses routes pour éviter celles qu'on leur marque.
D'autres personnes écoutent les avis et notions, les sollicitent même; puis elles les examinent, les épurent, les mettent à leur usage ; elles acquièrent par là V de nouvelles lumières sur les objets dont on leur parle ; 2° des lumières aussi sur les rapports des opinions aux caractères, etc. Ce moyen est le seul d'obtenir la vérité.
§ vui.
Le droit et le fait.
C'est une fréquente source d'erreurs et de disputes parmi les hommes que de ne pas distinguer nettement le droit et le fait.
Le droit est ce qui résulte des lois positives ou des maximes de justice dérivées de la nature de l'homme et de son intérêt naturel et social.
Le fait, est ce que l'observation et l'expérience ont démontré exister efleciivement, ou du moins dans le cours ordinaire des choses.
Les esprits observateurs donnent leur princi-
pale attention au fait; ils acquièrent une grande connaissance de la marche de la nature; dans leur travail pour le bonheur de l'homme, ils font abstraction de l'impossible, ils s'attachent à procurer à l'humanité, ou plutôt à la fraction dont ils s'occupent, le degré de perfection et le genre de félicité dont ils la jugent susceptible.
Les esprits spéculatifs ne s'occupent guère que du droit; ils condamnent tout ce qui n'est pas conforme aux idées de morale et de justice qu'ils se sont faites. Ils existent presque toujours, ou dans des illusions et des espérances chiméiiques, ou dans l'indignation de la réalité. Les premiers accusent ordinairement les autres d'ignorance, de faiblesse desprit, d'aveuglement puéril.
Ceux-ci à leur tour les accusent d'immoralité parce qu'ils prennent leurs assertions pour leurs maximes, et aussi de paradoxe, parce que, accoutumés à voir la nature dans leurs rêves, ils ne la reconnaissent plus quand on la leur montre comme elle est.
Des hommes qui se sont fait illusion abandonnent tout quand elle est dissipée, ils travaillent pour un bien chimérique qui s'évanouit; un bien léel ou possible est sans charme pour eux, ils tombent dans l'extrémité contraire, et cette humanité à laquelle ils destinaient le bonheur et la pcrf< clion (ies anges, voyant qu'elle ne \yeui se-
lever au prix de leurs bienfaits, ils lui souhaitent toute espèce de honte et de maux.
Le défaut des esprits observateurs est aussi de tirer de trop dures conséquences des vices et de Timperfection des hommes ; soit qu'exagérant ces choses, ils destinent à T homme un traitement proportionné à ridée trop vile et trop odieuse qu'ils s'en sont fait, soit qu'ils se résolvent seulement à le laisser aller comme il va ; les uns sont parvenus par l'étude de la vérité à une sorte de misanthropie, les autres à linsouciance ; Ilobbes fut dans la première classe, Montaigne n'était pas loin de la seconde.
Cependant la nature telle qu'elle est, est encore inépuisable en ressources et riche en perfectibilité ; il faut seulement bien connaître ce qu'elle est, ce qu'elle peut être et par où elle y peut arriver. La science veut un esprit sagace et une tête froide ; l'art veut un caractère hardi, une àme ardente, une imagination féconde, éclairée par cette même intelligence qui a su découvrir la vérité.— Il faut savoir et vouloir. Malheureusement la nature a rarement uni ces choses, et un jugement calme et sain n'est pas ordinairement le partage d'une àme pleine de ressort.
Tout comme dans les sciences morales, on trouve des esprits spéculatifs ou observateurs qui s'occupent les uns du droit, et les autres du fait ;
ÉTUDES sur. l/HOMUE. 13
dans les sciences physiques on trouve des hommes à théorie et des hommes à expériences qui cherchent, les uns à expliquer la nature et les autres à découvrir le système de la nature-, en recueillant des faits.
§ IX
Jalousie et réciprocité entre les hommes.
La nature a établi entre les hommes la jalousie et la réciprocité.
L'une les porte à s'opposer au bonheur des au-, 1res comme étant nuisible au leur.
L'autre les porte h le favoriser comme réagissant sur leur propre bonheur.
Suivant les diverses occurrences de la vie , les hommes obéissent à l'une ou à l'autre, de même les nations considérées comme individus. Chacun par son caractère est plus disposé ou à la réciprocité ou à la jalousie. Les écrivains philosophes , faiseurs de maximes, ont aussi, suivant leur caractère ou leurs idées , favorisé dans leur doctrine , l'une ou l'autre de ces dispositions , et leurs précepte sont tendu h diriger les hommes, les uns dans un esprit de jalousie, les autres dans un csjprit de réciprocité.
Î*J ÉTl'DFS Ml; I 'homme.
De là les deux syslèines de jalousie et de léciprocilé en morale, en politique, en économie politique, en politique extérieure, même en agriculture.
La doctrine moderne , fondée principalement sur les écrits de la secte dite des économistes, a adopté dans toutes ses applications le système de réciprocité.
Sx.
Constiiution moiale de l'homme et de la femme.
Les aiïections des hommes sont plus en masse, plus simples, plus importantes ; celles des femmes sont plus détaillées, plus frivoles, plus légitimes.
Quand vous êtes mobile, souple, exaltable, versatile, alors vous vous rapprochez de la femme. Une telle constitution conduit à la sensibilité, h la faiblesse, à la finesse, à la légèreté, h l'excitabilité, h l'imagination fine, inconstante, versatile.
L'imagination chez l'homme produit la force, la tête, lame) le cœur.
C'est de la mixtion des deux constitutions que se forment les hommes de génie.
Là où le cœur se montre, on pardonne bien plus aisément les erreurs de Timaginalion.
