‹ Œuvres. publiées par les soins de Son Excellence, le Ministre de l'instruction publique et des cultesChapitre 164 sur 347 · RAPPORT SUR LA TERRE QUI SERT DE RASE AU SEL D'EPSOM · texte numérisé non relu

RAPPORT SUR LA TERRE QUI SERT DE RASE AU SEL D'EPSOM

des mémoires de M. Monnet, et dans quelques autres ouvrages de chimie moderne.

M. Quatremère, en reprenant ce travail et en essayant d'y ajouter de nouvelles connaissances, fait voir d'abord que le sel qui se vend à Paris sous le nom de sel d'Epsom d'Angleterre est bien éloigné d'être pur; qu'il est formé, au contraire, par le mélange de différents sels, et qu'il contient, i° un sel vitrioiiquc à base de magnésie, qui est le vrai sel d'Epsom; 2° du sel marin à base de magnésie; 3** enfin du sel marin à base terreuse ordinaire.

Lorsqu'on précipite, par l'alcali volatil végétal, la terre qui sert de base à ces différents sels, la magnésie qu'on obtient ne saurait être pure, et elle doit nécessairement contenir un mélange plus ou moins considérable de terre calcaire ordinaire.

Il est assez probable que la plupart des chimistes qui ont travaillé

sur cette matière n'avaient entre les mains qu'une magnésie de cette

• espèce, et c'est la raison, sans doute, pour laquelle ils ont obtenu

des sels incristallisables, par la combinaison de cette terre avec l'acide

nitreux et l'acide marin.

Deux circonstances heureuses ont procuré à M. Quatremère de la magnésie très-pure. Il a tenté, dans une de ses expériences, pour décomposer le sel d'Epsom du commerce, de substituer à l'alcali végétal les cristaux de soude, et il en a employé moins qu'il n'était nécessaire pour décomposer la totalité de son sel : la terre magnésienne s'est précipitée la première, et il l'a obtenue très-pure. La terre calcaire au contraire est restée unie avec l'acide marin, et ne s'est point précipitée.

La magnésie, dans cet état de pureté, ne fournit plus avec l'acide nitreux et avec l'acide marin des sels incristallisables et déliquescents, comme l'ont éprouvé MM. Black et Monnet. M. Quatremère a obtenu, au contraire, avec l'acide nitreux, un beau sel parfaitement blanc, en aiguilles fines à six faces, de trois à quatre lignes de longueur, coupées à vive-arête par leur extrémité. Ce sel n'attire point l'humidité de l'air; il fuse à peine sur les charbons; il y perd son acide, et l'on re-

trouve ensuite la magnésie dans le môme état de pureté où on l'avait employée.

La combinaison de l'acide marin avec la magnésie pure a également donné à M. Quatremère un sel très-blanc, qui cristallise en rhomboïdes parfaits, tronqués sur un de leurs angles : ce sel n'attire point l'humidité de l'air. 11 s'en trouve environ un quart de tout formé dans le sel qu'on vend dans le commerce, à Paris, sous le nom de sel d'Epsom, au moins dans celui que M. Quatremère a employé.

Une observation , faite à l'Académie, lors de la lecture de ce mémoire, a donné lieu à M. Quatremère d'y ajouter un supplément. M. Baume lui avait objecté que la circonstance de cristalliser en cristaux constants et réguliers ne suffisait pas pour établir un caractère distinctif entre le sel marin à base terreuse ordinaire, et celui à base de magnésie, par la raison que le premier de ces deux sels avait la propriété de cristalliser comme le second; ce qu'il a offert de prouver; et, en effet, M. Baume a apporté, à la séance suivante, de très-beaux cristaux d'un, sel qu'il a annoncé être du sel marin à base terreuse ordinaire, tiré des eaux mères des salines de Lorraine. M. Quatremère a répondu à l'objection de M. Baume en faisant voir que le sel marin que ce chimiste avait présenté comme à base de terre calcaire ordinaire était à base de magnésie; et que c'était par cette raison qu'il cristallisait. Plusieurs chimistes de l'Académie qui ont fait quelques expériences sur le même sel ont reconnu également qu'il était à base de terre magnésienne.

M. Quatremère annonce, dans cette seconde partie de son mémoire, que le sel marin à base de magnésie a la propriété de décomposer la sélénite et d'en précipiter là terre calcaire. Nous nous croyons fondés à douter que cette décomposition ait lieu quand les deux dissolutions sont parfaitement saturées, et nous invitons, en conséquence, M. Quatremère à répéter cette expérience avec soin; nous aurions désiré que le temps nous eût permis de nous en occuper nous-mêmes.

Ce mémoire de M. Quatremère, qui confirme l'opinion des chimistes sur la distinction à maintenir entre la magnésie du nitre et celle du

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