‹ Œuvres. Publièes d'après des documents inéditsChapitre 15 sur 56 · SCENE IIII · texte numérisé non relu

SCENE IIII

LA NOVRRICE, ALIZON.

IB voudroy que ce beau médecin et tous les médecins du monde fussent au diable. Que maudite en soit la race ! N'auoy-ie pas bien dit qu'il ne failliroit point de dire à la mère que sa fille estoit grosse? J'auois beau luy faire signe de l'œil, des doigts, et du pied, marchant sur le sien. Vrayement nostre complot d'aller aux champs est bien rompu à ceste heure.

- LU — ALIZON

le veux sçauoir de quoy se plainct ceste cy. Hô, mon Dieu, mon Dieu, quel bruit oy-ie en nostre logis ? Il me semble que i'oy entrer des gens à la fouUe par l'autre porte. Seroit-ce point Euuertre ? Si ne luy ay-ie point encor fait signe. Je vais voir quel tintamarre c'est. Hô, i'oy Fleurdelys qui crie à l'ayde.

NOVRRICE

O que volontiers ie trouuerois Filadelfe, pour luy dire iniures, et pour luy conter le beau chef-d'œuvre qu'il a faict en nostre maison! Helas, quelle pitié c'est de voir maintenant la fille qui se débat et s'arrache les cheueux! et voir d'autre costé la mère qui pleure, qui crie, qui tempeste, et auec vn million d'iniures presse sa fille de lui dire qui luy a fait ce déshonneur. Encore si son amy ne l'eust abandonnée ! Hà ! Restitue, Restitue, tu donnes bien exemple aux ieunes Damoiselles de ne se fier tant à ces ieunes hommes qui ont le visage si poupin et poly sus la fleur de leurs beaux ans, car tout appétit soudain se faict en eux, et soudain se meurt, ainsi que feu de paille- Ils font ny plus ny moins que le chasseur qui poursuit par grand trauail sa proye et par monts, et par boys, et par vaux : l'aura il prise, il ne s'en

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