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VI. Absoluto studiorum carriculo, Romam se con

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II. A mesure qu'il grandissait, on le voyait croître à la fois en piété et en sagesse. Il donnait à la prière le temps que ses études laissaient libre; il sortait peu, sinon pour visiter les églises ; ennemi des mauvaises compagnies, il recherchait les occasions de s'édifier mutuellement,

III. Après la grâce du sacrement de confirmation, il s'appliqua à acquérir dans un plus haut degré la vertu et la science qui feraient de lui, ù l'heure marquée, un utile instrument de la divine grâce. Heureusement doué, il perfectionna ses qualités naturelles par son zèle à s'instruire et à se sanctifier,

IV. Après avoir achevé ses études littéraires au collège d'Annecy, il suivit l'enseignement de la philosophie et de la théologie à l'Université de Paris, tout en continuant à faire de grands progrès dans la vertu et la sainteté; car, membre de la congrégation de la Sainte-Vierge au collège de la Compagnie de Jésus, il s'approchait de la sainte table chaque semaine, et prenait part à tous les exercices de dévotion, surtout à ceux qui étaient en l'honneur de Marie. Aussi allat-il jusqu'à faire le vœu de perpétuelle virginité au pied de son image, en l'église Saint-Etienne des Grecs,

V. Ce vœu fut son salut et sa force pendant ses études de droit à Padoue; car, plus d'une fois, il l'aida à déjouer les embûches de quelques condisciples qui avaient eu l'impudence de le faire tenter par de coupables créatures; François, invincible dans son cœur, chassa ces malheureuses en leur crachant au visage.

VI. Le cours de ses études terminé, il se rendit à Rome, pour se rendre compte du caractère de l'antique piété qui y est en honneur, et la reproduire en

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luiit, ut antiquee ibi vigentis pietatis vestigia recognosceret, atque novis moribus exprimerel, et nactus par suae religioni ac fidei theatrum, traxit e cœlo incredibilem spiritum, ad perficiendam omni ex parte molem sanctitatis, ab inlanlia inchoatam, et in juventutis aostu, non modo conservatam, sed auctam.

VII. Igitur sui et mundi victor, in patriam remigravit, ut fructus legeret litterarii laboris. Nec spem fefellit aut suam aut civium. Certe Granerius, id temporis, episcopus Genevensis, eo conspecto, illic prœsenlit messem, quam ejus adventus afferebat : exclamavitque divinans, non sine gaudio, habere se jam successorem suum.

VIII. Statim ei patuit liber campus amplissimusque ad animas excolendas, quo sponte ferebatur : quamvis enim, ut parenti obsequeretur, advocatorum supremorum partes susceperat : mox ubi sensit se ad nuptias, per votum abdicatas, vocari; abjecit senatoriani togam : et sacerdotio, per omnes sacri ordinis gradus, initiatus, majoris ecclesiaî Annecii praspositus renuntiatus est, illud semper in ore et mente repetens : Quidqiiid pro œternitate non est, vanitas est ; omne studium convertit ad aeternitatem ubique ferendam, instituta societate sanctissimse Crucis de pœnitentibus, adductis ad Ecclesias gremium magni nominis haereticis.

IX. Et prœterea, sumpto divini verbi gladio, quo armatus ac potens, episcopo jubente, adorsus est hasresim calvinianam in Caballicensibus, aliisque finiti-

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lui-même sous des formes rajeunies. C'est lu que sa foi et sa religion trouvèrent un théâtre digne d'elles, et qu'il obtint du ciel une incroyable ardeur pour achever entièrement cet édifice de sainteté qu'il avait entrepris dès son enfance, et dont les feux de la jeunesse n'avaient pu ni arrêter ni ralentir les progrès.

VII. Vainqueur du monde et de lui-même, François revint alors dans sa patrie, pour y recueillir les fruits de ses travaux scolaires. Ses espérances, partagées par ses concitoyens, ne furent pas trompées, et l'évêque de Genève, Granier, en l'apercevant, eut le pressentiment de la moisson que promettait son arrivée; éclairé d'en haut et rempli de joie, il salua en lui son successeur.

