L'HUILE DE PEPINS DE RAISIN
Le citoyen Charies-Marie Canales Oglon a sollicité l'armée dernière une somme sur les fonds destinés à l'encouragement des arts et de l'industrie, pour l'employer à élever en France une fabrique d'hude à brûler de pépins de raisins. Cette huile ne répand, suivant lui, ni odeur ni fumée, et donne une lumière aussi belle que la bougie.
Dans un premier rapport qui a été fait de cette demande, et dans la discussion qui l'a suivi, il a été observé que la proposition du citoyen Oglon ne présentait rien que de connu; que les procédés qu'il indiquait étaient pratiqués dans quelques parties de l'Italie et dans le Levant; qu'ils avaient été imprimés dans le Journal de physique de 1771, tomeP'', page 3o2 ; dans l' Avant-Coureur de la même année, page 726, et dans la feuille du Cultivateur, n*' 197, du 21 décembre 179t.
Cependant le bureau, par son arrêté du 20 septembre, considérant : cr qu'encore que les procédés qu'annonce Canales Oglon pour extraire rrde l'huile des pépins de raisin se trouvent consignés dans divers ff ouvrages; néanmoins cette méthode économique, qui se pratique avec r succès en Piémont, en Italie et dans tout le Levant, n'a point encore crété adoptée en France, et qu'il est intéressant de l'y accréditer par la ff voie efficace de l'exemple, est d'avis, conformément à la loi du 1 2 sepfrtembre 1791, qu'il soit accordé au citoyen Canales Oglon, et à titre cr d'encouragement, une somme de deux mille livres pour faire cette «année des essais en grand. Les commissaires demeurent toutefois «chargés de suivre avec soin les expériences dont il s'agit, afin que, sur «le rapport circonstancié qu'ils en feront au bureau, il soit par lui
6ZiO MÉMOIRES DE LAVOISIER.
cf statué, s'il y a lieu, sur les récompenses que pourra mériter le citoyen
crCanales Oglon-fl
Le vœu du bureau a été rempli; des expériences en grand ont été faites, et deux commissaires, les citoyens Serrières et Jumolin en ont été témoins; mais l'immaturité des raisins de cette année a empêché qu'elles n'eussent un succès complet : le dépenses ont été grandes et les produits médiocres. Le citoyen Ganales Oglon assure avoir dépensé une somme de 8,000 francs, et il demande avec instance que le bureau prononce définitivement sur la récompense à laquelle il croit avoir droit et sur laquelle le bureau s'est réservé de statuer.
D'après cet exposé, le bureau a à examiner, 1° jusqu'à quel point la loi lui permet de décerner des récompenses pour des objets publiquement établis à l'étranger et déjà connus en France par des ouvrages imprimés; 2° s'il n'est pas contraire à l'esprit de la loi d'employer à favoriser des établissements de fabrique les fonds destinés à récompenser les découvertes faites par les artistes; 3° enfin, s'il est permis au bureau de récompenser des projets de fabrique proposés, mais non encore réalisés.
Le bureau voudra bien, avant de prononcer sur ces questions, se faire relire les dispositions de la loi.
RAPPORT
SUR