AVANT-PROPOS DE L EDITEUR
élevée à la cour de France et peu familiarisée avec les délicatesses de la solide piété, avait témoigné un vif désir de mener une vie plus conforme à TEvangile. Saint François de Sales, qui du premier coup avait reconnu dans celte femme du monde « une belle âme », n'épargna rien pour Tinstruire à fond des principes et de la pratique de la vraie piété. Cette semence de grâce, en tombant sur. un sol bien préparé , y produisit de grands fruits de salut- M'"'^ de Charmoisy, sans cesser d'être la femme du monde recherchée pour son esprit distingué et pour ses autres qualités natives, devint la fervente chrétienne que dépeint si bien V Introduction.
Par une disposition providentielle, M"^^ de Charmoisy, qui semblait avoir plus d'un motif de garder pour soi des écrits et des lettres où on lisait entre les lignes que sa vie précédente avait été un peu mondaine, ne fit pas difficulté de communiquer ces précieux avis à quelques âmes, qui en retirèrent comme elle une grâce considérable d'édification et d^encouragement. Celles-ci voulurent même en prendre copie et répandirent cette suave et fortifiante doctrine. Un religieux de grande vertu, le P. Jean Fourier, proche parent du bienheureux Pierre Fourier, en prit à son tour connaissance, pendant un séjour que M™° de Char-
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moisy fit à Chambéry, il en fut cmerveillc, et la grande expérience qu'il avait acquise dans la conduite des âmes lui ayant révélé mieux qu'à tout autre le bien que procurerait la publication de ces sages avis, il voulut joindre ses instances à celles de cette pieuse femme, pour obtenir du saint Prélat qu'il les livrât à l'impression. Saint François de Sales était loin de soupçonner qu'il eût ainsi fourni, par fragments, la matière d'un intéressant volume et que c ces chétifs bulletins dressés pour l'usage d'une simple femme », ces précieuses marguerites dont on faisait tant de cas, ou, comme il disait encore, cet « amas d'avertissements de bonne foi expliqués par des paroles claires et intelligibles » , fût appelé à la moindre célébrité. Par condescendance cependant pour le sentiment du P. Fourier, qu'il honorait grandement et dont il avait pris quelquefois les conseils pour son âme, le Saint revit ces cahiers déjà rangés dans un bel ordre par M"^'^ de Charmoisy ^ il compléta ce qui lui parut manquer pour un ensemble de doctrine pratique et il adressa le tout cette fois à Philothée, c'est-à-dire, comme il l'explique lui-même, « à toutes les âmes qui veulent être dévotes, car Philothée veut dire l'âme qui aime beaucoup Dieu. »
La publication de ce livre prit les proportions d'un grand événement. De suite on s'aperçut qu'il