BILLETS
Le crédit des billets ne peut être fondé que sur la confiance qu'ils peuvent, à volonté, être échangés pour de l'argent; et cette confiance est fondée sur celle (jue la banque dont ils partent est en état de payer à chaque instant ceux qui seraient présentés. La confiance est donc précaire, lorsque la masse de ces billets surpasse la somme que cette banque peut rassemhler en peu de temps. Les billets sont aux emprunts poiu- les Étals, ce que les billets à vue sont aux
; i) VoUairt-, tome XXIX , p. iia.
(2) Voltaire, lonie XXI, p. 237.
contrats ou aux billets ordinaires des particuliers. Vous pouvez prêter à un homme une somme à peu près éfjuivalente à sa fortune; vous ne prendrez, au lieu d'argent comptant, un billet sur lui que jusqu'à la concurrence de la somme que vous croyez qu'il pourra rassembler, au moment de votre demande. Ces billets sont utiles, i^ parce qu'ils procurent à un Etat une somme égale à leur valeur dont il ne paye point l'intérêt, et qu'il est sûr de ne jamais rembourseï-, tant que la confiance durera. i° Ils servent nécessairement, en diminuant la nécessité des transports d'argent, à diminuer les frais de banque pour l'Etat comme pour les particuliers, et à faire baisser le taux de ces frais. Mais ils ont un grand désavantage, celui de mettre la foi publique , les fonds de l'Etat , la fortune des particuliers à la merci de l'opinion d'un moment. Ainsi , dans un gouvernement éclairé et sage , on n'en aurait jamais que ce qui est nécessaire pour la facilité du commerce et des affaires particulières.