T. III
Ces dispositions et ces singularités caractéristiques , qui touchent à l'excès ou aux faiblesses , sont les points par lesquels on tient à la grandeur.
Pousser loin, très loin la faculté principale ; distribuer inégalement l'usage des forces ; se livrer, s'abandonner à l'élan.
Eloigner de soi les broussailles et les branches mortes, mais laisser les grands rameaux suivre leur forme libre et pittoresque.
Le goût delà solitude fait l'homme ; une nuance de timidité tient à la grandeur ; la paresse est la compagne du talent , et l'engourdissement est la préparation du génie.
En tout, la hardiesse dépouillée d'affectation , de singularité , éclairée par le goût , la raison et les lumières , est le premier attribut de la supériorité.
Eloigner autant qu'il se peut la vaine subtilité de ses combinaisons ; consulter et agir d'après les grandes données.
Il faut être réfléchi, sage et hardi.
Il y a un certain mélange de paresse, de timidité, de faiblesse, d'inexpérience, qui fait qu'on n'a pas une juste idée de sa situation et de ses ressources, et qu'on ne sait ni les juger, ni les employer en grand.
La timidité et la lenteur empêchent bien de
petites mauvaises choses, auxquelles l'inquiétude porterait ; mais ce n'est pas assez de ne pas faire du mauvais, il faut faire du bon.
Après avoir vaincu la timidité et la paresse, on s'étonne de la facilité qu'on trouve dans des entreprises dont on avait été épouvanté.
Dans sa vie même, tout à fait privée et domestique, on reste quelquefois bien long-temps, peutêtre, privé, par pure paresse, des choses les plus convenables, les plus agréables, et même les plus utiles.