VIII. Un libre et vaste champ s'ouvrit dès lors au zèle et à l'attrait de François pour le ministère des âmes. Car, quoique pour obéir à son père, il eût pris la charge d'avocat général, il rejeta la robe de sénateur dès qu'il s'aperçut qu'on voulait le marier, contrairement à son vœu. Il entra dans le sacerdoce, en franchissant successivement tous les degrés des saints ordres, et fut nommé prévôt de l'église principale d'Annecy. Conformément à la maxime qu'il avait sans cesse sur les lèvres comme dans le cœur : Tout ce qui n'est pas pour l'éternité n'est que vanité, il se consacra à prêcher partout les vérités éternelles. Il institua donc la confrérie des pénitents de la Sainte-Croix; il ramena dans le sein de l'Eglise des hérétiques de grand nom.

IX. Et en outre, s'armant du glaive de la parole de Dieu, il attaqua, sur l'ordre de son évêque, l'hérésie de Calvin qui ravageait le Chablais et les pays voisins.

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mis populis grassantem. Incredibile dictu est, quo animi ardore, qua pectoris constantia, qua mentis alacritate, quam firma in Deum fiducia, quam robusta in proximum charitate pugnaverit ac vicerit.

X. Ferunt eum, ex vertice arcis Allingianœ, aliquando conspexisse enormem catholic£e religionis stragem, quam subjectis circum terris hasresis ediderat, ac tanto fuisse pietatis studio agitatum, ut emisso cordis altissimo suspirio, non potuerit sibi temperare, quin mox Thononum, ejus provinciœ caput, se contulerit; ibique, erecto veritatis vexillo, per patientiam et doctrinam, omnibus omnia factus, jacentem religionem sustinuit, et dominantem impietatem fregit ac dejecit, quasi alter David.

XI. Sed illud in primis egregie gessit, quod nusquam nec unquam negotium fidei despcraverit ; sed, major iaborious, impedimenta omnia, si non poterat tollere, vel effugiebat, vel eludebat. Prohibitus Tliononi sacrum conficere, in arcem Allingianam memoratam, quatuor milliaribus distantem, quotidie ibat, ut ibi sacrificaret; atque eadem de causa flumen Druentiam trajiciebat, singulis diebus, per trabem glacie concretam manibus ac pedibus repens.

XII. Vexatus calumniis, et ubique tanquam pubiicas quietis perturbator, seductor popuiorum et plane veneficus conclamatus, nuUo infamiœ metu, nulio insidiarum strepitu, nullo yhve discrimine adduci potuit, ut tentatam lidei catolicas restitutionem aliqua ratione omitteret.

XIII. Neque usquam adhibuit in consilium, eam, quam prudentiam humanam, seu nominis aestimationem vocant ; sed Evangelici dicti memor, cum haud

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On ne saurait dire ni croire avec quelle ardeur, quelle constance, quel entrain, quelle ferme confiance en Dieu, quelle vaillante charité envers le prochain, il combattit et terrassa l'hérésie.

X. On rapporte qu'un jour, du haut du château des Allinges, voyant les ruines désastreuses qu'avait faites l'hérésie dans toute cette contrée jadis catholique, il se sentit tellement remue de compassion, qu'il poussa de profonds soupirs, et n'eut plus de trêve qu'il ne fût entré dans Thonon, chef-lieu de la province. Là, il lève l'étendard de la vraie foi; il enseigne, il supporte, il se fait tout à tous; il arrive à restaurer la religion abattue, et, comme un autre David, il brise et renverse la domination de l'impiété.

