‹ Œuvres. publiées par les soins de Son Excellence, le Ministre de l'instruction publique et des cultesChapitre 246 sur 347 · RAPPORT SUR LA VÉGÉTATION · texte numérisé non relu

RAPPORT SUR LA VÉGÉTATION

Du 7 mars 1792.

Nous avons à rendre compte à l'Académie, MM. Adanson, A. de Jussieu , Fourcroy et moi , d'un premier mémoire sur la végétation , lu à l'Académie par M. Seguin, dans sa séance du 29 février dernier. Ce mémoire et celui qui a été lu le même jour par M. Hassenfratz ayant excité des réclamations réciproques de la part de deux concurrents que l'Académie estime, et l'objet d'ailleurs étant d'une extrême importance, nous allons nous attacher à poser l'état de la question.

On a cru longtemps que le charbon qu'on retire des végétaux soit par la distillation, soit par une combustion incomplète, était un produit du feu. Aujourd'hui l'opinion la plus générale est que le charbon préexiste dans les végétaux avant la distillation et la combustion. La plupart des chimistes le regardent comme un être simple ou, au moins, qu'il n'a pas encore été possible de décomposer.

En admettant cette dernière opinion , il reste à déterminer quelle est la source dans laquelle les végétaux trouvent la grande abondance de charbon qui entre dans leur composition.

Il était naturel de soupçonner d'abord qu'ils la tirent de la terre végétale, de Y humus, du terrain et du fumier dans lesquels ils croissent; mais cette opinion présente une difficulté qui paraît insoluble , puisqu'il est constant que plusieurs plantes vivent dans de l'eau pure et dans de l'air, sans qu'aucune substance environnante semble pouvoir leur fournir du carbone.

M. Hassenfratz a entrepris de donner la solution de cette difficulté.

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