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questions. De plus , il sera nécessaire que chaque comité de l'association puisse , par l'ensemble de ses membies, embrasser toute l'étendue des connaissances humaines , ou du moins n'en laisser échapper aucune branche importante; il faudra en attacher un certain nombre à chacune de leurs grandes divisions, et dès lors on peut, sur une partie des questions relatives à cette branche, donner à leurs voix une influence plus grande, sans cependant qu'elle puisse jamais être réellement exclusive.
Ainsi, par exemple, s'il s'agissait de retrancher d'un plan d'observations celle d'un phénomène, de ne plus avoir égard à une telle circonstance, on ne pourrait faire cette suppression qu'à une grande pluralité : au contraire, la plus faible devrait suffire pour exiger dans les observations plus d'étendue et de détail.
Dans le premier cas, les savants dont cette suppression intéresse le genre d'études, devraient avoir une plus grande influence; mais ils en auraient une moindre pour établir une addition qu'ils doivent naturellement désirer; ils resteraient dans l'égalité, s'ils volaient pour rejeter cette addition.
Les principes d'après lesquels ces formes doivent être réglées, ne sont pas les mêmes que ceux qui doivent diriger dans les sociétés politiques pour les institutions analogues. Le but de l'association n'est pas le même : celui d'une société est le maintien des droits égaux de chacun des membres dans leur plus grande étendue; celui d'une association scientifique est le progrès des sciences. Dans l'une, les formes
SLR l'aTLANTIUK , tlC. Gjl)
doivent être à la portée des individus les moins éclairés ; on ne doit supposeï- dans l'anlie (jue des lionunes habitués à suivre des raisonnements , à combiner des idées. Dans l'une, une décision fausse peut violer les droits les plus importants ou des commettants, ou de la minorité; dans l'autre, elle ne peut en violer aucun, puiscjue chacun est entré volontairement pour un temps marqué dans l'association, dont il connaissait d'avance les conditions et les lois. Dans l'une, une influence égale est un droit pour chacun, et dans toutes les décisions; dans l'autre, l'inégalité peut être conforme à la raison , et elle l'est à la justice, surtout quand elle est réciproque.
Un renouvellement annuel d'un tiers assurerait encore la persistance dans les mêmes vues, en prévenant le danger des opinions personnelles ou des préjugés d'école.
On s'assurera les mêmes avantages dans l'exécution , en mettant au changement d'observateurs des obstacles (jui empêcheraient le caprice ou les passions personnelles de les multiplier sans motifs, et cependant ne les arrêteraient pas lorsqu'ils deviendraient nécessaires pour réparer de mauvais choix. Comme chaque année tous les membres de l'association seraient instruits du résultat des travaux, et qu'il est impossible que la grande majorité ait un autre intérêt que celui de la réussite même de ces travaux, il serait difficile que son influence sur les choix ne corrigeât bientôt les abus <(ue le temps traîne toujours à sa suite. Kniin, comme Tintiigue ,
66o FUAGMENT SUR l'aTLA]\TIDE, ETC.
le charlatanisme , les prétentions trop exagérées trouveraient lonjours la honte et le ridicule à côte d'un succès passager, on les verrait hientôt se dégoûter de tentatives qui auraient trop constamment un tel effet.
Cette réunion de tous les hommes qui, dans une même nation , font du soin de cultiver leur raison, d'augmenter leurs lumières, ou leur occupation ou leur plaisir, peut s'étendre à toutes les nations éclairées. Dans chacune, une association nationale suivrait les travaux d'une manière indépendante; mais la comparaison de ces mêmes travaux chez les diverses nations; mais leur comhinaison pour former un résultat commun ; mais quelques entreprises plus vastes, l'établissement d'une langue universelle, l'exécution d'un monument qui mît les sciences à l'abri même d'une révolution générale du globe, tous ces objets seraient réseivés à une association plus générale dont l'établissement, embrassant tous les peuples parvenus à peu près au même degré de lumières et de liberté, ne rencontreiait pas d'obstacles , et assurerait entre toutes les sciences, entre les arts soumis, dirigés par leurs principes j comme entre toutes les nations, un équilibre de connaissances, d'industrie et de raison nécessaire au progiès et au bonheur de Tespèce humaine.