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CHAPITRE î

Dispositions physiques.

Différens modes de la nature humaine.

Les causes générales qui motlifient le plus puissamment la nature humaine sont : le froid, le chaud, le sec et 1 humide.

Dans les pays très chauds, les hommes sont sobres; on ne voit que sous la zone torride ces usages, ces lois, ces maximes de religion qui interdisent de rien manger de ce qui a eu vie. Le peu de nourriture et la nourriture végétale conviennent à ces peuples. Les usages que le climat a inspirés en Oiient se sont retrouvés en Amérique. Exemple : les Péruviens.

284 ÉTUDES SUR L'iI0Mi\1£. .

Les Espagnols do la Vera-Cruz vivent de chocolat et de confitures: ceux de la métropole font de ces deux alimens une grande partie de leur nourriture.

Les peuples des pays froids et un peu humides sont grands mangeurs et carnivores; tels sont les Allemands, et, plus encore, les peuples de la Prusse, de la Lithuanie , les Anglais.

L'appétit et la grande stature vont ensemble.

Un certain degré de chaleur et d' Immidi té produit le plus haut degré de disposition pour les beaux-arts : c'est le climat de la Grèce, de l'Italie.

Le terroir y ajoute sans doute ; mais n'est-il pas lui-même l'effet des circonstances géographiques, de la latitude et du mélange de la terre et de Teau?

Quelques degrés de froid, en conservant la même base d'humidité, donnent moins de subtilité, moins de chaleur d'imagination, plus de sagesse, plus de patience à observer; c'est le chmat de l'Angleterre, de l'Allemagne (nuances h part), de la Hollande, encore plus humide.

Il n'y a aucune aptitude aux arts de goût chez des peuples où le sec domine absolument; s'il est combiné à la chaleur, comme en Arabie et en Espagne, on trouve une raideur, une gravité, une paresse habituelle, susceptil)les dun enthousiasme excessif, mais difficiles à mouvoir.

Le froid, moins combiné d'humidité, donne

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des hommes sanguins, tels que les Suédois et les anciens Francs, surtout ces derniers, race où il y a de l'esprit sans talent marqué, et dont le caractère est, en général, bravoure, franchise, inconstance, légèreté.

Le froid sec n'existe guère que dans les montagnes ; il donne toujours beaucoup de nerf physique, et à l'esprit une grande sagacité, mais assez peu d'imagination et de poésie.

Les pays chauds ont toujours plus de finesse, de subtilité, que les pays tempérés ou froids.

La siccité, réunie à la chaleur, donne un caractère de fierté, de constance, d'énergie, qui empêche que cette subtilité n'altère la bonne foi.

Un proverbe des Indiens dit : « Le repos vaut » mieux que l'action, le sommeil mieux que le » repos ; la mort est au-dessus de tout ! ! ! » Voilà l'effet d'une chaleur excessive.

L'amour acquiert de l'énergie en proportion de la chaleur et de la siccité ; il en perd, en proportion du froid et de l'humidité; il en a plus en Laponie qu'en Hollande.

Dans les pays où l'amour n'a ni trop, ni trop peu d'intérêt pour que l'esprit s'en amuse, on trouve la galanterie.

En Europe, les hommes du Nord ont, en général, plus de masse, plus de stature; les hommes du Midi, ont plus de nerf; mais ces différences

tiennent autant au degré d'humidité du climat qu'à sa latitude.

L'Espagnol est le type de la chaleur sèche; c'est l'homme le plus petit et le plus nerveux de l'Europe.

L'Italien, qui habite un pays ou l'humidité est combinée à la chaleur, a bien moins de nerf et plus de stature.

L'usage des liqueurs spiritueuses est général chez les hommes du nord et ne leur fait presque aucun mal ; ces liqueurs brûlent les hommes du midi; il y a chez les premiers un grand fond d'humide qui absorbe l'esprit de vin.

Quand les hommes du nord viennent au midi, ils fondent en eau, et quand les hommes du midi vont au nord, ils doivent être inconmiodës par l'épaisseur de leur sang.

Quoique le sang soit plus humide au nord qu'au midi, il est au midi tenu en dissolution par la chaleur, et au nord coagulé par le froid.

L'usage des eaux chaudes a bien plus de suqcès au nord qu'au midi; l'usage du thé est général dans le nord de l'Europe, le café semble être approprié à la région tempérée, et le chocolat e§t |^ boisson du midi.

