‹ Œuvres. Publiées (volume 4)Chapitre 86 sur 183 · ANGLETERRE · texte numérisé non relu

ANGLETERRE

Sur la dette de F Angleterre et de la France (2).

La dette immense de l'Angleterre et.de la France prépare à ces deux nations, non une ruine totale ou une décadence durable, mais de longs malheurs et peut-être de grands bouleversements. Cependant, en supposant ces dettes égales (et celle de l'Angleterre est plus forte), la France aurait encore de grands avantages. T Quoique la supériorité de sa richesse réelle ne soit point proportionnelle à celle de l'éten-

(i) Voltaire, tome XXIX, p. 271.

(a) Voltaire, tome XXXIX, p. 4A5.

due de son teiriloire et du nouibre de ses liabitants, cette supériorité est liès-giande. 2° L'agriculture, l'industrie et le commerce n'y étant pas aussi près qu'en Angleterre du degré de perfection et d'activité qu'on peut atteindre, leurs progrès peuvent procurer de plus grandes ressources. La suppression des corvées, celle des jurandes pour les métiers, comme pour le commerce; la libertédu commerce des blés, des vins, des bestiaux, en un mot les lois faites en 1 776, et celles qu'on préparait alors, auraient cbangé en peu d'années la face de la France. 3° La dette foncière en France étant en très-grande partie à cinq pour cent et au delà, tout ministre éclairé et vertueux que l'on croira établi dans sa place, trouvant à emprunter à quatre pour cent, lorsqu'il n'empruntera que pour rembourser, pourra diminuer l'intérêt de cette partie de la dette d'un cinquième et au delà, et former de cela seul un fonds d'amortissement. 4*^ Lsi vente des domaines, et celle des biens du clergé qui appartiennent à l'État, est une ressource immense qui manque encore à l'Angleterre. La publicité des opérations peut aussi avoir lieu en France; et si la confiance doit être plus grande en Angleterre , parce que les membres du parlement sont eux-mêmes intéressés à ce que la nation soit fidèle à ses engagements, d'un autre côté ces mêmes membres du j)arlement ont beaucoup plus d'intérêt à ce que les finances soient mal administrées, que n'en peuvent avoir les ministres du roi de France.

SLlll VOLTAIRE.

ANGOS (le chevalier d) (i).

M. le chevalier d'Aiigos , savant astronome , a observé avec soin, pendant plusieurs jours, un lézard à deux têtes, et il s'est assuré que le lézard avait (leur volontés indépendantes, dont chacune avait un pouvoir presque égal sur le corps, qui était unique. Quand on présentait au lézard un morceau de pain, de manière qu'il ne pût le voir que d'une tête, cette tête voulait aller chercher le pain, et l'autre voulait que le corps restât en repos.

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