XI. Mais ce qu'il y eut de plus remarquable en sa conduite, c'est que rien ne put jamais le décourager dans sa mission ; toujours infatigable, il luttait contre les obstacles de toutes sortes, et, quand il ne restait plus d'autre parti à prendre, il les tournait en les éludant. Privé de dire la sainte messe à Thonon, il allait la célébrer tous les jours au château des Allinges, éloigné de quatre milles; et parfois il fut obligé de traverser la Drance en rampant avec les pieds et les mains, sur une poutre couverte de glace.

XII. On eut beau le calomnier, le traiter de perturbateur de la paix publique, de séducteur du peuple, et même de magicien, ni la crainte de l'infamie, ni les rumeurs de complots, ni les périls de mort, ne purent lui faire abandonner, en aucune manière, son œuvre de restauration religieuse.

XIII. Jamais il n'écouta les conseils de la prudence mondaine, ou du respect humain ; mais se souvenant

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liceret palam aperteque vicere ac fidem contestare, in obvias ubique latebras sese abducebat ; ut, post modicum silentium , insurgeret in haeresim vehemeotius, nunc in furnis, nunc in maceriis. Nunc in horroribus sylvarum, nunc in profundo altissimoque gelu conlinebat impetum zeli, quo insidiantibus velut in Domini tabernaculo, quo insidiantibus ha^reticis incompertus validius, insultaret.

XIV. Inde, animo excelso sublimique, manifesta mortis sibi intentatas argumenta irridens, abnuebat prœsidia et custodiam militum; adeo ut rogatus a barone Ermanciano, arcis Allingianse prsefecto, ut, nonnisi militare manu, stipatus ex arce prodiret, responderit, non alio militum satellitio esse opus quam eo, quod divina Providentia destinaverat.

XV. Imo cum idem assereret haereticos vi coercendos, ostentaretque tormenta bellica, et militare subsidium, quo posset Franciscus uti ad eosdem haereticos, vel comprimendos, vel ad meliorem frugem revocandos : ingénue professus fuit, quam alte de divini verbi potentia sentiret, afïirmans opus non esse machinis, ubi Deus ejus verbum audiri permilteret.

XVI. Neque Deus tantam ejus fiduciam fraudavit, nam cum sicarii complures, immissi ad eum de medio toUendum, tantum Franciscum nacti strictis gladiis, cœdem facturi, in eum irruissent, ejus praesentia et lejiitate permoti, dejecti ac exarmati fuere : nunquam enim Deus eos sinit cadere, qui, spe divinae Providentiac, fidem sustinet.

XVII. Propterea, de cœlesli patrocinio jam, ob innumera expérimenta, certus, maluit, agere Dei causam quam exequi imperium parentis, a quo jubebatur

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d'une parole de l'Evangile, quand il ne pouvait se montrer et prêcher publiquement, il se cachait n'importe où, dans des fours, dans des ruines, dans les forets les plus sauvages et jusqu'au fond d'un glacier; mais son silence n'était pas de longue durée, et son zèle, un instant contenu, s'élevait avec une nouvelle véhémence contre l'hérésie. De la retraite même où il se dérobait aux persécuteurs, il leur lançait d'énergiques défis.

XIV. Sa grande âme se riait des menaces et des attentats ; il refusait la protection de la force armée, et quand le baron d'Hermance, gouverneur du château des Allinges, le pria de ne plus sortir sans escorte, il répondit qu'il n'avait pas besoin d'autres gardiens que des Anges du Seigneur.

XV. Le gouverneur soutenait qu'il fallait employer la force contre les hérétiques; montrant ses canons et ses soldats, il proposait à François de s'en servir pour réprimer les sectaires et les ramener au bien, mais le Saint fit bien voir quel cas il faisait de la puissance de la parole divine, en répondant qu'il n'y avait pas besoin d'artillerie là où Dieu permettait que sa parole pût retentir.

XVI. Dieu répondit à son héroïque confiance; car un jour où des assassins, ayant réussi à trouver François, s'étaient jetés sur lui l'épée à la main pour le tuer, sa présence d'esprit et sa douceur les désarmèrent; Dieu n'abandonne jamais ceux qui comptent sur sa providence dans leurs combats pour la foi.