Autant les toniques spiritueux sont contraires aux habitans du midi, autant les huileux leur conviennent ; la loi de Mahomet qui interdit le vi»

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n'a point défendu l'usage des aromates de l'Arabie, et cette loi convenait mieux encore aux Arabes qu'aux Turcs.

La transpiration des habitans du midi est de l'huile, leur sang est bilieux.

Le dissolvant des hommes du nord est l'eau ; le dissolvant du midi c'est la bile, c'est une sorte de savon produit par la combinaison des substances huileuses et alcalines.

Dispositions physiques proprement dites.

Il est des dispositions physiques qui ne font qu'accroître la sensibilité également disposée à la douleur et au plaisir.

Il en est qui la rendent voluptueuse ou douloureuse et qui disposent les affections morales à subir la même influence.

Quand la situation physique est douce, l'homme laisse aisément ses inquiétudes, s'en console facilement, en se repliant sur ses sensations.

Douloureuse, il n'a plus la même ressource, et il est une multitude de voies par lesquelles la souffrance se communique au sentiment.

L'extrême mobilité des nerfs produite par Tin-

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quiétude, par la variation légère et folle des pensées, par la facilité des émotions, rend l'homme vacillant et versatile au moral comme au physique.

Un sang acre, agité, une humeur quelconque, des alimens de même nature, frappant sur les organes du mouvement et du sentiment, produisent l'action, l'inquiétude, l'impatience, la convulsion au moral comme au physique.

Le relâchement, la tension raide, les obstructions de tout genre, etc., disposent particulièrement l'âme à diverses affections.

Une foule de pensées et de sensations extérieures viennent sans cesse porter en nous le germe de divers sentimeus ; ceux qui nous trouvent disposés fruclifient, comme la contagion s'arrête dans les humeurs que le venin a trouvé disposées à subir son impression.

Sur Tiisage et 1c niénagemeDt des forces.

Les hommes tireraient un parti bien plus considérable et plus soutenu de leurs forces naturelles, s'ils connaissaient les vrais moyens de les ménager et de les réparer. Voici sur cela quelques observations isolées et éparses.

ÉTUDES SUR J/IIOMAIE. 289

La lassitude et l'épuisement disposent souvent à manquer de sobriété, non que la nature le demande, mais on se persuade aisément que pour réparer de grandes pertes il faut une forte nourriture; comme on n'a point alors la force de l'élaborer, cette masse d'alimens surcharge la nature sans la réparer et change la lassitude en maladie.

En général, l'épuisement momentané des forces exige la sobriété, mais la nature des alimens qui lui conviennent change avec l'espèce de lassitude et la nature des travaux qui l'ont amenée.

Ainsi un exercice qui a irrité et tendu les organes, tel qu'un long voyage, un violent exercice d'équitation, se répare surtout par des alimens doux, qui, en relâchant les ressorts, préparent à la nature le repos dont elle a besoin.

Un exercice qui a plus épuisé la nature qu'irrité les organes, tels que les travaux de Vénus, a besoin d'être réparé par un régime qui, en soutenant le ton de la machine, lui donne assez d'assiette pour se nourrir et même pour goûter le T. m. 19.

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repos ; la modération des alimens a besoin d'être soutenue par quelque Ionique.

La sobriété convenable après un travail fatigant, est également nécessaire.

La première maxime pour soutenir de longs et de forts travaux, est peut-être de ne pas y joindre l'embarras des digestions pénibles.

Un régime restaurant est alors celui qui convient.

Il est sage d'exiger le moins qu'il se peut de la nature pendant la digestion.

Il faut travailler ou reposer ; la nature se consume par une chaleur, une activité, mises en mouvement sans but et sans emploi.

Lorsque la nature ne travaille pas, il lui faut un régime qui la repose ; en exerçant son activité sur elle-même, elle se consume en efforts inutiles; elle use d'avance les forces qu'on voudra bientôt en exiger, et la durée de la jeunesse et de la vie en sera abrégée.

ÉTUDES SUA L'HOaiMG. 291

Il faut, en tout genre de travail, ne pas brusquer et précipiter ses efforts ; c'est en commençant doucement, pour arriver dans une progression de force et de chaleur, qu'on peut atteindre toute l'énergie et toute la durée d'efforts dont on est capable.

