‹ Œuvres. PubliéesChapitre 59 sur 204 · II. Humiliez-vous devant lui, priant qu'il vous inspire · texte numérisé non relu

II. Humiliez-vous devant lui, priant qu'il vous inspire

Considérations .

Imaginez-vous d'être en une rase campagne, toute seule avec votre bon ange, comme était le jeune Tobie allant en Rages, et qu'il vous fait voir en haut le Paradis ouvert, avec les plaisirs présentés en la méditation du Paradis que vous avez faite; puis du côté d'en bas il vous fait voir l'enfer ouvert, avec tous les tourments décrits en la méditation de l'enfer. Vous étant placée ainsi par imagination, et mise à genoux devant votre bon ange :

I . Considérez qu'il est très-vrai que vous êtes entre le paradis et l'enfer, et que l'un et l'autre est ouvert pour vous recevoir, selon le choix que vous en fere'{.

■2. Considérez que le choix que l'on fait de Tun

INTROi^UCilON A LA VIE DEVOTE

OU de Tautre en ce monde, durera éternellement en Pautre.

3. Et encore que l'un et Tautre soit ouvert pour vous recevoir, selon que vous le choisirez, pensez que Dieu, qui est appareillé de vous donner ou l'un par sa justice, ou l'autre par sa miséricorde, désire néanmoins, d'un désir non pareil, que vous choisissiez le paradis -, et votre bon ange vous en presse de tout son pouvoir, vous offrant, de la part de Dieu, niille grâces et mille secours pour vous aider à la montée.

4. Jésus-Christ, du haut du ciel, vous regarde en sa débonnaireté, et vous invite doucement. Viens, ô ma chère âme, au repos éternel, entre les bras de ma bonté, qui t'a préparé les délices immortelles en l'abondance de son amour. Voyez de vos yeux intérieurs la sainte Vierge qui vous convie maternellement. Courage, ma fille, ne veuille pas mépriser les désirs de mon Fils, ni tant de soupirs que je jette pour toi, respirant après ton salut éternel. Voyez les saints qui vous exhortent, et un milhon de saintes âmes qui vous convient doucement, ne désirant que de voir un jour votre cœur joint au leur pour louer Dieu à jamais, et vous assurent que le chemin du ciel n'est point si malaisé que le monde le lait. Hardiment, vous disent-elles, très-chère amie! qui considérera bien le chemin de la dévotion, par lequel nous sommes montées, il verra que nous sommes venues en ces délices par des délices incomparablement plus suaves que celles du monde.

I'RKMIB:RK TARTIK, CHAniTUK XVII

Election.

I . O enfer, je te déteste maintenant, et éternellement", je déteste tes tourments et tes peines, je déteste ton infortunée et malheureuse éternité, et surtout, ces éternels blasphèmes et malédictions que tu vomis éternellement contre mon Dieu. Et, retournant mon cœur et mon ame de ton côté, ô beau Paradis, gloire éternelle, félicité perdurable, je choisis à jamais et irrévocablement mon domicile et mon séjour dans tes belles et saiiites Maisous, et en tes saints et désirables Tabernacles. Je bénis, ô mon Dieu, votre miséricorde, et j'accepte Toiïre qu'il vous plaît de m'en faire. O Jésus, mon Sauveur, j'accepte votre amour éternel et reconnais l'acquisition que vous avez faite pour moi d'une place et logis en cette bienheureuse Jérusalem, non tant pour aucune autre chose, comme pour vous aimer et bénir à jamais.

2. Acceptez les faveurs que la Vierge et les Saints vous présentent^ promettez-leur que vous vous acheminerez à eux •, tendez la main à votre bon Ange, afin qu'il vous y conduise^ encouragez votre ame à ce choix.

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