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Savoir tirer parti des torts qu'on a envers nous.
Il est un art de tirer parti des torts que les
212 ÉTUDES SUR l'homme.
hommes ont avec nous ; art assez varié selon les torts , les personnes, qui consiste en général aies piquer d'émulation, ou du moins de décence, par un traitement mêlé de sensibilité, de supériorité, et de ménagement sans insulte.
Ce traitement n'est point destiné à ceux qui n'ont aucun ressort dans Vàme.
§ Lvra.
De l'ayeu de ses fautes.
Il y a une certaine franchise à avouer ou même à déclarer ses fautes, ses faiblesses, ses défauts. Cet aveu ne tient point à la probité, puisqu'il est clair que, hors certaines occasions particulières, il n'y a aucune obligation à dire ces choses-là. Il tient d'un côté à la faiblesse , à l'indiscrétion , à la légèreté , et de l'autre à la grandeur.
La lâcheté des hommes fait qu'ils en tirent un avantage immense ; ils font bien plus d'attention à l'aveu qu'à la grandeur qu'il y a eu de le faire. Ils l'attribuent plutôt à la faiblesse ou à la nécessité qu'à l'élévation ; ils ne le croient point complet et s'en font un droit pour supposer beaucoup d'autres choses.
En général, à moins que ces aveux ne portent
sur des choses qui , malgré nous , doivent être connues, ou que quelques autres raisons politiques ne les commandent, il faut des combinaisons bien rares d'hommes et de situation, pour que la grandeur qu'il paraît y avoir aies faire, ne soit pas une simple duperie.