DRESSE
horreurs de l'anarchie, l'impulsion qui réunit tous les Français à l'intérêt commun. Elle y a retrouvé les traces de ce plan désorganisaleur et contre-révolutionnaire, que suivent encore, avec une insolente audace, les agents stipendiés de Coblentz, de la Piusse et de l'Autriche.
Elle a considéré que les conspirateurs qui veulent rassembler les débris épars du despotisme, et empêcher la réunion de la Convention nationale, n'ont imaginé ce projet de meurtres , que pour répandre la terreur dans les départements, éteindre l'esprit public par la stupeur, et arrêter la marche des députés, par l'épouvante des désordres et des excès dont ils menacent la capitale.
Elle a senti que, de toutes les perfidies , la plus dangereuse, peut-être, est celle qui tend à diminuer le nombre des défenseurs de la révolution, en la rendant odieuse, et en isolant de sa cause les citoyens faibles et timides, qui ne professent pas des principes aussi rigoureux que les hommes forts et énergiques, pour qui la liberté est tout, et à qui elle tient lieu de tout.
Dans ces circonstances, l'assemblée nationale a cru qu'elle devait déjouer ces nouveaux complots , et rappeler au peuple les principes, garants éternels de la liberté publique et individuelle.
français! si chaque citoyen a un droit égal à la protection de la loi, son influence doit s'étendre plus activement encore sur les représentants de la nation, parce que, tel est le caractère d'inviolabilité qu'elle leur imprime, et qu'ils tiennent de la nature des
choses, qu'une seule violence, qui aurait pour prétexte leurs opinions et leur conduite politique, attaquerait la liberté même , jusque dans ses fondements les plus sacrés.
Les représentants de la nation appartiennent au peuple entier; il n'y a plus de liberté ni d'égalité , s'ils peuvent être dépendants d'une portion quelconque du peuple, soit de celle qui se trouve avoir la même résidence qu'eux, soit de celle qui les nomme à la représentation nationale.
La liberté entière et absolue des opinions, une inviolabilité s'étendant à tous les temps et à tous les lieux , telle est une condition essentielle de toute constitution représentative.
x\utrement, le vœu des délégués du peuple ne serait pas celui de leur jugement ou de leur conscience , mais le résultat de la politique ou de la crainte. Il n'exprimerait plus la volonté générale des citoyens, mais celle d'une collection d'individus qui, dans un point du territoire français , s'empareraient d'une puissance momentanée.
Toute nation où le caractère de représentant n'est pas sacré, est nécessairement une nation sans gouvernement et sans lois , puisque les organes des lois, puisque ceux entre les mains de qui repose la suprême puissance de la société , ne pourraient agir par leur volonté propre.
Dans les temps d'insurrection, et lorsque le peuple se lève pour opposer à la tyrannie et à l'oppression une résistance légitime, il peut quelquefois, entraîné par des hommes passionnés pour la libellé,
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regarder l'activité des lois comme trop lente pour lui garantir sa sûreté; mais l'idée d'attentat contre ses propres représentants, ne pourrait lui être inspirée que par de véritables ennemis de la nation, par des hommes qui voudraient rompre le nœud qui unit ensemble toutes les portions de l'organisation sociale, afin de livrer la France, divisée, à ses ennemis ; par des hommes qui voudraient que la représentation nationale fût avilie auprès des citoyens et des étrangers , et que tout ce qu'elle a fait , et tout ce qu'elle pourrait faire , fût regardé comme l'ouvrage delà violence; par des hommes qui voudraient anéantir les effets de la révolution du 10 août : eh! qui en effet le croira le vœu du peuple français, si les représentants qui l'ont consacré paraissent n'avoir agi que sous la force d'une simple portion de ce peuple!
Mais le piège nouveau que l'on vous tend est trop grossier pour vous séduire; vous sentirez qu'un seul attentat à la personne ou aux propriétés de vos représentants, donnerait un prétexte aux ennemis de la liberté, pour frapper de nullité tout ce qui aurait été fait, et tout ce qui serait fait par une représentation nationale quelconque. Ainsi, vous sentirez que les décrets sur les troubles religieux, sur les émigrés, sur la suppression des droits féodaux , sur la suspension du roi et de la liste civile; que les décrets mêmes de l'assemblée constituante, sur l'abolition des dîmes, de la gabelle et de la noblesse; que toutes les lois sanctionnées par l'opinion publique, seraient anéanties, parce que Ton pourrait
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toujours supposer que la majorité , qui les a faites , ne jouissait pas d'une liberté absolue; enfin, vous sentirez que ce serait perdre la confiance des peuples ou des individus qui voudraient s'unir à vous , et défendre votre cause ; que vous cesseriez de former véritablement un corps de nation, puisqu'il n'y aurait pas un citoyen qui pût parler en votre nom et stipuler pour vous, dès qu'il ne pourrait le faire avec liberté.
Français! toute vengeance populaire , toute punition même d'un ennemi public, qui n'est pas revêtue des formes légales , est un assassinat : loin de servir la cause de la liberté, elle ne peut que lui nuire, et ceux qui se livrent à ces excès trahissent cette cause en croyant la défendre.
Ce n'est qu'en respectant les lois , les personnes et les propriétés; ce n'est qu'en conservant la tranquillité publique, que vous pourrez déployer vos forces, triompher de vos nombreux ennemis, que vous mériterez l'estime des nations, et que vous prouverez à l'Europe que vous n'êtes pas égarés par des factieux, et divisés par des partis opposés, mais que vous êtes animés de la volonté ferme de maintenir la liberté et l'égalité, ou de périr en les défendant.
DE LA NATURE
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