‹ Œuvres. Publiées (volume 4)Chapitre 28 sur 183 · LE POUR ET LE CONTRE · texte numérisé non relu

LE POUR ET LE CONTRE

Ce petit poëme est un des premiers ouvrages où M. de Voltaire ait fait connaître ouvertement ses opinions sur la religion et la morale. Nous ignorons (|uelle est la femme à qui l'auteur l'avait adiessé. Il est du temps de sa jeunesse, et antérieur à ses (|uerellesavec J. B. Rousseau, qui paile de cet ouvrage

comme d'une des laisons qui l'ont éloigné de M. de Voltaire; délicatesse bien singulière dans l'auteur de tant d'épigrammes où la religion est tournée en ridicule. Rousseau croyait apparemment qu'il n'y avait de scandale que dans les raisonnements pliilosoplii- (jues, et que, pourvu qu'un conte irréligieux fut obscène, la foi de l'auteur était à l'abri de tout reproche.

Au reste, cet ouvrage a le mérite singulier de renfermer dans quelques pages, et en très-beaux vers, les objections les plus fortes contre la religion chrétienne, les réponses que font à ces objections les dévots persuadés et les dévots politiques, et enfin le plus sage conseil qu'on puisse donner à un homme raisonnable, qui ne veut connaître sur ces objets que ce qui est nécessaire pour se bien conduire. La fameuse profession de foi du vicaire savoyard nes>i prescpie qu'un commentaire éloquent de cette épître et de quelques morceaux du poëme de la loi naturelle.

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