‹ Œuvres. publiées par les soins de Son Excellence, le Ministre de l'instruction publique et des cultesChapitre 19 sur 347 · EN AUVERGNE · texte numérisé non relu

EN AUVERGNE

Nous avons été nommés par l'Académie, M. de Montigny, M. Fougeroux et moi, pour examiner différentes pierres de Riom, en Auvergne, envoyées par M. Dutour, avec une notice contenant quelques réflexions relatives à leur nature.

Les observations qui résultent de l'examen de ces pierres et de la notice qui y est jointe nous paraissent se réduire à trois : la première consiste en différentes empreintes de feuilles que M. Dutour a remarquées sur des lames de tripoli, de la carrière de Menac, en Auvergne; ces empreintes sont assez bien marquées, et les végétaux dont elles présentent les fragments paraîtraient appartenir à la classe des arbres. Du reste, il est difficile de déterminer précisément à quel genre on doit les rapporter, si elles sont indigènes ou exotiques. Il nous a paru seulement que ces empreintes différaient de celles qui se trouvent communément dans les premiers bancs de charbon de terre.

Quoique ce fait ne soit pas absolument neuf, puisque M. Ludwig et M. Gardeil ont même été jusqu'à prétendre que le tripoli était en tout ou en partie formé par des substances végétales, et que M. Guettard et M. Fougeroux aient fait mention de ce même fait dans les mémoires qu'ils ont donnés sur cette matière en lyôB et 1769, cependant, comme

les naturalistes ne sont point encore entièrement d'accord entre eux sur la nature et sur la formation du tripoli, on ne peut que savoir gré à M. Dutour d'avoir rassemblé des faits propres à jeter quelque jour sur cette matière, et nous concluons à ce qu'il en soit fait mention dans l'histoire de l'Académie. Nous croyons en même temps qu'il ne sera pas hors de propos d'y ajouter que les échantillons de pierres envoyées par M. Dutour sous le nom de tripoli ne sont autre chose que des schistes durs, tels qu'on en trouve en beaucoup d'endroits.

La seconde observation de M. Dutour a pour objet deux pierres assez semblables en apparence et qui ne sont autre chose que des espèces de laves poreuses, l'une est de Volvic , l'autre vient d'une tuilerie, La ressemblance de ces deux pierres pourrait porter à croire que c'est la même matière en fusion qui a formé l'une et l'autre. M. Dutour présume d'après cela que les laves de Volvic ont été formées par des argiles fondues par le feu du volcan. Ce fait ne nous paraît pas assez bien établi pour qu'il doive en être fait mention dans l'Histoire de l'Académie. 11 est possible en effet qu'il se soit trouvé, dans le fourneau dans lequel la tuile a été cuite, quelque terre ou pierre fort différente de l'argile , qui, par sa fusion ou sa combinaison, ait formé l'espèce de lave dont il est question. Au reste, l'observation de M. Dutour contribuera toujours à faire voir qu'il est possible d'imiter parfaitement la nature dans les productions des volcans.

Enfin M. Dutour termine sa notice par quelques réflexions sur des pierres branchues qui se rencontrent dans des espèces de tuf, il les regarde comme différents noyaux d'une masse ou rocher de pierre calcaire qui s'est détruit.

Comme M. Dutour s'est étendu d'une manière particulière sur ces sortes de pierres dans un mémoire imprimé parmi ceux présentés à l'Académie, nous croyons être dispensés d'entrer dans aucun détail à ce sujet et nous nous contenterons de renvoyer à son mémoire.

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