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XLVI. Enfin, c'est la même charité qui le stimulait

BULLE DE LA CANONISATION

XLVI. HuJLis demum charitatis siimulis plane perennibus agebatur, ad suas diœcesis commoda^ diu noctuque omni sollicitudine procuranda.

XLVII. In qua lustranda dum laborat atque Annecium regreditur Lugduni ; sacro celebrato , vehementi apoplexia correptus, atque Ecclesice sacramentis per summam pietatem humilitatemque refectus, fidei professione emissa, repetitis non semel lis verbis : Servus inutilis sum. Voluntas Domini, non mea, fiât. Deus meus et omnia. Proximo die, sanctis Innocentibus sacro, dum in litaniis ipsi sancti Innocentes invocabantur, innocens ad régna cœlestia translatus est anno astatis quinquagesimoquinto, et reparatœ salutis vigesimo secundo supra sexcentesimum et millesimum.

XLVIII. Placuit autem Altissimo, qui mirabilis est in sanctis suis, tantœ sanctitatis virum, non modo per venerationem cultumque populorum, nobilitare, sed etiam compluribus signis ac miraculis illustrare, ut vivens ac mortuus humano generi prodesset. Itaque constat per acta publica, auctoritate nostra et sacrce Rituum congregationis confecta et diligenter expensa.

XLIX. Hieronymum Gemin in aqua obrutum, cum jam ejus cadaver fœtens, sindone involutum effcrebatur, revixisse, sustulisse brachia, et loqui cœpisse magnificando Salesium, qui sibi tune in ipso redeuntis vitag momento, episcopali habilu indutus, benigno ac splendido vultu adesse visus est, non sine aliis ingentibus miraculi additamentis.

L. Claudium Marmon, cœcum natum, septennem, cujus oculi facultate videndi prorsus destituebantur, cum, novendiali prcce absoluta, ad ejusdem sepulcrum procumberet, usum luminis accepisse.

DE SAINT FRANÇOIS DE SALES

sans trêve à procurer par une sollicitude de tous les instants le bien spirituel de son diocèse.

XLVII. Au milieu de ses laborieuses visites, et sur le point de retourner à Annecy, il eut à Lyon, après avoir célébré le saint sacritice, une violente attaque d'apoplexie. Il reçut les sacrements de l'Eglise avec la piété et l'humilité la plus grande, prononça la profession de foi et redit souvent : « Je ne suis qu'un serviteur inutile ; que la volonté du Seigneur se fasse et non la mienne ; mon Dieu ! mon Tout ! » Le lendemain, fête des Saints-Innocents, à l'invocation des litanies : Saints Innocents, priez pour lui, son âme innocente entra dans le royaume des cieux, l'an de grâce 1622, à l'âge de cinquante-cinq ans.

XLVIII. Dieu, qui est admirable dans ses Saints, a voulu glorifier cet homme d'une si grande sainteté, non-seulement par la vénération et le culte des peuples, mais encore par beaucoup de prodiges et de miracles qui, après sa mort, ont continué les bienfaits de sa vie. Voici ceux qui ont été constatés par des actes publics, dressés et examinés sous notre autorité par la sacrée Congrégation des Rites.

XLIX. Jérôme Gemin s'était noyé; son cadavre sentait déjà mauvais; on allait l'enterrer, quand il ressuscita, sortit les bras du linceul qui l'enveloppait et se mit à publier les louanges de François de Sales. Revêtu de ses habits pontificaux, avec un visage resplendissant et plein de bonté, il lui avait apparu au moment de sa résurrection. Ce miracle fut accompagné d'autres circonstances tout-à-fait merveilleuses.

L. Claude Marmon, âgé de sept ans, aveugle-né, absolument privé de la faculté visuelle, à la suite

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LI. Joannam Petronillam Evrax , quinquennem, paralysi laborantem, quamvis, coxis cruribusque aridis, ad motum plane inepta crederetur, eamet hora qua pater ad Francisci tumulum opem implorabat, ad matrem incolumini corpore et festino gradu prorepisse.

LU. Claudium Juliar, paralysi afBictum, sed innata et decennali, usuque utriusque coxendicis ac cruris destitutum, tertia vice a matre delatum ad Francisci sepulcrum deosculandum, momento temporis, membris, quas inhabilia erant, roboratis, surrexisse, stetisse et ambulasse.

