‹ Œuvres. publiées par les soins de Son Excellence, le Ministre de l'instruction publique et des cultesChapitre 20 sur 347 · UN FAUTEUIL A L'USAGE DES MALADES · texte numérisé non relu

UN FAUTEUIL A L'USAGE DES MALADES

7 Février 1770.

Nous avons été chargés par l'Académie, M. Vaucanson et moi, de lui rendre compte d'un fauteuil à l'usage des gens âgés, infirmes ou convalescents, qui lui a été présenté par le sieur Ferry.

La mécanique de ce fauteuil a trois objets : premièrement de faire marcher le fauteuil à la volonté de celui qui y est assis;

Secondement, de baisser le dossier sous tel angle qu'on le juge à propos et de lui donner même une situation presque horizontale ;

Troisièmement, de prolonger le siège assez en avant pour soutenir les jambes du malade , dans le cas oii il voudrait faire un lit du fauteuil.

Le premier de ces trois objets est rempli au moyen de deux manivelles que le malade peut mouvoir lui-même. Elles communiquent chacune, à l'aide d'une bascule de renvoi, le mouvement à un engrenage qui fait mouvoir deux roues placées sous les deux pieds de derrière du fauteuil.

Le second objet est rempli au moyen d'un arc de cercle denté qui est mené par une mécanique presque semblable à celle dont on vient de parler.

Enfin le prolongement du siège se fait par le moyen d'un double châssis de fer qui sort de dessous le fauteuil. L'action qui le fait mouvoir est encore celle d'une manivelle.

Le mccaiiisiiie au moyen duquel l'un de ces châssis s'élève pour se mettre au niveau du siège est la partie de cette machine qui nous a paru la plus ingénieuse.

Lorsque le double châssis est sorti pour la plus grande partie de dessous le siège, le châssis supérieur se trouve arrêté par un frein, tandis que l'autre continue son mouvement. Cette circonstance oblige une espèce de chevalet qui se trouve entre les deux châssis, et qui est mobile entre chacun d'eux, à se lever, de sorte qu'à l'extrémité du mouvement le châssis supérieur se trouve écarté de l'inférieur de toute la hauteur du chevalet, ce qui le met précisément au niveau du siège.

Quoique cette mécanique ne soit pas absolument nouvelle puisqu'elle a beaucoup de rapport à celle qui sert à élever le parterre de l'Opéra pourrie mettre au niveau du théâtre, M. Ferry a le mérite d'en avoir fait ici une application ingénieuse. Nous l'exhortons cependant à simplifier son fauteuil, le plus qu'il lui sera possible, afin d'en diminuer le prix. Nous ne pouvons dissimuler que dans l'état actuel il ne fût trèsconsidérable; il serait bon aussi qu'il le rendît plus léger, et qu'il évitât le porte à faux considérable qu'occasionne le prolongement du siège. Au reste, nous devons à M. Ferry la justice de dire que son fauteuil remplit bien l'objet qu'il a eu en vue, et qu'il annonce dans l'auteur l'esprit d'invention et beaucoup d'adresse dans l'exécution.

Page 1