‹ Œuvres. publiées par les soins de Son Excellence, le Ministre de l'instruction publique et des cultesChapitre 121 sur 347 · DU VIMEUX ET DE L'AMIENNOIS · texte numérisé non relu

DU VIMEUX ET DE L'AMIENNOIS

Du 4 septembre 1776.

L'Académie nous a chargés, M. Desraarets et moi, de lui rendre compte d'un mémoire intitulé : Histoire naturelle du Vimeux et d'une partie de l'Amiennois, par M. Sellier, de l'académie d'Amiens.

Après une description géographique très-courte du pays qui fait l'objet de ce mémoire, M. Sellier essaye de donner une idée de la composition intérieure du terrain. Le Vimeux et l'Amiennois ne sont, suivant lui, qu'un grand plateau composé de craie et de terres crayeuses; ce plateau est élevé de deux à trois cents pieds au-dessus du niveau de la mer; c'est à travers cette masse que sont creusés les puits, et M. Sellier prétend qu'on est obligé partout de descendre, pour trouver l'eau, jusqu'au niveau d'une nappe horizontale, ou à peu près telle, qu'il suppose exister au niveau des rivières voisines.

Cette craie, en des endroits, ne contient point de silex; dans d'autres, elle est coupée par de petites couches siliceuses minces; quelquefois, et le plus souvent, les silex sont très-irrégulièrement distribués dans la masse de craie; d'autres fois aussi ils forment par leur juxtaposition des bancs presque continus. Cette craie contient des cornes d'Ammon et d'autres coquilles fossiles, mais rarement et en petite quantité.

Le haut du plateau est recouvert de terre végétale assez fertile en général, rouge, argileuse par places, dans laquelle on trouve quel-

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quefois beaucoup de silex de même nature que ceux qui se rencontrent dans la craie, et dans laquelle aussi quelquefois on n'en rencontre aucun.

Les vallées profondes, telles que celles où coulent les grandes rivières, sont, dans presque toute leur étendue, garnies d'une couche épaisse de tourbe; cette substance repose sur une matière marneuse et crétacée au-dessous de laquelle on trouve du sable et des cailloux roulés.

M. Sellier décrit ensuite les rivières navigables du Vimeux et de l'Amiennois, et û indique les moyens de reculer beaucoup plus loin les bornes de la navigation à l'égard de quelques petites rivières.

Après avoir décrit le sol et indiqué les productions minérales, M. Sellier traite successivement, en différents articles, de l'eau, des maladies particulières à la province qu'il décrit, de l'agriculture, des arts, du commerce et de l'industrie. Nous n'entrerons pas dans de grands détads sur cette partie du mémoire de M. Sellier, parce qu'elle est étrangère aux objets dont s'occupe l'Académie; nous nous contenterons en conséquence d'ajouter quelques réflexions sur différents passages de son mémoire; nous les puiserons dans les détails que l'un de nous a été à portée de prendre dans la province même que décrit M. Sellier et sur les renseignements qu'il a rassemblés sur les lieux.

M. Sellier prétend que les eaux de la Somme, de la Selle et de la Bresle, fdtrant à travers les bancs de pierres calcaires ou de craie, forment une nappe d'eau souterraine terminée par ces trois rivières et par la mer. Cette opinion nous paraît démentie par nombre d'observations : d y a, dans le Vimeux et l'Amiennois, des puits qui n'ont que 900 pieds de profondeur à partir du niveau du haut du plateau, tandis que d'autres ont jusqu'à 3 et /loo pieds. L'eau n'est donc pas fournie dans tous par une nappe d'eau au même niveau; mais ce qui est plus vraisemblable, ce qui cadre mieux avec les observations, c'est que les eaux de pluie pénètrent et s'infdtrent à travers les pierres crayeuses jusqu'à ce qu'elles soient arrêtées par une matière plus compacte, telle que la glaise, ou même par un banc de craie moins pénétrable par

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