LUI. Franciscam de la Pesse, demersam flumine, vitas restitatam fuisse, levore, tumore, deformitatisque notis mirabiliter detersis.

LIV. Jacobum Guidi, nervis contractum, et plane ab ipso ortu impotentem, subito sanatum.

LV. Carolum Moteron, etiam ab ipsa nativitate impeditum membris, ac toto corpore difFormem, subito exemptum, ac perfecta humani corporis forma accepta, gressum movisse.

LVI. Quapropter ejus vitœ sanctissimas meritis postulantibus, ac rogantibus carissimis in Christo filiis nostris, Ludovico, Gallias rege christianissimo, et Anna ejus matre, vidua, ac Henriquetta-Maria, Angliœ reginis ; et dilectis filiis, nobilibus viris, Carolo- Emmanuele, Sabaudiae duce et Pedemontium principe, ac Christina, ejus matre, ducissa Bavarise ; nec

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d'une neuvaine, recouvra la vue, ea se proitcrnaiit sur le tombeau du Saint.

LI. Jeanne Pétronille Evraz, âgée de cinq ans, était paralysée ; ses Jambes et ses cuisses étaient tellement desséchées qu'on n'espérait plus la voir jamais marcher ; à l'heure même où son père priait au tombeau de François, elle accourut vers sa mère; elle était guérie.

LU. Claude JuUiard, âgé de dix ans, paralysé depuis sa naissance, était entièrement privé de l'usage des jambes et des cuisses; trois fois sa mère le porta au tombeau de François, pour le lui faire baiser. La troisième fois, ses membres furent soudainement fortifiés; il se leva, se tint debout et marcha.

Lin. Françoise de la Pesse s'était noyée dans une rivière: elle fut rendue à la vie, et en même temps les contusions, les enflures et les autres effets de sa chute disparurent.

LIV. Jacques Fueydin, entièrement perclus depuis sa naissance et afBigé d'une contraction des nerfs, fut subitement guéri.

LV. Charles Moteron, également' perclus depuis sa naissance et difforme des pieds à la tête, fut subitement délivré et marcha ; il avait repris complètement l'apparence humaine.

LVI. C'est pourquoi, pressé par les mérites d'une si sainte vie et supplié par nos très-chers fils en Jésus- Christ, Louis, roi très-chrétien de France; la reine Anne, sa mère, veuve; la reine d'Angleterre, Marie- Henriette; nos bien-aimés fils et nobles personnages, Charles-Emmanuel, duc de Savoie et prince de Piémont; Christine, sa mère, veuve, duchesse de Savoie ;

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non principibus et magnatibus regni Galliarum, ac universo ordine monialium clero, visitationis beatae MaricC Virginis.

LVII. Post ejusdem Francisci de Sales beatificationem, die 28 decembris anni 1661 publiée, in sacrosancta basilica principis apostolorum, missae sacro peracto, celebratam, annuimus ut ejusdem canonisatio haberetur : et cum jam nihil deesset eorum quœ huic sacro-sanctce functioni necessaria sunt, ex sanctorum patrum auctoritate, sacrorum canonum decretis, S. R. E. antiqua consuetudine, ac novorum decretorum prœscripto.

LVIII. Tandem Justum et debitum esse censentes, ut, quos Deus honorât in cœlis, nos venerationis officio laudemus etglorificemus in terris, hodie in sacrosancta Vaticana Basilica, in qua solemni ritu, cum ejusdem S. R. E. cardinalibus, patriarchis, archiepiscopis et episcopis ; ac dilectis filiis Romanae curiae praelatis; officialibus et familiaribus nostris, clero sœculari et regulari, ac maxima populi frequentia mane convenimus; post trinas, pro canonisationis decreto, nobis per dilectum filium, nobilem virum, Carolum ducem de Crequy ; apud nos régis christianissimi oratorem, pro parte ejusdem régis, porrectas petitiones; post sacros hymnos, litanias, aliasque preces, Spiritus Sancti gratia rite implorata.

LIX- Ad honorem sanctissimae et individuse Trinitatis, ad exaltadonem iidei catholicœ. et christianœ religionis augmentum, auctoritate Domini nostri Jesu-

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François-Marie, duc de Bavière, et la duciîessc Adélaïde; et encore le clergé de France, les princes et les seigneurs de ce royaume, et tout l'ordre des religieuses de la Visitation Sainte-Marie ; .