XVII. Aussi, après tant de témoignages de la protection céleste, François aima mieux continuer l'œuvre de Dieu qu'obéir à son père, qui lui enjoignait de

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vitcG, tôt insidiis appetitce, consulere suamque domum repetere, ubi, quietem ac securitatem, fas erat Deo superisque liberius vacare.

XVIII. Quin studiosius, accuratius in Ecclesiae defensionem incubuit; et cum voce prohiberetur adjuvare populorum fidem, cœpit, ex scripto pluribus confectis libellis, evulgatisque thesibus intime hasresim percellere, tantumque effecit, ut Thononi parochiam erexerit; et paulo post cum insigni religionis catholicœ incremento, plures ad veritatis lumen viros, doctrina célèbres, quorum prascipue auctoritate mendacium nitebatur, adduxerit.

XIX. In hoc tamen fidei augmente, prudentiae modumretinuit; ne, liberius agens, aucta perderet; itaque curionis partes agens, et Eucharistiœ sacramentum ad catholicos in vitse discrimine positos deferens, ne quid injuriœ sacro sanctae Eucharistiae sectarii inferrent, eam gestabat, argentea theca inclusam e coUo pendulam; ipse intérim, pileo tectus, pallie circumvolutus, gravi passu, neminem de via salutans, venerandus incedebat.

XX. Hisce artibus prœstans jussus fuit a Clémente VIII, felicis recordationis, prasdecessore nostro, adiré Theodorum Bezam, calvinianœ hœresis acerrimum ministrum ac propugnatorem, et cum eo solo solus agere, ut ea ove ad Cliristi ovile reducta, complures alias revocaret. Quod sane eximie Franciscus praestitit Genevœ, non sine vitœ periculo, cum Beza congressus; qui tamen ut ex merito confutatus, veri-

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revenir auprès de lui, mettre sa vie à l'abri de tant de périls et servir Dieu en paix, en liberté et sans aucun danger.

XVIII. Bien plus, il redoubla de zèle pour défendre l'Eglise, et, comme il lui était encore interdit de venir au secours des âmes par la parole, il se mit à composer de petits traités de controverse et à les répandre dans le public. Il réussit par là à frapper l'hérésie au cœur, à tel point qu'il put rétablir une paroisse à Thonon, et, peu après, ramener à la vérité plusieurs hommes vantés pour leur science et véritables soutiens de l'erreur; leur conversion eut des résultats remarquables pour la religion catholique.

XIX. Cependant les succès de la vraie foi ne lui firent pas quitter les procédés de la prudence, et tout compromettre par trop de hardiesse. Ainsi, quand il avait à porter à ses paroissiens mourants le saint Viatique, il évitait tout ce qui eût pu attirer à la sainte Eucharistie les insultes des sectaires; il le portait dans une boîte d'argent suspendue à son cou, marchant avec une gravité religieuse, son chapeau sur la tête, enveloppé de son manteau, et ne saluant personne en chemin.

XX. Notre prédécesseur Clément VIII, d'heureuse mémoire, instruit des remarquables talents de François, lui ordonna d'aller trouver le ministre Théodore de Bèze, le plus acharné défenseur du calvinisme, et de conférer secrètement avec lui, dans l'espoir que le retour de cette brebis au bercail de Jésus-Christ en ramènerait beaucoup d'autres. F'rançois remplit admirablement sa mission; il entra dans Genève, au péril de sa vie; dans ses entretiens avec Bèze, il le

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tatem fassus est; ita, ex scelere arcano Dei judicio, indignus fuit qui ad Ecclesiam rediret.

XXI. Interea Thononum et circumjectam regionem dira lues invasit, cum enormi civium clade in qua Franciscus tam amanter, tam constanter, tara industrie corpora animasque, tum subsidiis, tum documentis procuravit, ut omnibus et stupori et amori fuerit : praesertim cum omnia pecuniae adjumenta, prsecipue ab episcopo Granerio impartita, recusasset.

