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QUATRIÈME PARTIE, CHAPITRE IV

i-cllc, liabitic/.-voLis dedans mon cœur, dans lequel il y avait tant de vilenies? — Et Notre-Seigneur lui dit : — Dis-moi, ces tiennes sales cogitations de ton cœur te donnaient-elles plaisir ou tristesse, amertume ou délectation ? — ■ Et elle dit : — Extrême amertume et tristesse. — Et il lui répliqua : — Qui était celui qui mettait cette grande amertume et tristesse dedans ton cœur, sinon moi, qui demeurais caché dedans le milieu de ton âme ? Crois, ma fille, que si je n'eusse pas été présent, ces pensées qui étaient autour de ta volonté, et ne pouvaient Texpugner, l'eussent sans nul doute surmontée et seraient entrées dedans, et eussent été reçues avec plaisir par ton libre arbitre, et ainsi eussent donné la mort à ton âme -, mais parce que j'étais dedans, je mettais ce déplaisir et cette résistance en ton cœur, par laquelle il se refusait tant qu'il pouvait à la tentation-, et ne pouvant pas tant qu'il voulait, il en sentait un plus grand déplaisir et une plus grande haine contre celle-ci et contre soimême; et ainsi ces peines étaient un grand mérite et un grand gain pour toi, et un grand accroissement de ta vertu et de ta force.

Voyez-vous, Philothée, comme ce feu était couvert de la cendre, et que la tentation et délectation était même entrée dedans le cceiii\ et avait environné la volonté ; laquelle, seule, assistée de son Sauveur résistait par des amertumes, des déplaisii^s et détestaiwns du mal qui lui était suggéré, refusant perpétuellement son consentement au péché qui P environnai t. Oh Dieu ! quelle détresse a une âme qui aime Dieu, de ne savoir seulement pas si il

est en elle ou non, et si l'amour divin, pour lequel elle combat, est entièrement éteint en elle, ou non ; mais c'est la fine fleur de la perfection de l'amour céleste, que de faire souffrir et combattre le chrétien pour cet amour, sans savoir s'il a l'amour pour lequel et par lequel il combat.

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