‹ Œuvres. Publiées (volume 5)Chapitre 71 sur 80 · PLANTEURS DE SAINT-DOMINGUE · texte numérisé non relu

PLANTEURS DE SAINT-DOMINGUE

DANS L ASSEMBLEE KATIONALE.

Prefession de foi du député d'une Profession de foi d'un planteur, nation libre.

La liberté est un droit que tout homme tient de la nature, et dont la société ne peut légitimement priver à perpétuité aucun individu, s'il n'est convaincu d'un crime contre lequel cette peine ait été prononcée.

La liberté n'est pas un droit que les hommes tiennent de la nature; et la société peut légitimement réduire des hommes à l'esclavage, pourvu qu'il en revienne du profit à quelquesuns de ses membres.

Toute atteinte portée à un L'intérêt pécuniaire, s'il est

des droits natiuels des hommes un peu considérable, peut légiest un crime, que l'intérêt pé- timer toutes les atteintes por-

48o SUR l'admission des D]5pUT^S , ETC.

cuiiiairo de ceux qui l'ont eom- trcs aux droits des hommes, les mis ue peut excuser. traitements barbares et même le

meurtre.

La propriété doit être sacrée, La société a le droit de foret la société n'a pas le droit de cer une classe d'hommes à tras'emparer arbitrairement de vailler pour le profit d'ime autre celle d'aucun individu. classe.

Un homme ne peut être la Un homme peut être la propropriété d'un autre homme, et, priété d'un autre homme, et, par conséquent , le despotisme par conséquent, le despotisme asiatique est contraire à la rai- asiatique n'est contraire ni à la son et à la justice. raison ni à la justice.

Tous les citoyens doivent être La loi peut tolérer, dans une également soumis aux lois et classe de citoyens, les violences protégés par elles. et les crimes qu'elle punit avec

sévérité dans une autre.

Tout homme est obligé de On n'est obligé d'être juste

conformer sa conduite à la jus- qu'autant que la justice est d'ac-

tice, même contre son intérêt , cord avec notre intérêt, et il est

et il serait infâme de vendre la très-permis de sacrifier la li-

liberté des autres hommes pour berté des autres hommes à sa

une somme d'argent. fortune.

Il suffit de compaier ces deux professions de foi

SUR l"ai).missu)i\ «i:s uéputls, trc. /|8ï

pour prononcer sur l'admission des députés des colonies. On serait tenté plutôt de désirer une loi qui exclût à l'avenir, de l'assemblée nationale , tout homme qui, ayant des esclaves, ou se trouvant le mari d'une femme qui en possède, est intéressé à soutenir des principes contraires aux droits naturels des hommes, seul but de toute association politique.

Cette loi fut proposée au congrès des États-L'nis; mais la crainte d'aliéner quelques États, où les propriétaires d'esclaves sont le plus grand nombre, empêcha de la sanctionner. Le même motif n'a pas lieu ici. Nos planteurs ne sont qu'une tiès-petite partie de la nation , et celte exclusion aurait l'avantage de dégoûter de ce genre de propriétés les hommes que leur naissance, leur état devrait éloigner d'une source de richesses souillée de sang et de larmes, alimentée par des crimes qui révoltent l'honneur autant que la nature.

Mais si une telle loi est contraire aux droits des citoyens, qui ne doivent pas être gênés dans le choix de leurs représentants, qui doivent être libres de choisir un planteur, dès qu'ils croient que son intérêt et son honneur suffiront pour qu'il ne rejette, pour les blancs en Europe, les principes qu'il adopte pour les noirs en Amérique , du moins esL-il constant que toute classe d'hommes, professant nécessairement des principes contraires au droit natuiel , doit être privée de l'exercice du droit de cité.

Dans le premier cas, les électeurs reconnaissant eux-mêmes les principes du droit naturel, chargeant tel individu qu'il leur plaît de voter suivant ces prin-

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