SUR LE RAPPORT DES COMITÉS, ETC
ont disparu du conseil n'a satisfait encore à celte obligation sacrée. La conduite de quelques-uns a été inculpée devant vous : dans plusieurs occasions importantes, dans les discussions sur les émigrés, ou sur les troubles religieux, dans celles où il aurait été nécessaire de connaître l'état actuel de nos relations extérieures, la véritable situation des conjurés, les ministres ont trop négligé de donner, soit à vous, soit à vos comités, les lumières qu'ils leur doivent. La lenteur dans l'établissement de l'impôt, dans la fabrication de la petite monnaie, excite des plaintes. Vous devez faire cesser ces négligences, examiner ces inculpations, forcer les ministres à remplir des devoirs que la loi leur impose; devoirs d'autant plus importants, que l'ordre dans l'établissement des dépenses et dans les détails de l'exécution est la première base de la confiance publique, et qu'on ne vous pardonnerait pas de retarder encore d'une année cet ordre si nécessaire.
Une simple surveillance ne suffit même pas : il faut régler par des lois, et la forme suivant laquelle, à l'avenir, les ministres prépareront leurs états de dépense, et celle du compte qu'ils doivent rendre des dépenses ordinaires. Celui des dépenses extraordinaires, pour lesquelles des fonds pourront leur être accordés, doit exiger des précautions plus grandes encore , et devenir l'objet d'une loi particulière. Vous avez d'autres lois à faire pour la sûreté de l'administration du trésor public. Ces lois, par leur nature, doivent, pour être bonnes, présenter le caractère de la défiance , et même d'une défiance exa-
gérée. Un de vos comités est chargé par vous de rédiger, sur la responsabilité des ministres, le projet d'une loi plus précise et plus applicable.
Forcés de préparer des lois de rigueur, obligés peut-être de prendre des mesures sévères, ne négligez pas une occasion solennelle de prouver, jusqu'à l'évidence, qu'aucune jalousie de pouvoir ne souille la pureté de votre patriotisme, et que vous attaquez dans les ministres , non le pouvoir qu'ils ont reçu de la loi, mais l'abus qu'ils en font contre la loi, mais leur négligence dans l'exercice des fonctions qu'elle leur a confiées.
Enfin , une dernière considération non moins puissante doit nous décider à donner cette nouvelle marque d'approbation aux mesures adoptées par le roi. C'est en son nom , c'est pour défendre sa cause que les nobles, chefs des rebelles, prétendent nous combattre. Nos prêtres fanatiques mêlent le nom du roi à celui de Dieu dans leurs prédications séditieuses : ce nom multiplie, encourage les partisans de ces deux castes divisées par l'intérêt, réunies contre nous par une haine commune pour la raison et pour l'égalité. Ainsi, toutes les fois que nous pourrons donner une preuve nouvelle de l'accord qui règne entre le roi et les défenseurs de la liberté, entre le roi et les représentants du peuple, nous affaiblirons la puissance de nos ennemis.
Forçons la foule que leurs chefs ont séduite, à ne plus douter que cet accord existe; et bientôt, abandonnés par elle, nous verrons ces chefs insensés réduits à cacher, dans une retraite obscure, la honte de leurs complots.