IV
i" Que l'acide marin volatil précipite l'argent en lune cornée comme l'acide marin ordinaire, tandis que l'air lixe, dans les mêmes circonstances, n'occasionne pas la moindre précipitation;
a*' Que l'acide marin forme avec l'alcali fixe un vrai sel fébrifuge de Silvius, tandis que l'air fixe combiné avec le même alcali ne produit qu'un alcali concret cristallisable, faisant effervescence avec les acides;
3° Que l'acide marin volatil, loin de précipiter l'eau de chaux, redissout, au contraire, la chaux qui a été précipitée par l'air fixe;
li° Enfin que, loin de former avec la chaux, comme l'air fixe, une véritable craie, c'est-à-dire une substance insoluble dans l'eau, l'acide marin volatil forme, au contraire, avec la chaux un sel neutre déliquescent.
Quelque confiance que nous fussions portés à prendre dans les expériences de M. le duc de Ghaulnes, parce qu'elles s'accordaient parfaitement avec celles de M. Priestley et avec toutes les idées reçues, nous avons cru devoir répéter les principales.
Nous nous sommes assurés, par des expériences dont nous supprimons les détails, que l'acide marin volatil n'était autre chose que l'air marin de M. Priestley, c'est-à-dire de l'acide marin dans l'état de vapeur; que, dans cet état, il conservait toutes ses propriétés d'acide marin; qu'il donnait les mêmes résultats que lui dans les combinaisons, et qu'il formait avec les terres calcaires des sels déliquescents, à la différence de l'air fixe, qui forme par la même combinaison, des sels insolubles, s'il est permis de se servir de cette expression.
Une partie des expériences sur lesquelles sont fondées ces vérités ont été faites dans la salle même de l'Académie, à la suite de ses séances et en présence de plusieurs de ses membres; nous offrons de les répéter autant de fois que l'Académie le jugera à propos, et nous désirons même que ce soit avec M. Sage. En attendant, nous croyons pouvoir conclure, avec M. le duc de Ghaulnes, qu'il n'y a rien de commun entre l'acide marin volatil et la substance désignée sous le nom d'air Jiœe, sinon la qualité acide qu'ils ont l'un et Tàutre; qu'au surplus ces deux substances n'ont pas plus de rapport entre elles qu'un acide à un autre
acide, que l'acide marin, par exemple, à l'acide nitreux. INous pensons, en conséquence, que le mémoire de M. le duc de Chaulnes mérite d'être imprimé dans le recueil des Mémoires présentés à l'Académie, comme contenant des vérités neuves et comme ayant contribué à détruire une erreur qu'il était important de ne pas laisser accréditer.