‹ Œuvres. publiées par les soins de Son Excellence, le Ministre de l'instruction publique et des cultesChapitre 24 sur 347 · POUR EN DÉTERHINER LA LATITUDE · texte numérisé non relu

POUR EN DÉTERHINER LA LATITUDE

lit avrii 1770.

Hauteur de i'Epi de la Vierge lors de son passage au méridien du côté du nord, observé avec la lunette ou petit quart de cercle joint à l'instrument de M. de Cassini, l'étoile étant précisément au point d'intersection des deux fils So" 92' 1 5 "

Réfraction " 1 36

3o 20 89 Quantité dont l'instrument baisse les astres . . -1- /< 11 3o

Hauteur vraie 30" 82' 9"

Déclinaison méridionale -+- 9 67 17

Elévation de l'équateur ko 99 26

Hauteur du pôle ou latitude Ag" 3o' 3ù"

Cette observation a été faite chez M. l'abbé Dicquemarre, dont les talents pour la physique et l'astronomie sont déjà connus du public.

Du i5 avril 1770.

Il n'est sorti aucun vaisseau pendant la journée à cause de la fête; il ne s'en est point non plus montré à la rade. Nous nous sommes informés avec soin s'il ne se trouvait point dans le port quelque vaisseau prêt à mettre à la voile. Nous avons appris que le capitaine Bachelay devait partir le lendemain pour Saint-Domingue, sur le vaisseau la Jeanne- Julie , du port de 200 tonneaux.

Du 16 avril 1770.

En conséquence nous avions fait tous nos préparatifs pour nous embarquer vers le midi, c'est-à-dire à l'heure de la pleine mer; mais

pendant la nuit du i 5 au 16, le vent avait absolument changé et le bâtiment ne put sortir du porl.

Toute la matinée, la mer a été couverte d'un brouillard épais, et le soleil n'a commencé à se montrer que vers une heure de l'aprèsmidi.

Vers les trois heures, on apercevait à la rade un vaisseau hollandais qui paraissait se disposer à mouiller. Comme le soleil se montrait par intervalle à travers les nuages, nous nous sommes embarqués sur-lechamp dans une chaloupe, mais avant que nous eussions joint le navire, le soleil était déjà couvert et il ne reparut plus du reste de la journée.

Du 17 avril 1770.

Le temps était presque serein dès le matin et tout semblait annoncer une belle journée; il soufflait seulement un vent un peu fort de l'ouest-nord-ouest. Le vaisseau que nous avions été joindre la veille était encore à la rade; nous nous sommes en conséquence embarqués pour le rejoindre de nouveau; mais le vent et la marée nous étaient directement contraires, de sorte qu'après avoir lutté longtemps avec le secours réuni des voiles et des rames il ne nous a pas été possible de doubler la jetée qui est à l'extrémité du port.

M. Lecomte, capitaine du vaisseau la Douce-Marie, du port de 2/10 tonneaux, et M. Cordier, ancien capitaine du vaisseau négrier le Jason, s'étaient joints à nous, de sorte que toutes les observations qui ont été faites pendant cette journée, pendant la suivante, ont été communes avec eux. Les circonstances nous ayant obligés de rentrer dans le port, nous avons trouvé à notre arrivée le passager du Havre à Honfleur qui se préparait à partir, nous y avons fait transporter nos instruments et nous nous sommes embarqués; nous nous étions munis d'une montre à secondes fort exacte, qui avait été mise à l'heure sur la pendule.

Il était environ midi lorsque nous sommes sortis du port. Cette heure, il est vrai, n'était pas très-favorable pour les opérations que nous méditions, puisque c'était précisément celle ou le soleil variait le

moins en hauteur; mais le temps, dont nous avions déjà plus d'une fois éprouvé l'inconstance, ne nous permettait pas de différer et nous n'aurions pu le faire sans risquer de manquer notre opération. La mer était assez calme et le vaisseau n'éprouvait qu'une médiocre agitation. Les premières épreuves n'ont pas été d'abord accompagnées d'un grand succès, les marins mêmes qui étaient avec nous paraissaient désespérer de l'opération.

Cependant, avec une attention plus suivie et un peu d'usage de l'instrument, nous sommes tous parvenus à prendre des hauteurs; nous allons les transcrire ici et les rapprocher en même temps de celles conclues par l'heure marquée par la montre.

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