‹ Œuvres. Publiées (volume 4)Chapitre 111 sur 183 · DIEU · texte numérisé non relu

DIEU

Sur la preuve de l'existence r/e Dieu, tirée des causes finales ( i ).

Cette preuve est regardée par tous les théistes éclairés comme la seule qui ne soit pas au-dessus de rintellisrence humaine ; et la difficulté entre eux et les athées se réduit à savoir jusqu'à quel point de probabilité on peut porter la preuve qu'il existe dans l'univers un ordre qui indique qu'il ait pour auteur un être intelligent. M. de Voltaire croyait, avec Fénelon et Nicole, que cette probabilité était équivalente à la certitude; d'autres la trouvent si faible, qu'ils croient devoir rester dans le doute; d'autres enfin ont cru que cette probabilité était en faveur d'une cause aveugle. Ce (|ui doit consoler ceux que ces contiadictions affligent , c'est (pie tous ces philosophes conviennent de la même morale, et prouvent également bien qu'il ne peut y avoir de bonheur pour l'homme que dans la pratique rigoureuse de ses devoirs.

(1) Vollaiic, tome XXXI, p. 27.

DOMINIS (Antonio de) (i).

Antonio de Dominis fut une des plus illustres victimes de l'inquisition romaine. Il renonça à son archevêché , et se retira , vers i6o3, en Angleterre, où il publia X Histoire du cuncile de Trente de Fra-Paolo, son ami. Il s'occupa du projet de réconcilier les communions chrétiennes, projet qui fut celui d'un grand nombre d'esprits sages et amis delà paix, dans un siècle où les principes de la tolérance étaient inconnus. On trouva moyen de l'engager, en 1612 , à retourner en Italie, en lui promettant qu'on se contenterait de la rétractation de quelques propositions soi-disanthérétiques, qu'on l'accusait d'avoir soutenues. Mais peu de temps après cette rétractation, on lui supposa d'autres crimes. Il fut mis au château Saint-Ange, où il mourut en 16^5, âgé de 64 ans. Les inquisiteurs eurent la barbarie de le faire déterrer et de brûler son cadavre. Outre son ouvrage sur l'optique, il avait fait un livre intitulé De Republicd christiauâ, qui fut brûlé avec lui. Ce livre fut condamné par la Soibonne, parce qu'il contenait des principes de tolérance et des maximes favorables à l'indépendance des princes séculiers. Fra-Paolo , plus sage que l'archevêque de Spalatro, resta toute sa vie à Venise, où il n'avait du moins à craindre que les assassins. Peu de temps après, l'illustie Galilée, l'honneur de l'Italie, fut forcé de demandei- pardon d'avoir découvert de nouvelles preuves du mouvement de la terre, et traîné

(j) Voltaire, tome XXXI , p. 14/,.

SUR VOLTAIRE. 3c)']

en prison à ]'%e de plus de 70 ans , par ordre des mêmes inquisiteurs.

Ne soyons donc pas étonnés, si on ne trouve pas un seul Romain parmi les hommes illustres en tout genre, qui, dans ces derniers siècles, ont fait honneur à l'Italie.

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