LVII. Après avoir célébré publiquement dans la sacrée basilique du Prince des Apôtres, le 28 décembre 1 661, la béatification de François de Sales, le saint sacrifice de la messe achevé, nous avons permis de procéder à sa canonisation. Rien ne manquant plus de tout ce qu'exigent pour une si sainte fonction, les règles des saints Pères, les décrets des sacrés canons, l'ancienne coutume de la sainte Eglise Romaine et les dispositions des nouveaux décrets,

LVIII, Nous avons pensé que c'était un devoir de justice de rendre sur la terre un culte de louange et de vénération à ceux que Dieu daigne honorer dans les cieux. Aujourd'hui donc. Nous nous sommes rendus , en grande solennité , à la sacrée basilique du Vatican, avec les Cardinaux de la S. E. R. les patriarches, archevêques et évéques, avec nos chers fils les prélats de la Cour Romaine, nos officiers et familiers, enfin avec le clergé séculier et régulier et une grande artluence de peuple. Trois demandes nous ont alors été f.iites pour le décret de canonisation, au nom du roi très-chrétien, par notre fils bien-aimé et noble personnage, Charles, duc de Créquy, ambassadeur du roi auprès de Nous. Après les hymnes, les litanies et les autres prières, ayant, selon le rite, imploré la grâce du Saint-Esprit :

LIX. En l'honneur de la très-sainte et indivisible Trinité, pour l'exaltation de la foi catholique et les progrès de la religion chrétienne, par l'autorité dé

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Christi, beatorum apostolorum Pétri et Pauli, ac nostra ; matura deliberatione praehabita, et divina ope saepius implorata, ac de venerabilium fratrum nostrorum, ejusdem sanctas Romance Ecclesiae cardinalium, patriarcharum, archiepiscoporum, et episcoporum in urbe existentium consilio, beatum Franciscum de Sales, episcopum Genevensena, Sanctum esse decrevimus et deiinivimus, ac sanctorura catalogo adscripsimus, prout, prcBsentium, tenore, decernimus, definimus et adscribimus ; statuentes ab Ecclesia universali quolibet anno die 29 januarii, memoriam ejus, inter sanctos confessores, pontifices, pia devotione recoli debere. In nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti, amen.

LX. Parique auctoritate, omnibus utriusque sexus Christi lidelibus, vere pœnitentibus et confessis, qui annis singulis, dicta die 29 januarii, sepulcrum, in quo ejus corpus asservatur, visitaverint, septem annos et totidem quadragenas, de injunctis eis, aut alias quomodolibet debitis pœnitentiis, misericorditer in Domino relaxavimus, in forma Ecclesice consueta.

LXI. Quibus peractis, gratias laudesque Deo optimo maximo reddituri, quod sancto Francisco de Sales, episcopo Genevensi, cultum, prasconia, et honores, ab Ecclesia sanctis pontificibus et confessoribus prœstari solita, a nobis decerni voluerit, hymno, Te Deum, laudamus, decantato, orationeque a nobis recitata ad al tare sancti Pétri, missam de more solemniter celebravimus, die dominica secunda post Pascha, ad-

DE SAINT FRANÇOIS DK SAI.KS

Notre Seij^neur JcsusChribt, des BiL-iihcurcux Apôtres Pierre et Paul, et par la nôtre; après mûre délibération, après de fréquentes prières pour implorer l'assistance de Dieu ; par le conseil de nos vénérables frères, les Cardinaux 'de la S. E. R., les patriarches, archevêques et évèques présents à Rome, nous avons décrété et défini, comme par ces présentes nous décrétons et définissons, que le bienheureux François de Sales, évêque de Genève, est saint et nous l'avons inscrit et l'inscrivons au catalogue des saints, ordonnant que tous les ans, le 29 janvier, on fasse dans l'Eglise Universelle en sa mémoire, avec une pieuse dévotion , l'office des saints confesseurs -pontifes : Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit; ainsi soit-il.

LX. Et par la même autorité, nous avons accordé à tous les fidèles de l'un et de Tautre sexe vraiment contrits et confessés, qui, chaque année, audit jour du 29 janvier, visiteront le tombeau où l'on conserve son corps, sept ans et sept quarantaines d'indulgence, leur remettant miséricordieusement au nom du Seigneur, et en la forme qui est usitée dans l'Eglise, la même mesure des pénitences qui leur auront été enjointes ou auxquelles ils seraient obligés en quelque manière que ce soit.

