OBSERVATIONS FAITES AU HAVRE
Du i4 avril 1770-
Le temps ne nous ayant pas permis de prendre des hauteurs correspondantes le premier jour, nous nous sommes contentés de prendre le
midi à une méridienne qui passe pour exacte, mais que nous nous proposions de vérifier dans la suite par des hauteurs correspondantes. L'heure marquée par une pendule à secondes, bien réglée, appartenant à M. Prévost, horloger au Havre, ayant été comparée avec le midi donné par la méridienne, s'est trouvée retarder de 3™ i5'.
Nous nous étions préparés ce même jour à nous embarquer sur le premier bâtiment qui sortirait du port ou de nous rendre à bord de ceux qui pourraient se montrer en rade; mais il ne s'est trouvé ce jour-là aucune occasion de remplir notre objet.
Le soir nous nous sommes préparés à faire l'observation de la latitude au moment du passage de quelque étoile par le méridien , par le moyen du petit quart de cercle qui fait partie de l'instrument. Nos premières tentatives s'étaient tournées vers l'étoile polaire, mais nous avons reconnu qu'elle était trop élevée au-dessus de l'horizon pour pouvoir être observée commodément, et, qu'en général l'instrument ne pouvait servir pour toutes les hauteurs au delà de 5o degrés; en effet, au delà de ce degré, la distance qui se trouve entre le bout de la lunette et la tablette de bois qui porte l'instrument est trop peu considérable pour pouvoir y placer l'œil. On aurait pu à la rigueur observer le passage de Procyon; mais, comme cette étoile était encore fort élevée audessus de l'horizon, il existait pour elle une partie du même inconvénient. Nous avons pris en conséquence le parti d'attendre l'Épi de la Vierge, qui devait passer à 1 1'' 22"" du soir.
Le temps était calme et serein, et l'observation a été faite avec toute l'attention dont nous étions capables; nous croyons pouvoir assurer qu on peut compter sur son exactitude.