En tout genre de travail, il faut s'arrêter avant ce dernier degré de lassitude qui produit l'impuissance d'agir et même de réparer, presque toujours accompagnée de douleurs, et qui touche à la maladie.

En s'arrêtant un peu avant ce point, il n'y a presque aucune différence pour le produit actuel du travail ; il y en a une immense pour la réparation et la conservation des organes, et par conséquent pour la masse du travail à venir.

La nature décidément lasse est rétive. Ce qu'on fait pour la mettre en mouvement ne sert qu'à augmenter son mal, sans pouvoir la faire : gai

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elle est comme cet animal qu'on peut faire mourir sous les coups sans lui foire faire un pas.

YIII.

11 y a grande économie de forces à bien ménager une convalescence, à bien réparer une lassitude, en un mot, à laisser consolider les forces naissantes avant d'en user; vouloir les faire servir dès qu'elles reparaissent, c'est miner le fond, élaguer le parfait rétablissement, amoindrir le capital, tandis que le revenu hâté se trouve luimême, au bout d'un peu de temps, moindre qu'il n'aurait été.

Rien au contraire n'agrandit autant la masse des forces qu'un repos plein et suffisant, succédant à un fori exercice ; la nature qui appelle les réparations, en prend au-delà de ce qu'elle a perdu, et se monte non au niveau de ses facultés ordinaires, mais au niveau de l'état de puissance et d'énergie dont elle vient de réparer la déperdition.

Les causes qui usent à la longue les forces, peuvent se réduire à deux principales : l'usage immodéré des facultés, et l'excès des réparations.

ÉTUDES SUR l'homme. 293

La première, qui est la plus commune, comprend l'abus des plaisirs vénériens, les veillées excessives, l'exercice trop violent et trop continu du corps ou de l'esprit, les passions fortes et prolongées.

La seconde a deux branches, l'abus des alimens irrilans, et l'excès de nutrition ; la première branche est extrêmement commune, elle use la nature par elle-même, et sert d'ailleurs à favoriser l'usage excessif des forces ; la deuxième, en excédant les besoins de l'estomac, occasionne des indigestions et use les forces comme tout autre abus; elle tient plus à la qualité qu'à la quantité de nourriture, et fournissant beaucoup de moyens, elle porte à l'excès de forces, et consume par ellemême ceux qui réparent constamment sans travailler.

§iv.

Force vitale, chaleur interne.

C'est l'état général de ressort et d'élasticité qui pousse tous les organes h accomplir parfaitement, promptement, rigoureusement leuis fondions.

Du bon état de ces forces résulte grandement la force physique et morale , le bon état des hu-

meurs provenant de toutes les élaborations bien faites, la vigueur de la circulation, la régularité de la transpiration et des autres évacuations.

Le foyer principal des forces vitales est l'estomac; son énergie, son élasticité, sont les premières sources de la santé.

Il est des causes qui la conservent et la fortifient : celles qui la détruisent sont donc très importantes à rechercher.

L'estomac veut un exercice qui entretienne son ressort.

Les alimens solides conservent et fortifient l'estomac, les froids de même ; ces alimens l'exercent et ne le relâchent pas, mais cest encore le cas d'éviter la fatigue et l'opération imparfaite.

Tout secours de toniques contribue en général à blaser et à éteindre l'estomac, mais ils sont utiles quelquefois pour prévenir de plus grands maux, par exemple, les mauvaises digestions, l'affaissement, la paresse longue.

Les boissons chaudes affaiblissent l'estomac, l'usage doit donc les employer avec la plus grande économie.

Trop de boissons détruit l'estomac : attendez la soif, suppléez par des alimens humides; évitez autant qu'il est possible de boire hors les repas ; l'eau détend, dissout; les acides engourdissent ; les sirops crassent ; abstraction faite des circons-

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tances, l'estomac se trouve toujours mieux des liqueurs spiri tueuses et acides, trempées de plus ou moins d'eau.

Les alimens gras empêchent l'irritation; ils conviennent aux tempéramens ardens et secs, mais à condition qu'ils ne détériorent pas les digestions, qu'ils ne séjournent pas, qu'ils n'amènent pas l'irritation avec embarras.