XXII. Quapropter episcopus, his certissimis sanctimoniag exemplis compulsus, eum sibi coadjutorera episcopalis curse destinavit, rogavitque memoratum preedecessorem nostrum Clementem, ut Franciscum, quem Romara, ob catholicœ fidei negotia, mittebat, hujusmodi dignitate ornaret : quod idem Clemens libentissime praestitit; cognitaque ejus doctrina, per examen, de more, interrogata, eumdem ad pedes devolutum amplexans, his verbis dimisit : Vade, fili, et bibe aquam de citerna tua et fluente putei tui : deriventur fontes lui foras, et in plateis aquas tuas divide (i).

XXIII. Igitur hoc ornamento, tanquam novo et potentissimo praesidio instructus, in omnes studium amplificandce religionis catholicae et haeresis imminuendae sese effudit; Annecium regressus omnia sohis obire, loco episcopi absentis, instituere seminarium, ac sanctam domum Thononi erigere, artium officinam et mercium emporium, ut cives et finitimos a Genevensium commercio averteret, gnarus populos maxime corrumpi per commercia cum impiis habita.

( i) Prov., y, [ 3.

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réfuta comme il le méritait et obtint qu'il reconnût la vérité ; mais Bèze, par sa coupable conduite, ne méritait pas davantage, et Dieu le jugea indigne de revenir à l'Eglise.

XXI. Sur ces entrefaites, une peste terrible sévit à 'l'honon et dans les alentours; la mortalité fut etiroyable. On vit alors à l'œuvre la bonté, la constance, l'esprit pratique du Saint, dans les paroles de salut, et dans les secours matériels qu'il distribuait ; la reconnaissance et l'étonnement furent universels, surtout quand on sut qu'il avait refusé les sommes d'argent offertes particulièrement par l'évéque Granier.

XXII. Celui-ci, ému par des preuves si évidentes de sainteté, voulut l'avoir pour coadjuteur de sa charge épiscopale. En l'envoyant à Rome pour des questions religieuses, il demanda pour François de Sales les honneurs de l'épiscopat, et Clément VIII les lui accorda avec le plus grand plaisir. Après l'examen habituel, où sa science s'était montrée avec éclat, François s'étant prosterné aux pieds du pontife, celui-ci le tit relever, l'embrassa et lui dit en le congédiant : « Allez, mon fils, buvez de l'eau de votre citerne et de la source de votre puits; faites couler vos fontaines au dehors et qu'elles se partagent en ruisseaux sur les places publiques. »

XXIII. François trouva dans sa nouvelle dignité le plus puissant moyen pour étendre la vraie foi et exterminer Ihérésie ; ces soins l'absorbèrent tout entier. De retour à Annecy, en l'absence de l'évéque, seul il fit face à tout. 11 établit un séminaire et fonda à Thonon la Sainte-Maison, dont les ateliers et les magasins de marchandises avaient pour but de détour-

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XXIV. Neqiie illi nova exercendœ constaiitiaî argumenta defuere. Inimicus zizaniorum sator, excitaverat inter Gallos et Sabaudos bellum, cujus occasione usi Genevenses hgeretici, specie auxilii, quod Gallis afîerebant, Chablasio et Thononiaco occupatis, inde curiones catholicos expellunt : ac prœterea missis in pagos et finitima oppida calvinianae hœresis prsedicantibus, venenata semina ubique jaciunt, etcatholica sata exscindunt.

XXV. Quod ubi Franciscus advertit, non immemor illius divinae sententiae : si consistant adversum me castra, non timebit cor meum : si exsurgat adversum me praelium, in hoc ego sperabo (i) : fortiter ac religiose irrupit in castra ; ductusque a militibus, more bellico, ad Vitriacum, regiarum excubiarum preefectum, ab eo exceptus per quem honorifice fuit ac dimissus cum regiis litteris, quibus prœcipiebatur, ne quidquam in religionis negotio innovaretur; quidquid vero novi inauctum foret, in pristinum revocaretur.

