MILITAIRE
Sur la séparation des fonctions de militaire et de magistrat (i).
Ces fonctions n'ont pu être confondues que chez des peuples où les lois étaient simples, et qui n'avaient point de troupes réglées toujours subsistantes. Alors un même homme remplissait tour à tour toutes les fonctions de la société, comme chaque philosophe embiassait toute l'étendue des sciences, lorsque les détails de chacune étaient trèspeu étendus. A Rome, les fonctions de militaire et
(i) Voltaire, fomo XYIII, p. \\)!\.
SUR VOLTAIRE. /jS^
de magistrat commencèrent à se séparer longtemps avant la destruction de la répul)iique, quoique jamais elles n'aient appartenu à des ordres séparés. Un général était le juge suprême des piovinces (|u'ils gouvernait; im juiisconsulte, devenu préteur ou proconsul, commandait les troupes de sa province. Mais ce mélange n'avait lieu que pour les personnages de cet ordre : les jurisconsultes se formaient au barreau , et les guerriers dans les camps. Le mal n'est donc pas en France d'avoir séparé ces fonctions, mais d'avoir formé deux ordres de ceux qui les remplissent. 11 serait ridicule que les militaires voulussent juger, comme il le serait qu'un géomètre voulût enseigner la chimie; mais toute distinction légale, toute exclusion en ce genre, est nuisible à la
société
MINES (f).
Les mines ont une valeur réelle pour le propriétaire, comme toutes les autres productions; mais leur valeur baisse à mesure que les métaux qu'on en tire deviennent communs, ce qui arrive toutes les fois que les mines en fournissent plus qu'on n'en consomme.
Observons aussi que les métaux précieux qui sont si propres à servir, non de signes de valeur, comme on l'a dit trop souvent, mais de valeurs connues, sont en même temps des denrées très-utiles. Il serait
(i) Voltaire , tome XXVI, p. 346.
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très-avantageux pour l'iiumanité en général , que l'argent et Tor, surtout, fussent très-communs.