‹ Œuvres. publiées par les soins de Son Excellence, le Ministre de l'instruction publique et des cultesChapitre 185 sur 347 · LE BAROMÈTRE DE M. LE CHANGEUX · texte numérisé non relu

LE BAROMÈTRE DE M. LE CHANGEUX

Du Ix septembre 1782.

L'Académie nous a chargés, M.Brisson et moi, de lui rendre compte de quelques perfections nouvelles que M. Le Ghangeux propose d'ajouter au baromètre simple.

La première a pour objet d'obvier au changement de hauteur de la ligne de niveau. Dans cette vue, M. Le Ghangeux ajoute à la cuvette un appendice ou tuyau collatéral, destiné à recevoir le mercure dans les abaissements du baromètre, mais quelques instants de réflexion suffiront pour faire sentir que cette addition ne remplit pas son objet. En effet, ou le tube collatéral sera incliné en bas, ou il sera de niveau, ou enfin il sera incliné en haut. Dans le premier cas, il pourra bien servir à dégorger le mercure, mais l'inclinaison du tube n'en permettra plus le retour, et la hgne de niveau baissera quand le baromètre montera.

Dans les deux autres cas, l'appendice ou tube collatéral ne pourra être considéré que comme un prolongement faisant partie du réservoir ou cuvette; dès lors il est évident que la proposition de M. Le Ghangeux se réduit à augmenter d'une très-petite quantité la grandeur de la cuvette. La ligne de niveau ne sera pas, par conséquent, plus constante que dans les baromètres à cuvette ordinaire : il est sensible d'ailleurs que l'addition d'un appendice, considéré comme moyen d'augmenter la grandeur de la cuvette, est le moins sinq^le et le moins commode de tous ceux qu'on peut employer.

RAPPORT SUR UN BAROMÈTRE. 403

La seconde invention de l'auteur consiste à ajouter au haut du tube d'un baromètre à siphon, construit à peu près comme celui de M. Deluc, un appendice ou tuyau collatéral incliné en bas. Il est constant que, si l'on descend ce baromètre dans un puits lorsque la surface du mercure aura atteint le niveau de l'appendice, il y coulera, et l'on pourra juger de la hauteur à laquelle le mercure serait monté par la quantité de mercure épanché dans l'appendice; mais cette méthode a l'inconvénient d'exiger un calcul, simple à la vérité, mais embarrassant cependant pour la plupart de ceux qui sont dans le cas de faire usage du baromètre; car, au moyen de ce que le mercure épanché dans l'appendice ne fait plus partie de la colonne contenue dans le baromètre et que sa longueur se trouve diminuée d'autant, il y a à chaque instant une correction à faire dans la hauteur du baromètre, pour le rendre comparable à lui-même, et la quantité de mercure qui se trouve dans l'appendice n'exprime pas exactement la hauteur à laquelle le mercure serait monté dans le tube, s'il n'eût pas été détourné dans l'appendice. Mais, en supposant qu'on pût détruire cette objection, on ne voit pas de quel usage peut être un baromètre destiné à être descendu dans des profondeurs inaccessibles : en effet, si c'est l'observateur qui l'y descend ou plutôt qui y descend avec lui, il est plus simple qu'il l'observe en même temps; s'il le descend au contraire avec une corde, la manière la plus naturelle de déterminer la profondeur est de mesurer la corde elle-même, et il n'est pas besoin de baromètre pour cela.

L'addition proposée par M. Le Ghangeux est donc d'une part susceptible d'inconvénient, et de l'autre elle est sans objet.

Enfin il propose d'ajouter un semblable appendice au bas du baromètre pour mesurer les hauteurs inaccessibles. Mais nous observerons également, à cet égard, que les hauteurs inaccessibles pour les hommes le sont aussi pour les baromètres; que, d'ailleurs, la quantité de mercure épanchée dans l'appendice change la longueur de la colonne, comme nous venons de l'observer, et qu'il en résulte une correction embarrassante à faire à la hauteur du baromètre.

Nous pensons, d'après ces considérations, que le Mémoire de M. Le Ghangeux ne mérite point l'approbation de l'Académie.

NOTE'

On ne pouvait pas prévoir, à l'époque ovi ce rapport a été fait, qu'on acquerrait, peu de temps après, des moyens d'élever des baromètres à des hauteurs fort supérieures à celles auxquelles les hommes peuvenJt espérer de parvenir. C'est, cependant, ce qui résulte de l'invention des ballons. Un baromètre qu'on élèverait à ballon perdu, jusque dans les régions les plus élevées de l'atmosphère, et qui rapporterait avec lui la preuve de la hauteur jusqu'à laquelle il se serait élevé, pourrait être utile, surtout si l'on employait en même temps des opérations géométriques, faites par plusieurs observateurs, pour déterminer la plus grande hauteur à laquelle il serait parvenu.

C'est donc une circonstance à ajouter à celles dans lesquelles le baromètre à appendice peut devenir utile, et c'est une modification que nous avons cru juste et nécessaire d'apporter à notre rapport du Il septembre 1782.

' Cette note, sans date, est de la main à la suite du rapport du U septembre 1782. de Lavoisier, comme le rapport, et elle a [Note de l'éditeur.) pour titre : Note qu'on propose de transcrire

Du 4 septembre 1782.

MM. de Miliy, Lavoisier et de Foucliy, font ie rapport d'un mémoire de M. Léger, relatif à des mèches préparées d'une manière particulière. Elles réunissent plusieurs avantages, dont toutes les classes de la société peuvent tirer parti, mais qui méritent surtout d'être signalés en ce sens qu'ils intéressent plus directement la classe des citoyens la moins riche, dont on s'occupe trop rarement.

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