CANONISATION DE S. FRANÇOIS DE SALES
liVEQUE DE GENEVE
ALEXANDRE VII, Evcque, serviteur des serviteurs de Dieu.
Ad perpeiîtam rei memoriam.
ELLE qu'une ville imprenable, l'Eglise catholique n'a rien à redouter des attaques de l'enfer; elle a pour appuis les mérites de Jésus-Christ, et subsidiairement la sainteté des serviteurs de Dieu ; car la vie des saints produit de merveilleux effets sur la nature humaine , toujours plus sensible aux exemples qu'aux paroles. Les exemples et les paroles ont une ineffable efficacité dans la personne du Christ Jésus, à la fois vraiDieu et vrai homme. S'il enseignait : « Ma doctrine, disait-il, ne vient pas de moi, mais de mon Père qui m'a en voyé » ; et quand il faisait la loi : « Je vous ai donné l'exemple, afin que vous agissiez comme j'ai agi pour vous ». C'est pourquoi, nos prédécesseurs, instruits
BULLE DE LA CANONISATION
agenda proponeret : Exemplum dedi vobis, ut quemadmodum feci vobis, ita et vos faciatis. Quag cum ita se habeant, antecessores nostri, Spiritu sancto instructi, laudabilem in Ecclesia morem induxere, nempe in excelso loco sanctitatem constituendi ; ut veluti lumen, iliius lucis vicarium, quas de se dixit : Ego suni lux mundi, et, qui sequitur me, non ambulat in tenebris, non sub modio absconditum, sed in candelabro elatum, luceat coram hominibus, eosdemque a veneratione ad imitationem, via strata, ad cœlestis et triumphantis Hierosolymœ nunquam interiturasdelicias dirigat, interatque. Et sane viros de cliristiana republica, morum sanctimonia et fidei praedicatione, bene meritos, debitis, quidquid sibi velit impietas, indecorum ac justitias absonum haberetur.
Nos igitur, liis de causis, veterem Romanorum Pontificum consuetudinem secuti, post fusas ad Deum preces, auditasque venerabiiium Fratrum nostrorum sententias, inter nomina catliolicai Ecclesiae veneranda, Franciscum de Sales, episcopum Genevensem, doctrina celebrem, sanctitate admirabilem, étatique huic nostrae contra hasreses medicamen prassidiumque, referre, numine inspirante, decrevimus.
1. Natus est Franciscus duodecimo kalendas septembris, anno reparatae salutis sexagesimo septimo supra millesimum acquingentesimum, ablutusquesacro baptismatis fonte, oppido Salesiano, ducatus Sabaudiae, Genevensis diœcesis. Suae Domus, hasreditaria ab ipsis incunabulis nobilitate conspicuam pietatem hausit; infantiamque, non more solito inter crepundia, sed, agente pietatis spiritu, inter altariola, quae sibi ipse adornaverat, suae prœludens sanctitati angelicas, exegit
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par le Saint-Esprit, ont introduit dans l'Eglise le louable usage de mettre la sainteté en évidence, de la placer sur le chandelier et non sous le boisseau, afin que, reproduisant la radieuse image de Celui qui a dit : « Je suis la lumière du monde; à ma suite, on ne marche pas dans les ténèbres », elle brille aux yeux des hommes, et, en s'en faisant respecter, aimer et imiter, elle les conduise sans obstacle aux joies immortelles de la céleste Jérusalem. L'impiété a beau dire ; il serait honteux et inique de refuser un culte religieux à des hommes qui ont, par leurs vertus et leur zèle apostolique, si bien mérité de la chrétienté tout entière.
A ces causes, et conformément à l'antique usage des Pontifes Romains, après avoir invoqué le Seigneur et pris les avis de nos vénérables Frères, Nous avons, par l'inspiration divine, décrété de mettre au nombre des noms que l'Eglise catholique révère, celui de François de Sales, évêque de Genève, célèbre par sa doctrine, admirable par sa sainteté, vrai rempart et sauvegarde de notre siècle contre les hérésies.
I. François naquit le 21 du mois d'août de l'an de grâce i56j au château de Sales, dans le duché de Savoie et le diocèse de Genève ; c'est là qu'il fut purifié dans les fonts sacrés du baptême. Sa famille, aussi illustre par la vertu que par la noblesse, lui insinua la piété dès son berceau. Durant ses premières années, au lieu de se livrer aux jeux bruyants de l'enfance, on le vit, poussé par l'esprit de piété, construire et orner de petits autels où s'annonçait déjà son angélique sainteté,' tandis que sa charité envers les pauvres le faisait dès lors fondre en larmes, quand il n'avait rien à leur donner.
RUI.LE DE LA CANONISATION
tantumque charitatis erga pauperes concepit, ul, nisi aliquid illis erogaret, in lacrymas se effunderet.
II. Ab infantia, ad pueritiam, per pietatis simul ac sapientiaî gradus evasit.' Orationi vacabat inter studia litterarum; non fora, sed templa solitus invisere, et effugiens commercia improbitatis, non nisi semina probitatis velexcipiebat, vel serebat.
III. Inde sacro chrismate roboratus, ad altiora, tum virtutis, tum doctrinse ornamenta complectenda se contulit, ut opportunius atque utilius divinas gratiœ instrumentum fîeret. Sortitus enim animam bonam, eamdem optimam reddidit accuratiore studio tum litterarum, tum morum.
IV. Humanioribus litteris in collegio Anneciensi perceptis, philosophiae theologiaeque arcana in academia Parisiensi didicit, non sine ingenti virtutum ac sanctimonice profectu. Nam si-mul frequentabat sodalitatem, Dei-Parœ addictam, in gymnasio Societatis Jesu, ibique, non solum, octavo quoque die, sacra mensa animum reficiebat : sed omnia pietatis exercitabat, praesertim ea quce ad cultum ejusdem Dei-Parœ pertinebant : adeo ut, ante ejus simulacrum, quod in ^Ede sanctas Mariae Grascorum colitur, supplex, votum perenne virginitatis nuncupaverit.
V. Hoc voto, veluti pharmaco salutari roboratus, ad jurisprudentiam capessendam accessit Patavium; ubi non unam sentit voti opem, elusis artibus nonnullorum condiscipulorum, qui, per impudentiam, illi obîulerant impudicarum mulierum illecebras, quas, et salva in illarum faciem conjecta, et mente constanter répugnante, dejecit.