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CHAPITRE XIII

Quatrième considération : De l'amour que Jésus-Christ nous porte.

Combien cet amour est grand, particulièrement dans la Passion de Jésus-Christ Notrc-Seigneur. — Ses effets pour nos résolutions. — Ses tendresses pour notre cœur et ses projets sur la croix pour nous faciliter notre salut. — Affections d'amour et de reconnaissance.

lONSiDiÎREz Tamour avec lequel Jésus-Christ -^ Notre- Seigneur a tant souffert en ce s' monde, et particulièrement au jardin des Olives, et sur le mont de Calvaire. Cet amour vous regardait, et, par toutes ces peines et travaux, obtenait de Dieu le Père de bonnes résolutions et protestations pour votre cœur, et par même moyen obtenait encore tout ce qui vous est nécessaire pour maintenir, nourrir, fortifier et consommer ces résolutions. 0 résolution, que vous êtes précieuse, étant fille d'une telle mère, qui est la Passion de mon Sauveur! Oh! combien mon âme vous doit chérir , puisque vous avez été si chère à mon Jésus! Hélas! ô Sauveur de mon âme, vous mourûtes pour m'acquérir mes ré-

solutions : eh! faites-moi la grâce que je meure plutôt que de les perdre.

Voyez-vous, ma Philothée, il est certain que le cœur de notre cher Jésus voyait le vôtre dès l'arbre de la Croix et l'aimait, et par cet amour lui obtenait tous les biens que vous aurez jamais, et entre autres vos résolutions. Oui, chère Philothée, nous pouvons tous dire comme Jérémie : O Seigneur, avant que je fusse, vous me regardiez et m'appeliez par mon nom; d'autant que vraiment sa divine bonté prépara en son amour et miséricorde tous les moyens généraux et particuliers de notre salut, et par conséquent nos résolutions. Oui, sans doute, comme une jeune femme prépare le berceau, les langes et bandelettes, et même une nourrice, pour Tenfant qu'elle espère avoir, encore qu'il ne soit pas au monde : ainsi Notre- Seigneur prépara sur Tarbre de la Croix tout ce qu'il fallait pour vous : votre berceau spirituel, vos langes et bandelettes, votre nourrice et tout ce qui était utile pour votre bonheur : ce sont tous les moyens, tous les attraits, toutes les grâces avec lesquelles il conduit votre âme et la veut tirer à sa perfection.

Ah! mon Dieu, que nous devrions profondément mettre ceci en notre mémoire : est-il possible que j'aie été aimé, et si doucement aimé de mon Sauveur, qu'il allât penser à moi en particulier, et en toutes ces petites occurrences par lesquelles il m'a tiré à lui! Et combien donc devons-nous aimer, chérir et bien employer tout cela à notre utilité! Ceci est bien doux : ce cœur amiable de

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