‹ Œuvres. publiées par les soins de Son Excellence, le Ministre de l'instruction publique et des cultesChapitre 204 sur 347 · LA FABRICATION DES GLACES · texte numérisé non relu

LA FABRICATION DES GLACES

Nous avons à rendre compte à l'Académie, M et moi, de

l'art des glaces coulées, présenté à l'Académie par M. Allut.

L'art de la vitrification en général est la base de l'art des glaces, et M. Allut, en conséquence, s'occupe, dans un premier chapitre, de la vitrification en général; il la considère comme une dissolution par le feu, et il regarde le verre comme le produit de cette dissolution.

Le verre, lorsqu'il est mis en fusion, doit être contenu dans des vases qui ne lui permettent pas de s'écouler, et ces vases se nomment creusets; ils doivent être moins vitrifiables que la matière qu'ils doivent contenir et on les fait, en conséquence, d'argile très-réfractaire. Les fours doivent être également construits de matières qui résistent le plus longtemps qu'il est possible à la plus gi'ande violence du feu. Ces deux objets importants forment le sujet des chapitres iv et v. M. Allut y traite de l'argile, de son choix, de la manière de la dégager des substances étrangères qu'elle contient, de son mélange avec le ciment, de la formation des creusets, de leur cuisson. Il donne les diflérentes manières de construire les fours, et, dans le chapitre vi, la description d'un nouveau four.

Si, après avoir construit les fours, on les échauffait brusquement, les parties les plus proches du feu, celles qui seraient échauffées les premières, prendraient d'abord leur retraite, les fourneaux se gerceraient, se déjetteraient de toutes parts et tomberaient bientôt en ruine.

/i/iO MEMOIRES DE LAVOISIER.

Pour prévenir ces accidents, on est obligé de les recuire, et cette opération exige des précautions particulières ; il est nécessaire que le feu soit augmenté successivement et par degrés, de manière que toute la masse s'échauffe graduellement. Si, après avoir donné un certain degré d'intensité au feu, on négligeait de l'entretenir, l'alternative de température nuirait encore à la solidité du four. Toutes ces précautions n'empêchent pas, cependant, qu'il ne se forme des gerçures dans l'intérieur du four, par la retraite de l'argile, et l'on est obligé de les remplir, lorsque le four est refroidi.

La cuisson des creusets n'est pas d'une moindre importance que celle du four, et M. Allut s'en occupe dans ce même chapitre.

Le chapitre vni traite principalement du choix du sable qui entre dans la préparation des glaces. Il doit être le plus blanc qu'il est possible, quartzeux et dépouillé de toute matière étrangère.

A l'égard de l'alcali, on préfère pour les glaces celui de la soude, et M. Allut donne, dans le chapitre ix, des détails sur la manière de l'extraire par voie de lixiviation.

Dans la combinaison qui se fait du sable et de l'alcali, pendant la fusion du verre, les différents sels neutres sont rejetés. Ils viennent nager à la surface et s'en vont en écume. Ce sont ces différents sels neutres qui sont désignés sous le nom de sel ou de fol de verre.

Les glaces sont formées d'environ deux parties de sable contre une d'alcali fixe; on y ajoute une petite quantité de chaux pour faciliter la dépuration et la séparation du sel du verre. La dose, en général, est entre ^ et ^ du poids total. Enfin on fait entrer dans la composition des glaces un peu d'azur et un peu de manganèse.

Autant qu'on le peut, on joint à chaque composition des cassons des fournées précédentes.

Le chapitre xiv traite du bois propre au tirage et de la manière de tirer. Le hêtre ou fayard est en général le bois qu'on préfère.

Le chapitre xv renferme tous les détails relatifs à la fusion du verre et à la coulée des glaces.

Tout le monde sait que c'est sur une grande table de cuivre que se

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