‹ Œuvres. publiées par les soins de Son Excellence, le Ministre de l'instruction publique et des cultesChapitre 143 sur 347 · RAPPORT SUR LA PRODUCTION DE L'ALCALI VOLATIL · texte numérisé non relu

RAPPORT SUR LA PRODUCTION DE L'ALCALI VOLATIL

On sait que les corps les plus fixes passent en partie dans la distillation, surtout à l'aide de l'eau. M. Duhamel a démontré qu'en distillant de l'acide nitreux sur de la terre calcaire, une portion notable de cette dernière était emportée. M. Berthollet, dans un des mémoires qu'il a présentés à l'Académie, annonce avoir obtenu un résultat semblable à celui de M. Duhamel ; enfin il a prouvé qu'à l'aide de l'acide nitreux et de l'eau, le zinc et le plomb pourraient passer en partie dans la distillation, et il s'est prévalu de ces expériences pour attaquer la doctrine de M. Priestley. Il est possible, d'après cela, ou plutôt il est probable que la même chose arrive à l'alcali fixe; qu'une petite portion est susceptible de passer avec l'eau dans la distillation. On ne doit donc pas être surpris que la liqueur du récipient verdisse le sirop de violettes, et qu'elle donne des signes d'alcalinité. Il est vrai que cette liqueur précipite en blanc la dissolution du sublimé corrosif, caractère qu'on sait appartenir à l'alcali volatil; mais cette preuve ne nous paraît ni assez directe, ni assez positive. Il est possible que l'alcali fixe, dans certains états, précipite en blanc le mercure, et ce n'est pas par de simples analogies qu'on doit démontrer des vérités d'une aussi grande importance, quand il existe surtout des moyens presque aussi simples de parvenir au même but d'une façon démonstrative.

Nous n'entrerons ici dans aucun détail sur la suite d'expériences que contient le mémoire, à l'égard de la décomposition par le feu des savons à base terreuse et à base alcaline, sur les cas où l'on obtient de l'acide, et sur ceux oij l'on obtient de l'alcali volatd. Ces expériences sont intéressantes et bien faites; mais les explications que l'auteur en donne, supposant toujours la conversion de l'alcali fixe en alcali volatil, son travail ne nous paraît pas porter sur une base assez solide.

Nous lui conseillons, en conséquence, de différer la publication de son mémoire jusqu'à ce qu'il ait démontré l'existence de l'alcali volatil, dans ses produits, par sa combinaison avec les acides, par sa conversion en gaz alcalin, etc. Alors son travail, porté au degré de perfection dont il est susceptible, deviendra infiniment précieux pour la chimie,

et M. BerthoUet réunira le mérite d'avoir attaqué à la fois les deux parties, peut-être les plus difficiles de la chimie : l'analyse des acides et celle des alcalis. Nous regrettons, au surplus, que le temps ne nous ait pas permis de répéter les expériences de M. Berthollet, et de dissiper les doutes que nous venons d'énoncer.

RAPPORT SLR LES PRECIPITES MARTIAUX. 309

RAPPORT

SUR

LES PRECIPITES MARTIAUX.

Du 1 1 mars 1778.

L'Académie nous a chargés, M. Macquer et moi, d'examiner un second mémoire de M. de Fourcroy sur les précipités martiaux obtenus par les substances alcalines caustiques et non caustiques.

M. de Fourcroy avait déjà fait voir, dans un premier mémoire, que, lorsqu'on précipitait une dissolution martiale par un alcali volatil non caustique, il s'opérait deux décompositions et deux recompositions; que, d'une part, l'acide s'unissait à l'alcali volatil pour en faire un sel ammoniacal, et que, de l'autre, le gaz ou air fixe s'unissait au fer pour le constituer dans l'état de safran de Mars ou de chaux; que lorsque, au contraire, on opérait avec de l'alcali volatil caustique, le fer, ne trouvant point de principe qui pût s'unir avec lui, se précipitait dans l'état de métal pur et attirable à l'aimant.

M. de Fourcroy a cru devoir compléter entièrement ce travail, et faire, avec toutes les substances alcalines caustiques et non caustiques, les mêmes expériences qu'il avait faites avec l'alcali volatil.

Sans entrer dans le détail de toutes les expériences contenues dans son mémoire, et qui sont en très-grand nombre, nous dirons que, en général , il en résulte que tous les précipités faits par l'alcali fixe non caustique et par la craie sont beaucoup plus pesants, d'un jaune beaucoup plus clair, que ceux faits par l'alcali fixe caustique et par la chaux; que ces derniers, au contraire, sont bruns, et qu'une petite portion

même de ceux obtenus par l'alcali fixe sont dans l'état métaHi(jue et attiiables par l'aimant.

Les conséquences que M. de Fourcroy tire de ces expériences sont à peu près les mêmes que celles qu'il avait exposées dans son premier mémoiie, et nous nous dispenserons de les répéter.

Nous concluons que ce second mémoire ne peut que confirmer l'idée avantageuse que l'Académie avait prise des connaissances de M. de Fourcroy, de son aptitude pour les expériences et de son talent pour la rédaction, et (|u'il mérite, comme le premier, d'être imprimé dans le recueil des mémoires présentés à l'Académie par des savants étrangers.

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