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DEUXIKMR PARTIR, CHAPITRE VI I I

tissiez en des résolu lions spéciales et particulières pour votre correction et amendement. Par exemple, la première parole que Notre-Seigneur dit sur la croix répandra sans doute une bonne afl'eciion d'imitation en votre ame, à savoir, le désir de pardonner à vos ennemis et de les aimer; or je dis maintenant que cela est peu de chose, si vous n'y ajout e\ une résolution spéciale de cette sorte : Or sus donc, je ne me piquerai plus de telles paroles fâcheuses qu'un tel et une telle, mon voisin ou ma voisine, mon domestique ou ma domestique, disent de moi, ni de tel ou tel mépris, qui m'est fait par celui-ci ou celui-là -, au contraire, je dirai et ferai telle et telle chose pour le gagner et adoucir ; et ainsi des autres. Par ce moyen, Philothée, vous corrigerez vos fautes en peu de temps, là où, paries seules affections, le ferez tard et malaisément (i).

(i) L'importance des résolutions pratiques est telle dans l'Oraison, qu'à vrai dire, tout ce qui précède a pour but principal de les provoquer et bien préciser, et que l'Oraison serait presque sans résultat, si on négligeait ce dernier point. Les âmes superricielles confirment trop bien cette remarque, quand elles se plaignent de ne pas trouver dans la méditation la grâce d'an vrai changement de vie, d'un progrès sérieux et durable dans la piété ; quand on les interroge sur la manière dont elles méditent, on voit qu'elles ont passé un temps quelconque dans des pensées vagues et qu'elles ont quitté l'oraison sans songer à prendre une seule résolution énergique.

Aussi, dans la conduite des âmes, de même qu'il faut absolument obtenir d'elles qu'elles méditent, il faut également obtenir que leur méditation se termine toujours par une résolution pratique. L'on doit y tenir à ce point que, si le temps venait un jour à faire défaut complètement, et qu'on dût réduire à peu d'instants la méditation, il faudrait, ce jour-là, qu'elle ne comprît que deux parties : la prière pour demander une vertu spéciale, et la résolution très-sérieuse de pratiquer cette vertu.

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