‹ Œuvres. publiées par les soins de Son Excellence, le Ministre de l'instruction publique et des cultesChapitre 309 sur 347 · DE LA MATIERE PREMIERE DU PAPIER · texte numérisé non relu

DE LA MATIERE PREMIERE DU PAPIER

La refonte générale des assignats exigeant une fourniture immense de papier, il faut exclure de la fabrication toutes les matières premières qui ne sont pas extrêmement communes , toutes celles dont un emploi considérable occasionnerait ou la pénurie ou le renchérissement, toutes celles qui pourraient mettre la France dans la dépendance de l'étranger.

On ne peut d'après cela, du moins dans l'état actuel de nos connais sances, choisir qu'entre le chiffon blanc et le chiffon jaune ou écru, le chanvre et le lin écrus.

Le chiffon blanc a le mérite de la beauté : on est assuré d'en trouver en abondance, et d'ailleurs, en cas de disette ou de renchérissement, on peut se procurer à cet égard des ressources pour ainsi dire illimitées; mais en même temps il forme un papier moins solide que les trois matières que l'on vient de citer.

Il paraît qu'on est également assuré de trouver une quantité suffisante de chiffons écrus : les vieilles guêtres des habitants de la campagne, les vestes, les culottes, les sarraux de toile en fournissent abondamment. Le papier qu'ils fournissent n'est pas blanc, il est grisâtre; et peut-être conviendrait-il, si on l'emploie, de lui donner une petite teinte d'une couleur quelconque qui sauverait le désagrément de sa couleur naturelle.

Ce papier est meilleur que celui de chiffon blanc et moins sujet à l'usure par le frottement.

Le papier de chanvre réunit encore de plus grands avantages du côté de la solidité. Il existe dans le chanvre une partie glutineuse qui s'incorpore dans le papier qui en est fabriqué. Ce papier a quelque ressemblance avec le parchemin et la baudruche: il est demi-transparent, il est d'une extrêmement grande solidité, et on pense qu'il doit être préféré à tous autres, surtout pour les assignats de petites sommes qui

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