Si l'estomac n'y suffit que de temps en temps, il convient qu'un changement de régime secoue leur sédiment avant quil ait pu nuire, et ranime le ressort; mais les alimens gras, soit pnr l'encrassement et la surcharge des premières et des secondes voies, soit parla foule de maux qui les suivent, causent des inconvénicns très flicheux. Il faut, quand on en fait usage, la pins grande attention à entretenir les voies libres. L'action, l'eau, les diètes, le ressort donné par des mets peu nourrissans, le pain, surtout le pain bis, sont les meilleurs moyens.

En général, les alimens dits consommés, qui, sous un petit volume, offrent beaucoup de nourriture, sont très contraires à l'estomac.

La lenteur des fonctions vitales conserve la constitution, mais leur interruption, leur accomplissement imparfait, ne peut que nuire.

Les tempéramens maigres, souffrent comme tous de l'excédent d'alimens fatigans, mal digérés ; mais il leur faut pour les soutenir, suffisance de réparations. Le lest les soutient, les fortifie, les repose. Le lest, surtout frais, est calme et humectant.

Si le tempérament sec tend à l'humide et se nourrit en conservant ses forces, il gagnera la souplesse et l'aisance dans toutes ses fonctions.

S'il s'affaiblit en même temps, il sera surchargé de ses nouvelles acquisitions, et deviendra sujet aux embarras d'humeur, [à la dissolution ; qu'il ait donc soin de conserver les forces vitales et de ne les charger que de ce qu'elles peuvent bien régir.

Sur ce tempérament comme sur tout autre, les humides simplement relâchans, ne peuvent être que nuisibles, mais les humectans appropriés, tendent à garantir du dessèchement et de l'inflammation qui suivent facilement les excès.

Si, avec peu de réparations, il y a une grande dépense, il faut ou qu'elle se fasse au profit d'un seul organe aux dépens des autres, ou qu'elle se fasse aux dépens des capitaux et qu'elle prépare l'épuisement.

Gens qui mangeant et dormant peu, dépensent

beaucoup, tendent à une consomption prochaine.

L'abondance d'activité, l'imagination, l'impa-

ÉTUDES SUR l'homme. 297

tience, se rencontrent peu dans de petits mangeurs , elles n'y sont pas énergiques, mais aisées, fines et délicates.

Les tempéramens qui se consument, doivent chercher le calmant, l'humide, le balsamique, au point où ils peuvent l'élaborer.

Les tempéramens secs, rigides, se changeront un peu par les humides balsamiques, qui, s'ils ont de la chaleur, le tempéreront.

S'ils sont froids ou modérés, quoique forts, ils jouiront d'une grande suite de santé et de vigueur, en évitant suffisamment tout échauffement artificiel, tout abus de dépense par effervescence, le trop grand épaississement des humeurs et l'excessive et extraordinaire rigidité des solides.

Ils se conserveront ainsi dans un état constant et uniforme.

Ces tempéramens doivent avoir soin de ne pas laisser perdre leurs forces, ni laisser dominer la chaleur.

Quand ils manquent de développement des fonctions vitales, ils doivent autant qu'il se peut le chercher dans les moyens doux, n'ajoutant de chaleur intérieure qu'avec la plus grande économie, et surtout en raison de leur disposition naturelle à cette qualité.

La chaleur artificielle épuise les tempéramens froids; le nerf artificiel épuise également les tem-

ÉTUDES SUR l'homme.

péramens mous ; rien n'épuise autant que l'effort et la dépense de la chose dont on a peu.

Da relâchement et de la tension des organes.

Dans la désorganisation jusqu'au dernier degré de l'éréthisme, il est une multitude de nuances entre le relâchement et la tension.

Le propre de la tension c'est, en augmentant les facultés, d'user les organes, de précipiter la yie, quelquefois d'empirer en inflammation.

Le propre du relâchement c'est, aux dépens de la jouissance de nos facultés, de reposer la machine, mais aussi de l'exposer à mille incommodités, et même quelquefois à des maladies qui finissent par user même plus qu'une longue excitation.

A passer à propos dans les divers degrés de ces deux états , gît en grande partie Ihygiène, puisqu'on y trouve le moyen de conserver la vigueur et la jeunesse, de procurer à la nature le développement de ses forces, sans en abuser, et de prévenir la plupart des maladies.

L'habitude de la vie doit être un état moyen qui, sans user les organes les tienne toujours en état d'agir.

