‹ Œuvres. Publiées (volume 4)Chapitre 94 sur 183 · BLOIS · texte numérisé non relu

BLOIS

Sur les premiers états de Blois , en 1576(1).

On commençait alors en Europe à s'apercevoir que les hommes avaient des droits antérieurs et supérieurs à toutes les lois positives. A la vérité, au lieu de chercher ces droits dans la nature, on les cherchait dans la Bible, dans la mythologie, dans les lois des républiques grecques, dans les coutumes des

(i) Voltaire, tome XXVI, p. i33.

peuples barljares. La science retardait les progrès de la raison. Cependant on sentit, aux états de Blois, cpie le roi, n'étant pas obligé d'assembler les états généraux à des époques fixes, et conservant dans l'intervalle le pouvoir de faire des lois, il devenait absolu , à moins que les états ne donnassent à des corps perpétuels le droit de refuser ou de modifier les édits. On cboisit les corps qui, composés de seigneurs, de préties et de gradués, étaient une image en raccourci des trois états du royaume. Si les parlements opposaient de la résistance à des édits justes et utiles à la nation, le roi pouvait appeler de leur refus aux états généraux. On est trop éclairé maintenant , pour ne pas voir que ce système des états de Blois n'était propre qu'à faire de la France une aristocratie, gouvernement toujours d'autant plus tyrannique, que les membres de l'aristocratie sont moins considérables par eux-mêmes. Il était plus simple de rendre les états généraux périodiques, et de ne regarder connue loi que ce qui serait adopté par eux. Si le duc de Guise eût voulu le bien de l'Etat, il eût pu faire ce cbangement, mais il ne voulait qu'avilir Henri III , et flatter le parlement dont il croyait avoir besoin.

BOIS-GUILLEBERT(i).

Bois-Guillebert n'était pas un écrivain mépri- (i) Voltaire, tome XXI , p. 221.

sable. On trouve dans sesonvrao^es des idées sin l'administration et sur le commerce, fort supérieures à celles de son siècle. Il avait deviné une partie des vrais principes de l'économie politique. Mais ces vérités étaient mêlées avec beaucoup d'erreurs. Son style, qui a quelquefois de la force et de la cbaleur, est souvent obscur et incorrect. On peut le comparer aux cliimistes du même temps. Plusieurs eurent du génie, firent des découvertes; mais la science n'existait pas encore, et ils laissèrent à d'autres l'bonneur de la créer.

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