XXVI. Neque contentus haec Victoria per quam amissa revocaverat, aliam retulit, per quam damna intulit hœresi, religioni vero incrementum attulit. Cum enim ager Gexensis sub Gallorum dominio esset, ad regem Luletiam se contulit, adeoque litteras obtinuit, quibus licerel ipsi eo in agro habere de catholica veritate conciones, quarum gratia et efïicacitate plurimos Ecclesias subjecit.

XXVII. Valebat enim summa et efficacissima dicendi potentia, quam illi e cœlo conciliaverat summa cordis innocentissimi sanctitas ; adeo ut christianissi-

(i) Psal , xxxvi, 3.

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ncr les habitants de la ville et de la contrée, du commerce avec les Genevois; car il savait que les peuples se pervertissent surtout par les relations avec des gens impies.

XXIV. Les épreuves ne cessèrent pas d'exercer le courageux évéque. Le semeur de zizanie, Satan, avait excité la guerre entre la France et la Savoie. Les Genevois saisirent le prétexte de leur alliance avec la France pour envahir le Chablais et le baillage de Ternier, en chasser les curés catholiques, et envoyer dans tous les bourgs et villages des prédicants calvinistes pour semer leurs doctrines empoisonnées dans le champ ravagé du catholicisme.

XXV. A cette nouvelle, se souvenant de la parole sainte : « Quand même des armées m'assiégeraient, mon cœur serait sans crainte; au milieu des combats, je continuerais d'espérer, » François, animé d'un religieux courage, paraît au camp; les soldats, suivant l'usage de la guerre, le conduisent sous bonne garde au commandant le sieur Vitrv, capitaine des gardes du corps; il en fut reçu avec honneur et en obtint des lettres royales ordonnant de ne rien changer à l'état présent des affaires religieuses et même de réparer les attentats déjà commis.

XXVI. Non content de cette victoire, qui regagnait le terrain perdu, il en remporta une autre dont la religion bénéficia au détriment de l'hérésie. Le pays de Gex appartenant à la France, il alla trouver le roi à Paris et en obtint par écrit la permission de prêcher en ce pays la vérité catholique. La grâce et la vigueur de ses prédications y convertirent un grand nombre d'hérétiques.

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mus rex neminem, ad Jacobi régis Angliee animum conciliandum, atque ad veiitatem flectendum, aptiorem Francisco existimaverit; et Paulus V, prsedecessor noster, felicis recordationis, aliquot per annos eumdem allegaverit, ad componendas discordias, quee subortae fuerant inter Albertum et claram Eugeniam archiduces, et clerum comitatus Burgundiœ.

XXVIII. Quamvis autem ardentissimum fuerit ejus in procuranda re catholica studium, dum coadjutor fuit, laxavit niliilominus universas liabenas charitati, cum, audita hinc parentis, iiinc episcopi Granerii morte, quorum primi potestas quotidie ad domestica revocabat, et alterius reverentia, ne quid nimium sibi arrogare videretur cohibebat : concessam sibi tandem, quocumque pietas impelleret, eundi facultatem cognovit. Sic plena potitus auctoritate^ intégras episcopi partes suscepit.

XXIX. Cavere, ne grex ac diœcesis improborum hsereticorumque, more luporum insidiantium, incursibus patere, ordinare clerum, statuere familiam religiosis moribus compositam ; sanctorum patrum veterumque episcoporum exempla sibi proponere, cuncta episcopalis vitœ momenta suis virtutibus functionibusque animare, synodum cogère, ecclesiasticas disciplinas leges et restituere, vel sancire ac potissimum catholicae religionis sinceritati consulere, qua mores catholicorum informando, qua sectariorum dogmata evertendo, qua deceptas oves ad ovile redacendo.

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