AVANT-PROPOS DE I. EDITEUR
tranchait absolument sur tous ceux qui avaient précédemment traité de la piété pour les gens du monde. On fut frappé de Tautorité de cet enseignement si élevé sous sa forme toute simple et qui rompait en visière avec bien des préjugés profondément et de longtemps enracinés. Aussi fut-il accueilli, d\me part, avec les éloges les plus flatteurs et les meilleurs encouragements; d'autre part, avec les plus amères critiques et des malédictions. Pendant qu'un grand nombre d'évêques, de saints religieux, de pieuses âmes déclaraient à Tenvie n'avoir jamais trouvé la dévotion mieux décrite, plus remplie de l'Esprit de Notre-Seigneur, plus aimable ni plus bienveillante; d'ardentes colères, des diatribes virulentes, de vrais accès de rage s'emparèrent d'une foule d'esprits inquiets ou mal intentionnés. Sainte Jeanne de Chantai nous rapporte que ce livre fut insolemment bafoué en chaire, et Ms"" Camus, évêque de Belle}'-, ajoute qu'il fut déclaré « pire que tous les écrits des deux hérésiarques qui ont empoisonné, l'un la France, l'autre FAUemagne, de leurs fausses doctrines », et qu'on osa bien appeler le saint prélat : « le vrai successeur de Calvin dans la chaire de pestilence de Genève. » Mais Dieu, qui avait inspiré l'admirable enseignement de Vlntroduciion , pour le bien des âmes pieuses qui !c cherchent dans la droiture de leur
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cœur, fit bonne justice de ces contradictions, et elles ne servirent qu'à faire ressortir la haute sainteté de révêque de Genève, qui supporta avec une charité inaltérable la guerre acharnée qu'on lui faisait sans relâche, h' Introduction traversa saine et sauve cette crise; ce qui resta, ce fut l'estime universelle de ce livre, qu'on traduisit dans toutes les langues et qui, depuis deux siècles et demi, garde le premier rang parmi les ouvrages les plus utiles que les saints nous aient laissés pour la sage direction des âmes.
H. Chaumont.