Certaines gens qu'on pourrait dire en état de régime ou de convalescence perpétuel, croient très bien entendre leur santé en se tenant toujours rafraîchis, aqueux ; ils sont sans moyens , tout excès les fatigue, les échauffe, les expose à des maladies ; étant continuellement dans un régime qui sert aux autres de remède, il leur devient assez difficile d'en trouver d'efficaces.

Cette manière est très lx)nne de temps en temps, pendant un intervalle borné, pour renouveler le sang, rendre aux organes leur jeunesse et leur sensibilité; c'est mettre le cheval au vert; mais il y faut de grandes précautions ; il faut éviter tout excès, tout échauffement, garder un régime très homogène, et revenir ensuite au régime habituel par une gradation très observée : quant à une forte tension, elle est bonne aussi passagèrement et pour fournir aux travaux extraordinaires ; lorsque la nature est bonne et conservée, elle s'y met d'elle-même par le travail et par un régime un peu plus fortifiant que l'accoutumé.

Les veillées produisent tension chez un homme conservé, mais chez un homme épuisé, elles causent ra])attement et linflammation maladive.

Plus il y a relâchement et pauvreté, plus tout principe d'humeur etdinllammation a facilité à se développer; la tension des solides les contient,

500 ÉTUDES SUR l'homme.

l'abondance et la richesse des fluides les enveloppent et les neutralisent.

Dans la tension, c'est le premier moyen ; dans l'état habituel, ce doit être le deuxième.

C'est un raiséral)le usage (et presque habituel) de se préserver d'échauffement par des rafraîchissemens proprement dits, qui affaiblissent, qui produisent un état aqueux, où réchauffement a souvent plus de facilité h percer que dans aucun autre. Dans l'état ordinaire, la bonne manière, c'est de se servir de bons alimens et de tenir les tluides dans un état riche et abondant.

Cependant, dans un état prolongé d'échauffement forcé, tel qu'un travail très long et continu peut le rendre inévitable, la comijinaison des deux genres de calmant peut être bonne.

Le régime du travail en temps de repos échauffe, agite, use, tourmente.

Cet usage abrège moins l'existence et les facultés que l'abus habituel des forces, mais il engendre pléthore , inflammation, et à la longue il use la machine et déprave les humeurs par l'effet de l'inflammation habituelle.

§ VI

De l'engordissement et du développement des organes.

C'est une distinction fort intéressante par ses

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résultats, que celle de l'état d'engourdissement ou de développement où se trouvent les organes.

Le premier se prête aux efforts de la nature en tout genre, le second conserve ses facultés en en restreignant l'usage.

Tout état de la nature qui commence dans un état de développement, est en général jjrusque, il manque toujours de durée et ordinairement d énergie.

Celui qui se prolonge et se porte à un haut degré de force, doit suivre une marche progressive de l'engourdissement à un développement parfait, froid en cbmmençanl, chaud en avançant.

Voici quelques-unes des causes qui engourdissent ou développent les facultés :

L'état de latmosphère, le sommeil, le régime alimentaire, 1 e régime vénérien, l'action etle repos.

L'influence de l'atmosphère varie avec les tempéramens; en général, l'état atmosphérique qui arrête la circulation et la transpiration naturelle, engourdit ; il est l'opposé de celui qui les favorise.

Le sommeil ahondant engourdit aussi.

L'insomnie et la veille développent un homme robuste et conservé, tandis qu'elles ne font qu'abattre un être faillie et surtout épuisé.

La nourriture sans tonique engourdit.

Les toniques propres à développer, varient sui-

vant les tempéramens ; aux uns, il faut le mélange de quelque chose qui relâche, le lait, les huiles, la chaleur, etc. ; un tonique purement astringent et spiritueux, les raidit et les échauffe sans les développer.

Vénus abat et échauffe un individu faible ou fatigué, mais dans un état de santé et surtout de besoin , prise avec modération, elle développe, et d'autant plus que son usage est plus naturel.

L'action ménagée et surtout progressive en tout genre, développe un homme bien portant, elle excède aisément la force d'un homme épuisé qui, en général, ne connaît pas cette alternative d'engourdissement et de développement, mais seulement celle de lassitude et de fraîcheur. Le repos engourdit le premier, et donne au contraire au second le degré de force dont il est susceptible.

