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DEUXIEME PARTIE, CHAPITRE PREMIER

duquel nous ik^us devons rafraîchir; c'est la rive fontaine de Jacob, pour la purilîcation de toutes nos souillures. En fin les enfants, à force d'ouïr leurs mères et de bégayer avec elles, apprennent à parler leur langage; et nous, demeurant près du Sauveur par la méditation, et observant ses paroles, ses actions et ses affections, nous apprendrons, moyennant sa grâce, à parler, à faire et à vouloir comme lui. Il faut s'arrêter à cela, Philothée; et croyez-moi, nous ne saiœions aller à Dieu le Père que par cette porte; car tout ainsi que la glace d'un miroir ne saurait arrêter notre vue, si elle n'est enduite d'étain ou de plomb par derrière, ainsi la Divinité ne pourrait être bien contemplée par nous en ce bas monde, si elle ne se fût jointe à l'humanité sacrée du Sauveur, duquel la vie et la mort sont l'objet le plus opportun, suave, délicieux et profitable que nous puissions choisir pour notre méditation ordinaire. Le Sauveur ne s'appelle pas pour néant le pain descendu du ciel ; car comme le pain doit être mangé avec toutes sortes de viandes, az^^-sz/c Sauveur doit être médité, considéré et recherché en toutes nos oraisons et actions. Sa vie et mort a été disposée et distribuée en divers points, pour servir à la méditation, par plusieurs auteurs; ceux que je vous conseille sont saint Bonaventure, Bellintani, Bruno, Capilla, Grenade et Dupont.

3. Employez-y chaque jour une heure avant dîner; et, s'il se peut, au commencement de votre matinée, parce que vous aurez votre esprit moins embarrassé et plus frais après le repos de la nuit.

N'y mettez pas non plus davantage qu'une heure, si votre père spirituel ne vous le dit expressément.

4. Si vous pouvez faire cet exercice dans Péglise, et que vous y trouviez assez de tranquillité, ce vous sera une chose fort aisée et commode, parce que nul, ni père, ni mère, ni femme, ni mari, ni autre quelconque ne vous pourra bonnement empêcher de demeurer une heure dans l'église -, tandis que là où vous seriez en quelque sujétion, vous ne pourriez peut-être pas vous promettre d'avoir une heure si franche dans votre maison.

5. Commencez toutes sortes d'oraisons, soit mentale, soit vocale, par la présence de Dieu ; tene:{ cette régie sans exception, et vous verrez dans peu de temps combien elle vous sera profitable.

6. Si vous me croyez, vous direz votre Pater, votre Ave Maria et le Credo en latin \ mais vous apprendrez aussi à bien entendre les paroles qui y sont, en votre langage, afin que, les disant dans le langage commun de l'Eglise, vous puissiez néanmoins savourer le sens admirable et déhcieux de ces saintes oraisons," lesquelles il faut dire, fixant profondément votre pensée, et excitant vos affections sur le sens de celles-ci; et ne vous hâtant nullement pour en dire beaucoup, mais vous étudiant à dire ce que vous direz cordialement ; car un seul Pater dit avec sentiment vaut mieux que plusieurs récités vitement et couramment.

7. Le chapelet est une très-utile manière de prier, pourvu que vous le sachiez dire comme il convient-, et, pour ce faire, ayez quelqu'un des

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