‹ Œuvres. publiées par les soins de Son Excellence, le Ministre de l'instruction publique et des cultesChapitre 241 sur 347 · LA CONSTRUCTION DU BAROMÈTRE · texte numérisé non relu

LA CONSTRUCTION DU BAROMÈTRE

Du 2 avril 1791.

Nous avons à rendre compte à l'Académie, M. Le Roy et moi, d'an mémoire qui lui a été présenté par M. Assier Perica, ingénieur, constructeur d'instruments de physique.

L'objet de ce mémoire est de fixer l'attention des savants sur un grand nombre de précautions à prendre dans la construction des baromètres, précautions dont dépend leur exactitude.

Tous les physiciens savent combien il est difficile d'arriver au point d'obtenir plusieurs baromètres dont la marche soit parfaitement comparable. Les différences qu'on observe tiennent, suivant M. Perica, à deux causes principales qui agissent séparément, mais dont les effets se compliquent de manière à ne présenter aucune loi générale qu'on puisse soumettre au calcul ou déterminer d'avance : en sorte qu'on ne peut arriver à une précision rigoureuse sans avoir formé une table de correction particulière pour chaque baromètre. Les détails dans lesquels nous allons entrer feront disparaître ce que ce premier énoncé peut présenter d'obscur.

La manière de remplir les baromètres est une première cause des différences de hauteur à laquelle le mercure se soutient dans différents baromètres. Il est beaucoup plus difficile qu'on ne pense de purger parfaitement d'air et d'humidité la partie supérieure du tube destinée à demeurer vide. M. Perica prescrit à cet égard des précautions dont la saine physique indique le succès et dont une longue expérience lui en

fait connaître l'efficacité. Elles consistent, i° à n'employer que du mercure parfaitement pur; 2° à le faire bouillir dans des vases de verre à ce destinés, avant de l'employer; 3° à faire chauffer les tubes dans toute leur longueur sur des charbons ardents jusqu'au point où ils sont prêts à se ramollir; aies remplir de mercure bouillant; lorsqu'ils sont échauffés à ce point, à y faire bouillir le mercure jusqu'à trois fois.

Lorsque les tubes ont été remplis avec cette précaution, le mercure ne s'en détache pas quand on les retourne, et l'on est obligé de présenter à la pointe supérieure un charbon ardent et de souffler pour réduire en vapeur une petite portion de mercure, alors il se détache surle-champ et la colonne se met en équilibre avec celle de l'atmosphère.

Mais une autre cause des différences qu'on observe dans la marche des baromètres est l'effet que fait sur eux le changement de température. Quoique cette cause agisse sur tous d'une manière uniforme, elle produit des effets très-variés sur chacun en particulier. M. Perica observe à cet égard que les effets de la chaleur sur le baromètre se trouvent modifiés par trois causes : i** la dilatation du mercure, qui doit être la même dans tous les baromètres faits avec du mercure pur; 2" la dilatation du verre, qui se complique avec celle du mercure et qui varie en raison de la qualité du verre. M. Assier Perica aurait pu ajouter à ces deux causes d'incertitude l'effet thermométrique et hygrométrique de toute la monture du baromètre.

3° Enfin, pour peu qu'il reste un peu d'air, de vapeur ou d'humidité dans la partie vide du tube, l'effet qui produit la chaleur sur les vapeurs tend à faire baisser le mercure, tandis que la dilatation du mercure de la colonne tend à la faire monter, et les deux causes se compliquent encore d'une manière tout à fait irrégulière, au point même que les baromètres négligemment faits s'abaissent par l'augmentation de température au lieu de s'élever.

M. Assier Perica, auquel la pratique de son art a présenté toutes ces difficultés, en a conclu que le parti le plus sur était de déterminer par des expériences, faites sur chaque baromètre en particulier, l'influence de toutes ces causes d'erreur et de variation et d'en former des tables

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