‹ Œuvres. Publiées (volume 4)Chapitre 130 sur 183 · IMPOTS · texte numérisé non relu

IMPOTS

Effets des impôts extraordinaires sur le peuple (i).

Il est très-vrai que toute taxe annuelle n'est payée en réalité que parles propriétaires de terres; la petite partie qui peut l'être par les profits du commerce étranger ne mérite point d'être comptée; mais il n'en est pas de même des taxes extraordinaires levées en temps de guerre. Celles qui portent sur les consommations du peuple ne font pas augmenter ses salaires, parce que les propriétaires alors font moins travailler. Le peuple souffre donc directement de ces taxes. Il souffre par la même raison de celles qui paraissent ne porter directement que sur les piopriélaires. Celles-là ne seraient indifférentes au peuple que dans le cas où le produit de ces taxes seiait employé en entier à lui procurer des salaires : encore faudrait-il qu'elles ne fussent payées que par les propriétaires riches; le peuple, la populace même souffrent donc réellement des impôts extraordinaires.

INQUISITION (i).

Depuis que M. de Voltaire a écrit ce chapitre (le CXL® Aç^X Essai sur les mœiirs\ l'inquisition a été détruite à Milan, sous le règne de l'impératrice Marie-Thérèse, d'après les conseils du comte de Fir-

(i) Voltaire, tome XXII, p. 337.

{%) Voltaire, tome XVIII , j). 265.

niian , à qui Tltalie doit la renaissance des lumières, que, depuis le temps de Fra-Paolo, la superstition se flattait d'avoir pour jamais étouffées.

Ce tribunal vient d'être détruit en Sicile, par M. de Caraccioli , vice-roi de cette ile, l'un des hommes d'État de l'Europe les plus savants et les plus éclairés, et que nous avons vu longtemps à Paris un des hommes les plus aimables delà société. La liberté du commerce des grains, celle de fabriquer et de vendre du pain, vient d'être accordée par lui à ce pays, où de si mauvaises lois avaient si longtemps rendu inutiles, et la fertilité du sol, et les avantages de la situation la plus heureuse, et le génie des compatriotes de Théocrite et d'Archimède.

Cependant l'inquisition a repris de nouvelles forces en Espagne : elle oblige plusieurs jeunes Espagnols, qui annonçaient des talents pour les sciences, de renoncer à leur patrie. Elle a poursuivi Olavidès, qui avait créé, dans un désert, une province peuplée d'hommes laborieux et pleins d'industrie, mais qui avait commis le plus grand des crimes aux yeux des prêtres, celui d'avoir bien connu toute l'étendue du mal qu'ils ont fait aux hommes.

(i) Gènes et Venise ont la faiblesse delà conserver (l'inquisition); maison ne lui laisse aucune activité. Elle subsiste, mais sans pouvoir, dans les États de la maison de Savoie. La gloire d'aboi ii- ce monument odieux du fanatisme et de la baibarie de nos pères n'a encore tenté aucun souverain pontife. L'incjuisi-

(i) Voltaire, tome XLl, p. 353.

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