OU UN ARTISAN FRANÇAIS
impôt, mais elle est affranchie de toute dîme , de toute servitude; il peut y chasser, la garantir des ravages du gibier, pêcher dans la rivière qui en baigne les bords. Si on lui fait un procès, un juge conciliateur, très-voisin de sa demeure, se place d'abord entre son adversaire et lui; des tribunaux composés de juges élus à temps par les citoyens, lui sont accessibles comme au riche : est-il accusé par un ennemi, d'abord il ne peut être poursuivi que sur la décision de citoyens dont les précautions les plus sévères lui garantissent l'impartialité; et s'ils décident qu'il doit subir un jugement, il ne peut être déclaré coupable que par neuf citoyens sur douze, et ces douze sont tirés au sort sur une liste de laquelle il aura droit de faire effacer vingt de ceux qu'il soupçonnerait d'être ses ennemis.
Aucun ordre arbitraire ne peut gêner sa liberté, aucun ne peut troubler son asile. Il peut librement exercer toute profession, tout genre d'industrie. Quelle que soit sa religion, il est libre de la suivre et de la professer publiquement. Il peut choisir le moulin, le pressoir dont il voudra se servir. Aucune de ses paroles, aucun de ses écrits ne peuvent lui attirer une punition, à moins qu'il n'y ait calomnié quelqu'un. Non-seulement ses enfants héritent de lui, mais, ce qui est si doux à une âme paternelle, tous partagent avec égalité.
Sûreté, liberté, égalité, voilà les biens que la loi lui assure dans toute leur étendue.
Des écoles gratuites seront ouvertes à ses enfants; s'ils en profitent, s'ils se rendent capables de rem-
35o ce que c'est qu'un cultivateur, etc.
pi ir des places, il n'en existe aucune à laquelle, quelle qu'ait été la profession de leur père, ils ne puissent prétendre, non pas de droit seulement, mais de fait, et avec une entière égalité; non comme la récompense d'un mérite extraordinaire, mais par une suite naturelle et ordinaire de l'ordre social. S'ils embrassent l'état de soldat, il n'existe aucun terme à leur avancement militaire; même en supposant qu'ils n'aient pour eux que la durée de leur service, leurs qualités personnelles et leurs actions guerrières, ils peuvent encore espérer d'atteindre à des grades trèsélevés.
Tel est , sous la constitution française, le sort de l'homme qui vit de son travail, soit en totalité, soit en grande partie, c'est-à-dire, des quatre-vingt-dixhuit centièmes des habitants. Tel est le sort qu'elle offre à l'étranger laborieux, économe, qui a besoin de la liberté, et qui a l'âme assez élevée pour sentir les douceurs de l'égalité.