‹ Œuvres. PubliéesChapitre 30 sur 204 · OO SENTIMENT DE BOURDALOUE SUR LES ŒUVRES · texte numérisé non relu

OO SENTIMENT DE BOURDALOUE SUR LES ŒUVRES

plus légère? Non, sans doute : trois additions à la lo écrite qu'il exprime en ces termes : Ego autcm dico vobis, sont une observance plus rigoureuse que tous les anciens préceptes.

Le joug du Seigneur est doux, ajoute ce Père, non point à raison de sa matière, car c'est un joug; mais par la grâce de l'Evangile, qui nous aide à le porter. Ainsi la morale que François a enseignée est en ellemême une morale sublime et de la plus haute perfection. Mais, suivant le dessein de son Maître, il a, par l'onction de ses écrits, adouci l'amertume de la croix, que Jésusi-Christ avait rendue si désirable et si précieuse en la détrempant dans son sang. Ah! chrétiens, si la morale de ce saint prédicateur, seulement tracée sur le papier, est encore si puissante, que ne pouvaitelle point quand elle était vivante et animée? et lorsqu'elle partait immédiatement de ce cœur embrasé du zèle le plus pur et le plus ardent, quel feu ne devaitelle pas répandre partout ? De vous dire que François de Sales a été l'oracle de son temps, que Paris l'a admiré, que les parlements de France, par des députations honorables, l'ont recherché pour entendre sa doctrine, qu'il fut l'apôtre de la cour, ce serait peu ; et si vous savez peser les choses au poids du sanctuaire, vous l'estimerez plus sortant de ce grand monde d'admirateurs qui le suivaient en foule et se retirant dans le désert, c'est-à-dire quittant la cour et Paris pour consacrer les carêmes entiers aux moindres villes de son diocèse, et aimant mieux, comme Jésus-Christ, prêcher dans les bourgades que dans Jérusalem. De là même aussi ces bénédictions abondantes que Dieu donnait à son ministère. De là, ces soupirs que pous-

saicnt vers le ciel ses auditeurs, et ces larmes qui coulaient de leurs yeux. De lu, ces fruits de pénitence qu'il recueillait après ses prédications évangéliques, comme le seul tribut qu'il prétendait tirer de cet emploi : recevant les pécheurs, écoutant leurs confessions, les encourageant et les consolant, leur prescrivant des règles de vie conformes à leur état, et tout cela avec cette sage douceur qui les convainquait et qui les attachait inviolablement à leurs devoirs. Un des souhaits de saint Fulgence était de voir saint Paul préchant l'Evangile; et ne vous sentez-vous pas, chrétiens, touchés du même désir à l'égard de François de Sales ? Or, il est aisé de vous satisfaire : l'évéque de Genève vit encore dans ses écrits, parce qu'il y a laissé tout son esprit; choisissez-le pour votre prédicateur : en tout temps et en tous lieux vous pouvez l'entendre. Je n'aurai pas peu fait pour votre salut, si je puis vous engager à cette sainte pratique; et cet homme de Dieu aura la gloire de continuer, après sa mort, ce qu'il a si heureusement commencé pendant sa vie, lorsqu'il a établi la piété et le culte de Dieu par la douceur de sa doctrine.

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