ANQUETIL
Sur son ouvrage intitulé : Intrigue du cabinet, etc., publié en 1780 , 4 volumes in-\2, (a).
Dans un ouvrage publié par un moine, en 1780, on lit que Ravaillac était un fanatique d'État; et on ajoute c|ue ces fanatiques d'État sont très-dangereux , et beaucoup plus communs qu'on ne pense.
il est clair que Ravaillac n'était et ne pouvait être c^n un fanatique de religion; ce n'était point du tout un Timoléon, un Brutus, un Sidney, un Padilla, un Wassau, lui Tell, un chef d'insurgents, mais un fou à qui les moines avaient tourné la tête. Quand Brutus soufflait le feu , il ne voyait pas de petits Jupi-
(i) Voltaire, tome XXXVII, p. an.
[%) Voltair'^, tome XXVI, p. 202.
lei's sortir de son soufflet , comme Ravaillac voyait de petites hosties sortir du sien. M. le prieur de Château-Renard ne persuadera à personne que Henri IV ait été assassiné par l'effet du zèle patiiotique , ni que ce zèle soit très-commun, et encore moins qu'il soit dangereux.
ANTHROPOPHAGES (i).
Depuis le temps où M. de Voltaire a écrit cette h'isloïve (^Essai sur les mœurs, chapitre 196, histoire du Japon au dix-septieme siècle), les voyageurs ont trouvé des anthropophages dans plusieurs îles de la mer du Sud. Il parait résulter de leurs observations que cet usage s'abolit peu à peu chez ces peuples, à mesure que le temps amène quelques progrès dans leur civihsation. Les peuples qui mangent quelquesuns de leurs ennemis dans une espèce de fête barbare, sont encore en assez grand nombre; mais il est très-rare d'en trouver qui tuent leurs ennemis pour les manger. Ce sont deux degrés de barbarie bien distincts, dont le premier a précédé l'autre qui paraît n'être qu'un reste de l'ancien usage. Au reste, on n'a trouvé chez aucun de ces peuples l'usage de faire brûler vivants les hommes qui ne sont pas de l'avis des autres, ni celui de faire mourir les prisonniers dans les supplices; ces coutumes paraissent appartenir exclusivement aux théologiens d'Europe et aux sauvages de l'Amérique septentrionale.
(i) Voltaire, tome XIX, p. 344-