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Considérez à qui vous ave y fait cette proîes

(i) Prcmicrc Partie, ch xx.

iation, car c'est à Dieu. Si les paroles raisonnables données aux hommes nous obligent étroitement, combien plus celles que nous avons données à Dieu ? ce Ah! Seigneur, disait David, cest avons à qui mon cœur l'a dit [\)\ mon cœur a projeté cette belle parole; non jamais Je ne l'oublierai » (2).

3. Consiàévtz en présence de qui, car c'a été à la vue de toute la cour céleste. Hélas! la sainte Vierge, saint Joseph, votre bon Ange, saint Louis, toute cette bénie troupe vous regardait et soupirait sur vos paroles des soupirs de joie et d^approbation, et voyait, des yeux d'un amour indicible, votre cœur prosterné aux pieds du Sauveur, et qui se consacrait à son service. On fit une joie particulière pour cela parmi la Jérusalem céleste, et maintenant on en fera la commémoration, si de bon cœur vous renouvelez vos résolutions.

4. Considérez par quels moyens vous fîtes votre protestation. Hélas! combien Dieu vous fut doux et gracieux en ce temps-là. Mais dites, en vérité, ne fùtes-vous pas conviée par de doux attraits du Saint-Esprit? Les cordes avec lesquelles Dieu tira votre petite barque à ce port salutaire furent-elles pas d'amour et de charité? Comme vous alla-t-il amorçant avec son sucre divin, par les sacrements, par la lecture et par l'oraison ! Hélas ! chère Philothée, vous dormiez, et Dieu veillait sur vous et pensait sur votre cœur des pensées de paix*, il méditait pour vous des méditations d'amour.

(i) 776/ dixit cor meum. Ps., xxvi, 8,

(2) Eritctavit cor )neum vcrbion bonwn : dico ego opéra tnea régi. Ps , XL IV, i .

CINQUIKMK PARTIE, CHAI'ITRK M 4M

5. Considérez en quel temps Dieu vous tira à CCS grandes résolutions; car ce fut en la tkur de votre âge. Ah! quel bonheur d'apprendre tôt ce que nous ne pouvons savoir que trop tard. Saint Augustin, y ayant été tiré à l'âge de trente ans, . s'écriait : « O ancienne beauté, comment t'ai-je si tard connue? Hélas ! je te voyais et ne te .considérais point. » Et vous pourrez bien dire : O douceur ancienne, pourquoi ne t'ai-je plus tôt savourée.-' Hélas! néanmoins encore ne le méritiez-vous pas alors -, et partant, reconnaissant quelle grâce Dieu vous a faite de vous attirer en votre jeunesse, dites avec David : w 0 mon Dieu, vous m'ave^ éclairé et touché des ma jeunesse; et jusques à jamais j'annoncerai votre miséricorde » (i). Que si c'a été en votre vieillesse, hélas! Philothée, quelle grâce, qu'après avoir ainsi abusé des années précédentes, Dieu vous ait appelée avant la mort, et qu'il ait arrêté la course de votre misère au temps auquel, si elle eût continué, vous étiez éternellement misérable !

G. Considérez les effets de cette vocation. Vous trouverez, je pense, en vous de bons changements, comparant ce que vous êtes avec ce que vous étiez. Ne prenez-vous point à bonheur de savoir parler à Dieu par l'oraison ? d'avoir affection à le vouloir aimer? d'avoir calmé et pacilié beaucoup de passions qui vous inquiétaient? d'avoir évité plusieurs péchés Cl embarrassements de conscience ? et enfin.

^i) Dcus, docuisti me a juventute mai : et usquc mute promintijbo niirabilia tua. Ps., i.xx, 17.

d'avoir si souvent communié de plus que vous n'eussiez fait, vous unissant à cette souveraine source de grâces éternelles ? Ah ! que ces grâces sont grandes! Il faut, ma Philothée, les peser au poids du sanctuaire; c'est la main dextre de Dieu qui a fait tout cela. « La bonne main de Dieu, dit David, a fait vertu : sa dextre m'a relei'é (i). » « Ahl je ne mourrai pas, mais je vivrai » (2) et raconterai de cœur, de bouche et par œuvres, les merveilles de sa bonté. »

Après toutes ces considérations, lesquelles, comme vous voyez, fournissent tout plein de bon- 1 nés affections, il faut simplement conclure ji^^r ac-\ tion de grâces et une prière affectionnée d'en bien profiter, se retirant avec humilité et grande confiance en Dieu, réservant de faire l'effort des résolutions après le deuxième point de cet exercice.

(i) Dextera Domuii fecit virtutem : dextera Domini exaltavit me. Ps., cxvii, 16.

(2) Non moriar, sed vivam, Id., 17.

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