Avec de la confiance, de l'encouragement, de bons trailemens, on fait toujours quelque chose des gens qui ont de l'âme.
Le de'sir de plaire, d'être approuvé, est un ressort précieux qu'il faut plier aux convenances, mais dont il faut conserver religieusement Télast ici té.
La crainte ne mène jamais à rien de beau, de parfait; elle nest presque propre qu'à empêcher le mal visible. L'espérance est le grand mobile qui développe les facultés de l'homme.
De rhorame dans ses divers âges.
La curiosité, l'amour-propre, l'espérance, les rêves de l'imagination, occupent le premier âge de la vie.
Les illusions, le goût des découvertes; voilà les jouissances de vingt ans.
Les sensations du premier âge ne peuvent se reposer long- temps sur le même objet, la surprise les charme et les enivre , mais la curiosité les entraîne vers un autre objet; l'espérance les porte vers l'avenir.
Il est bien plus facile de subjuguer son ignorance que de fixer son goût.
16 ÉTUDES SLR l'HoMME.
Cet âge ne fait point jouir cl n'a pas même les chaleurs soutenues des sensations qu'on lui suppose quelquefois; il ne savoure point, ses plaisirs sont gâtés par l'impatience.
C'est en approchant du milieu de la vie que l'homme qui a conservé et développé ses facultés, qui a appris à en diriger l'usage, qui unit à la force un certain calme ou plutôt celte ardeur soutenue et nuancée qui se prête à toutes les modifications du plaisir, qui sait connaître le prix de ce qu'il possède et les défauts de ce qu'il n'a pas, qui ne donne point aux privations une valeur qui détruit tout le charme des jouissances, c'est alors, dis-je, que l'homme peut savourer dans toute son étendue le charme de l'existence.
§ XII
De la jeunesse.
Les organes de la jeunesse sont nouveaux et mobiles. Elle est très sensible; le rire, les larmes, les émotions fréquentes et vives sont le partage de l'enfance. Elles deviennent plus rares à proportion que les années s'accumulent; et l'homme formé n'est plus agité que par de puissantes émotions.
ÉTUDES SUR l'homme. 17
Les afieclions de la jeunesse sont brèves, la distraction l'entraîne^ elle est d'ailleurs fatigable parce qu'elle est mobile et faible.
La jeunesse prévoit le bonheur, accoutumée qu'elle est à considérer dans l'avenir une progression croissante; elle projette parce que la portion de sa carrière qui lui reste à courir est la plus longue et la plus importante selon ses idées.
L'homme est porté à croire ce qu'il désire, il n'y a que l'expérience qui le désabuse; mais la jeunesse a des désirs vifs et l'expérience nulle.
La jeunesse sacrifie à la gloire, à l'estime, à l'attachement, parce que ces biens sont les plus flatteurs; l'âge avancé a lamljition, parce que l'expérience montre le bonheui" dans le pouvoir; il sacrifie à l'avarice, parce que la longue vie instruit à la méfiance.
La jeunesse est présomptueuse, parce qu'elle est belle, active, ignorante. De présomptueuse, elle devient insolente; elle poursuit la gloire, parce qu'elle croit l'atteindre ; elle ose, parce quelle croit réussir.
Elle est inconstante, parce que fout objet a sur elle l'attrait puissant de la nouveauté ; parce que, portée à prévoir le bien par présonq^lion, ce qu'elle conçoit le mieux est toujours ce qu'elle
estime le moins.
18 ÉTUDES SUR l'homme.
Elle est franche, parce qu'elle a plus de sensibilité que de prévoyance et de souvenir ; parce qu'elle ignore l'art de dissimuler et qu'elle le méprise, amoureuse qu'elle est, pour l'ordinaire, de ce qui est noble, grand et glorieux.
Un grand inconvénient pour les jeunes gens dans la société, c'est que depuis leur maîtresse jusqu'à leurs marchands, tous ceux qui traitent avec eux, se croient obligés d'honneur à les tromper.
La jeunesse active et sensible, qui ne peut prendre son essor dans les passions et la gaîté, trouve une issue tlans l'affectation et s'y verse sans mesure.
§ xm.
Des enfans.
On donne des conseils aux enfans et on ne cherche guère à en tirer des lumières ; cependant, presque tout ce qu'on veut leur apprendre les saisit, et les enfans bien organisés sont excellents dialecticiens
Pour bien élever l'esprit des enfans, il s'agit de faire devant eux les raisonnemens dont ils seraient capables.
ÉTUDES SLR L'HOIVJME. 19
Je voudrais qu'on apprît aux enfans h bien observer et bien raisonner, et qu'on ne leur donnât des connaissances fondées sur l'aulorité qu'à mesure qu'ils pourraient comprendre comment elles ont été découvertes et certifiées.
C'est ainsi qu'ils auront une force de juger, et qu'ils donneront a leurs opinions le juste degré de fermeté, parce qu'ils sauront d'où elles viennent, et qu'ils ne ressemblent pas à la multitude qui croit ce que souvent elle n'entend pas, sans mesure, sans fondement et sans preuve, ne sachant jamais si elle doit cesser ou continuer de croire, et le pourquoi de l'un ou de raiilro.
% XIV
Maximes puisées dans )a connaissance de rhoiume.
Le vieillard raide et lent par constitution estime qu'on ne peut bien faire les choses qu'avec lenteur.
L'accueil des gens du monde se mesure près-
20 ÉTUDES SliR I/BOMME.
que toujours sur ce que noire liaison a déplus ou moins flalteur pour leur société.
Le désir de paraître On, Tait peidre le fruit de la (inesse.