LXI. Cela fait, et après avoir chanté l'hymne Te Detim laiidamiis^ et récité ensuite l'oraison pour louer et remercier la Majesté du Dieu très-bon de nous avoir fait la grâce de décerner à saint François de Sales, évêque de Genève, le culte, les louanges et les honneurs que l'Eglise a coutume de rendre aux saints pontifes et confesseurs, Nous avons, selon l'usage, cé-

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ditis secunda oratione propria de sancto Francisco, et sacreta ac postcommunione de communi confessoris ponlificis : omnibusque Cliristi fidelibus, ibidem prœsentibus, plenariam omnium peccatorum suorum indulgentiam et remissionem concessimus.

LXII. Deum itaque, qui mirabilis est in sanctis suis, benedicimus, quia suscepimus misericordiam in medio rempli ejus, dum novum nobis in Ecclesia, apud divinani suam majestatem patronum et intercessorem concessit, ad ejusdem Ecclesiœ tranquillitatem, lidei catholicaî incrementum hccreticorumque et a via salutis errantium lumen et conversioneni.

LXIII. Cœterum, quia difficile foret prœsentes nostras litteras ad singula loca ubi opus esset deferri, volumus ut earum excmplis, etiam impressis, manu tamen publici notarii subscriptis, et sigillo alicujus pcrsonse, in dignitate ecclesiastica constituta;, munitis, eadem ubique fides adhibeatur, quœ eisdem prœsentibus adhiberetur , si essent exhibitœ vel ostensae.

LXIV. Nulli ergo omnino hominum liceat hanc paginam nostri decreti definitionis, adscriptionis, mandati, statuti, concessionis, elargitionis et voluntalis infringere, vel ei, ausu temerario, contradicere : si quis autem hoc attentare prœsumpserit, indignalionem omnipotentis Dei, ac beatorum Pétri et Pauli, apostolorum ejus, se noverit incursurum.

Datum Romas, apud sanctum Petrura, anno mcarnationis Dominicœ, miliesimo sexcentesimo sexage-

DE SAINT FRANÇOIS DE SALES jp

lébrc, à l'autel de Saint-Pierre, la messe solennelle du second dimanche après Pâques, en y ajoutant comme seconde oraison celle qui est propre à saint François, avec la secrète et la postcommunion du commun d'un confesseur pontife; et nous avons accordé à tous les fidèles présents l'indulgence plénière de leurs péchés.

LXII. Nous bénissons donc Dieu, admirable en ses saints, de ce que nous avons reçu miséricorde au milieu de son temple par le don "^u'il a fait à son Eglise d'un protecteur et d'un nouvel intercesseur auprès de sa divine Majesté, pour la paix de la même Eglise, pour l'accroissement de la foi catholique, pour l'instruction et la conversion des hérétiques et de toutes les il mes égarées.

LXÏIl. De plus, comme il serait difficile que l'original des présentes fût porté partout où besoin serait, nous voulons qu'aux copies, même imprimées, qui en seront tirées, partout on ajoute foi tout autant qu'à l'original lui-même , s'il était produit et montré , pourvu cependant qu'elles soient pourvues de la signature d'un notaire public et du sceau de quelque dignitaire ecclésiastique.

LXIV. Que personne ne se croie donc permis d'enfreindre ces lettres et leur contenu : décret, définition, inscription, commandement, statut, concession, largesse, et déclaration de notre volonté ; ou d'avoir la témérité d'y contrevenir. Que si quelqu'un osait se porter à pareil attentat . qu'il sache qu'il encourra l'indignation du Dieu Tout-Puissant, et de ses bienheureux apôtres, Pierre et Paul.

Donné à Rome, à Saint-Pierre, l'an de grâce i665,

BUI.LE DE LA CANONISATION

simo quinto, tertio decimo Kalend. maii, pontiticatus nostri anno undecimo.

f Ego Alexander, catholicae Ecclesiae episcopus.

(Etc., etc.)

IJE SAINT FRANÇOIS DE SAl,ES

le treizième jour d'avant les calendes de mai, la onzième année de notre pontificat.

-i* Moi Alexandre, évêque de l'Eglise catholique.

[Suivent les signatures des cardinaux.)

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