‹ Œuvres. Publiées (volume 4)Chapitre 127 sur 183 · HOTEL-DIEU · texte numérisé non relu

HOTEL-DIEU

Sur le privilège qu'ai>aitVliô\.e\-D\eu de Paris , de vendre la chair en carême à son profit ( i ).

En 1775, sous l'administration de M. Turgot, ce privilège ridicule de l'Hôtel-Dieu fut détruit et remplacé par un impôt sur l'entrée de la viande. Le peuple de Paris était réduit, auparavant, à n'avoir, pendant tout le carême, qu'une nourriture malsaine et Irès-clière. Cependant quelques hommes ont osé regretter cet ancien usage, non qu'ils le crussent utile, mais parce qu'il était un monument du pouvoir que le clergé avait eu trop longtemps sur l'ordre public, et que sa destruction avançait la décadence de ce pouvoir. En 1629, on tuait six bœufs à l'Hôtel- Dieu pendant le carême; deux cents en 1 665, cinq cents en 1708, quinze cents en 1750 : on en consomme aujourd'hui près de neuf mille.

HUSS (Jean).

Son assassinat (2).

La mort de Socrate est le seul exemple qu'offre l'antiquité, d'un homme condamné à mort pour ses opinions; mais le peuple d'Athènes se repentit peu de temps après. Les accusateurs de Socrate furent

(i) Voltaire, tome XXXVIII, p. 463.

{•1) Voltaire, tome XVII, p. 291.

SUR VOLTA.1RE. /(2q

punis; on rendit des honneurs à sa mémoire. L'assassinat juridique de Jean Huss, au contraire, a été suivi de dix mille assassinats semblables, dont aucun n'a été ni puni, ni réparé, même par un repentir inutile. Les grands crimes, les usages barbares que nous reprochons aux anciens tenaient à cette férocité qui est l'abus de la force. Les usages barbares des nations modernes sont nés, au contraire, de la superstition, c'est-à-dire, de la peur et de la sottise.

Page 1