Les hommes accoutumés à un fort usage continuel de leurs facultés, sont en quelque sorte dans un état de développement continuel qui n'est interrompu que par la lassitude et le repos : ils éprouvent l)ien moins que les hommes reposés celte alternative et ces nuances d'engourdissement et de développement ; il se peut néanmoins que ce dernier état soit en eux presqu'aussi brillant et quelquefois plus que dans les hommes qui n'abusent point d'eux-mêmes, mais c'est toujours aux dépens de la durée de l'existence.

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Celte disposition des organes qui fait qu'ils se conservent habituellement dans un certain degré d'engourdissement joint àl'irritabilité qui, dûment sollicitée, peut les porter au plus haut degré de développement, est le gage tout à la fois de la conservation des facultés et des plus grands résultats qu'il soit possible d'en obtenir.

§ VII

Du relâchement et de l'élasticité.

Si vous étudiez la physiologie morale et physique, distinguez soigneusement le relâchement de l'élasticité souple.

Le premier ne donne qu'inertie, impuissance, mort.

La seconde donne l'aisance, lapénétrabilité, le calme sensible.

C'est le juste degré de nerf qui associe le sentiment et la force.

J'ai vu des hommes d'un tempérament très humide, froids et fins, absolument égoïstes, très portés à l'amour-propre , habiles et disposés à l'hypocrisie, pleins d'esprit, fins à l'observation, fins à la combinaison, ayant d'ailleurs du calme, par moUe&se et froideur, mais d'ailleurs nul nerf,

304 ETUDES SUR LHOUME.

nul ressort énergique, nulle élévation. — Un grain d'inquiétude à ces constitutions, les rendrait, je crois, très faibles. L'absence de finesse laisserait subsister l'amour-propre, l'égoïsme, la bassesse et y joindrait la sottise.

§ vra.

De la disposition sanguine.

La disposition sanguine se reconnaît au teint, à la couleur des yeux , aux maladies qui résultent de son excès, telles que les maux de gorge, la pesanteur de tête, les saignemens de nez, la disposition aux maladies inilammatoires, l'écoulement des hémorroïdes.

Les causes qui aggravent la disposition sanguine sont :

1° Les alimens pléthoriques ;

2° Le repos ;

3° L'excès de sommeil ;

4° La chasteté trop rigide ;

Toutes choses qui font beaucoup de sang ou en empêche la déperdition et en arrêtent la circulalion.

L'excès de cette disposition conduit à la folie ; on en voit des exemples assez fréquens dans les

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pays où le climat et les alimens tendent forlemenl à la pléthore sanguine. Elle conduit beaucoup plus ordinairement à l'apoplexie sanguine.

Je crois qu'en opérant une tension habituelle dans la tête et une forte compression de la part des vaisseaux sanguins sur tous les autres vaisseaux , elle hâte le changement de couleur des cheveux. L'observation vient à l'appui de cette conjecture, en montrant beaucoup d'exemples de blancheur extrêmement précoce chez les hommes d'un tempérament très sanguin. Remarquez aussi que les animaux dont les poils sont blancs ont les yeux constamment rouges , et cette modification de plusieurs espèces se trouve principalement près du pôle , où le froid excessif resserre les canaux et opère en cela un effet semblable au gonflement des vaisseaux sanguins de la tête. Les sauvages de l'Amérique, dont le tempérament , par l'influence du climat, est extrêmement humide, ne blanchissent jamais. Ce changement de couleur provient certainement de la suppression d'une humeur colorante, soit qu'elle résulte de l'épuisement des fluides, du resserrement général des solides, ou d'une compression habituelle qui produit à la longue le même effet.

306 ËTUDES SUR L'HOMME.

Remarques pbysionomiqaes.

Un nez gros et retroussé, bien ouvert, annonce presque toujours de l'énergie , de l'abondance du bavardage, de l'effronterie, de l'ardeur et des passions.

De petits hommes, avec beaucoup de sang ou beaucoup de muscles, ont ordinairement de la vigueur. Les premiers ont de l'ardeur, de la sensualité; ceux-ci ont de l'inquiétude, de la pétulance, de l'opiniâtreté, de la suffisance, un esprit vif, gai, méchant.

Les honmies froids par flegme, sont très disposés à l'égoïsme, à ujie présomption calme, à la fatuité.

