RAPPORT SUR LA VÉGÉTATION
Il a prétendu que, lorsque les plantes croissent dans de l'eau, il n'y a qu'un transport du carbone, contenu dans la graine, dans la racine, et en général dans l'élément de la plante, en sorte que, si l'on élève un chêne par exemple dans de l'eau , cet arbre cesse de croître et de vivre après un intervalle de temps qui est déterminé par l'extension que la matière charbonneuse contenue dans l'élément de la plante est susceptible de prendre. Si, alors, on soumet le chêne à l'analyse, il ne contient pas plus de charbon que n'en contenait le gland qui a servi à le former.
M. Seguin, dans les expériences qu'il a faites sur la nutrition des végétaux , sans présenter des expériences aussi directes , a été conduit à un résultat différent. Il pense que, de même qu'il se forme de l'acide carbonique, de l'air fixe, par la combustion des végétaux, de même il se décompose de l'acide carbonique dans leur formation. L'expérience que nous avons rapportée dans un précédent rapport vient à l'appui de cette opinion.
Si l'on brûle du bois ou une matière végétale quelconque sous une cloche remplie d'air vital, la substance végétale, en se combinant avec la base de l'air, se convertit en acide carbonique et en eau; mais si une substance végétale, plus de l'oxygène, forme de l'acide carbonique et de l'eau, il en résulte qu'en enlevant de l'oxygène à de l'acide carbonique et à de l'eau, on doit reformer une combinaison végétale, et, quoique l'art ne nous fournisse encore aucun moyen d'opérer cette mer veille, il n'est pas sans vraisemblance, et l'analogie porte à le croire, que c'est la marche que suit la nature pour la formation des végétaux.
Si les expériences de M. Seguin ne prouvent pas d'une manière directe la vérité de cette opinion, elles y ajoutent au moins quelques degrés de probabilité. Il fait voir que si l'on élève des plantes dans une eau dans laquelle on a fait dissoudre des matières salines, ou bien dans laquelle on a introduit des matières colorantes ou odorantes, la plante n'aspire que l'eau par ses racines et laisse toutes les matières étrangères; ni la couleur des fleurs ni leur odeur n'est changée par l'addition de ces substances.