‹ Œuvres. publiées par les soins de Son Excellence, le Ministre de l'instruction publique et des cultesChapitre 122 sur 347 · SUR L'HISTOIRE NATURELLE DU VIMEUX ET DE L'AMIENNOIS · texte numérisé non relu

SUR L'HISTOIRE NATURELLE DU VIMEUX ET DE L'AMIENNOIS

l'eau ; alors elles coulent du côté où elles y sont déterminées par l'inclinaison du banc et vont sortir, à des hauteurs plus ou moins grandes, dans les vallées, oi!i elles forment des fontaines.

Ce n'est pas que les rivières ne s'infiltrent réellement à travers les terres et qu'elles ne forment à quelque distance des nappes d'eau souterraines, mais il est rare que les puits descendent jusqu'à ce niveau, surtout lorsqu'ils sont situés à quelque distance de la rivière; et l'on sent d'ailleurs qu'en admettant ces nappes elles n'expliqueront pas la formation des sources qui, pour l'ordinaire, sont fort élevées au-dessus du niveau des rivières, et qui ne s'y rendent le plus souvent qu'après un trajet fort long.

M. Sellier prétend encore qu'on trouve quelquefois, dans la craie, des silex qui paraissent avoir été roulés par les eaux de la mer. Ce fait ne s'accorde point avec nos observations, et nous ne croyons pas qu'on ait jamais observé, dans l'intérieur des masses de craie de la Champagne ou de la Picardie, de véritables cailloux roulés, et nous pensons qu'il ne pourrait s'en trouver que par des circonstances accidentelles dont on ne doit pas faire une loi générale.

Quoi qu'il en soit, le mémoire de M. Sellier contient des observations intéressantes, et l'Académie ne peut que louer le zèle qui le porte à s'appliquer à l'histoire naturelle, après avoir cultivé des sciences d'un autre genre; mais nous croyons en même temps qu'elle doit l'engager à multiplier de plus en plus ses observations, à rassembler des faits, afin de donner encore une base plus solide aux généralités qu'il en conclut.

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