ÉTUDES SUR L'HOMMB. 307

Des personnes avec de la graisse et du sang ont une certaine huile balsamique qui met de la souplesse dans leui^s mouvemens, du parfum dans leurs sensations, une onction pénétrante dans leur son de voix, une douceur enivrante dans leur sourire et le plus caressant langage du sentiment et de la volupté dans leurs regards. L'exaltation de ces tempéramens produit le plus beau développement des facultés humaines.

C'est ce qu'on trouve surtout dans les femmes du Midi, mais, par excellence, dans les négresses qui en occupent l'extrémité.

Les femmes des pays tempérés ont dans la physionomie plus de vivacité que de feu.

Celles du Nord n'ont guère d'expression agréable qu'une physionomie bonne et des yeux lucides.

Le gros ventre est signe de paresse, de mollesse ; les femmes s'en défient.

Il annonce souvent, comme la fraîcheur, une élasticité flexible et les effets qui en résultent, de l'aisance dans toutes les opérations, l'esprit facile; mais avec le gros ventre, il n'y a guère de nerf ni de chaleur interne ; il arrive, au contraire, souvent, quand ces choses cessent.

YIIL

Une figure épaisse dans les parties inférieures annonce toujours un certain aplomb.

Si ces parties sont osseuses, surtout si le menton est en galoche,] en conclus : caractère, volonté, ténacité.

Si elles sont charnues, paresse.

Ces mêmes parties inférieures, lorsqu'elles sont courtes et menues en proportion des supérieures, annoncent impatience, faiblesse irritable, défaut dapiomb.

Quelque chose de court dans les traits du vi-

sage, de court el de maniéré dans les phrases, dans la démarche, se rencontre avec de l'esprit, mais un esprit étroit et un petit caractère.

Un caractère et des idées élevées se lisent dans le regard net, ferme, serein.

Le genre froncé annonce une faiblesse soucieuse et chagrine, ou T habitude d'une douloureuse contemption d'esprit.

Le tremblottement des yeux, l'incertitude des traits, annoncent faiblesse ou timidité.

Le regard détourné ou effronté est celui d'un fripon.

Dans les hommes jarre tés , au regard droit et net, on trouve assez ordinairement franchise, légèreté, hâblerie, tempéramens sanguins, caractère français.

On trouve l'opposé dans les hommes arqués.

Il y a presque toujours bassesse, lâcheté, crapule, défaut absolu de courage et de honte, dans certains hommes gros, charnus, décontenancés, dont les traits sont mous, le regard faux et détourné, la tête jamais droite.

Dans un corps plein, gras, ou même sanguin et pléthorique, où il y a une grande supériorité des fluides sur les solides, on trouve souvent, suivant les modifications, folie, fureur, imbécillité.

De la dnrée de la vie.

La cause la plus générale de la longue durée de la vie, c'est la siccité ; et de la brièveté, c'est l'humide ; c'est aussi le nerf et la mollesse, et moins absolument la domination des solides, ou celle des fluides.

L'humidité combinée à la chaleur l'abrège, je pense, davantage ; cependant on a remarqué que dans l'Amérique septentrionale, où domine le froid humide, l'existence est généralement courte, avec un genre de vie très propre à la prolonger.

L'humidité presse les progrès de la vie et surtout l'accroissement, elle en presse également le terme.

La chaleur seule presse la puberté plus que les autres progrès de l'organisation; les Romains avaient placé la puberté h un âge plus précoce, et la majorité à un âge plus retardé qu'il ne convient à la complexion de presque tous les peuples de l'Europe.

Des causes qui peuvent abréger la durée de la vie, la plus puissante est l'abus des forces de la nature, lorsqu'il est habituel et long-temps soutenu.

ÉTUDES SUR l'homme. 311

L'excès du travail d'esprit paraît être de tous «elui qui abrège le moins la vie. Il oblige la niafihine à bien moins d'efforts, et est ordinairement accompagné d'une grande modération dans tous les autres travaux.

Abréger la durée de la vie, ou prendre les formes de la vieillesse, sont des choses très différentes; les rides, la blancheur des cheveux, arrivent quelquefois de très bonne heure dans des individus destinés à une longue vie, et il arrive au contraire que des personnes qui n'ont point en elles le principe d'une longue existence, conservent au-delà du terme ordinaire la fraîcheur et l'apparence de la jeunesse. Les causes qui déforment la taille tendent plutôt à presser le terme de la vie que celles qui vieillissent la ligure.

312 ÉTUDES SUR l'homme.

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