‹ Œuvres. publiées par les soins de Son Excellence, le Ministre de l'instruction publique et des cultesChapitre 330 sur 347 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

La première idée de la machine distillatoire dont il sera question dans cet écrit remonte à 1770. Il en fut d'abord exécuté différents modèles en petit et notamment un dans le mois de janvier 1778; enfin, peu de temps après, par les ordres de M. de Boynes, alors ministre de la marine, la machine fut exécutée à Paris en grand, à peu près dans les proportions de celle représentée dans les planches II, III et IV. Cette machine a été soumise alors à des épreuves multipliées, sous les yeux de plusieurs membres de l'Académie royale des sciences, de nombre de personnes distinguées par leurs connaissances et par leur rang^, et le succès en a été complet.

Il y a donc plus de six ans^ que cet ouvrage aurait pu être publié, si l'on

' Le manuscrit de ce mémoire est tout actuellement contrôleur général des finances;

entier de l'écriture de Lavoisier et porte en M. Trudaine, conseiller d'État, intendant

marge, de sa main : cf Donné une expédition des finances; M. Montigny; M, Macquet;

à M. Magalheus, le 17 mai 1775. Voir à M. Leroy; M. Lavoisier; M. Desmarets, et

ce sujet la note explicative qui accompagne plusieurs autres. {Note de l'auteur.) ce mémoire, page 767. {Note de l'éditeur.) ^ On écrivait ceci en 1776. {Note de l'au-

" M. Turgot, alors intendant de Limoges, leur.)

eût été moins jaloux de ne donner que des résultats certains, fondés sur la théorie et confirmés par l'expérience.

Pendant qu'on était ainsi occupé de recherches et d'expériences, le capitaine Constantin-John Phipps a publié à Londres un ouvrage 'm-li° intitulé : A Voyage towards the nord pôle undertaken hy lus Majesty's command in ijjS. London, 177^. On y trouve la description d'une machine distillatoire, de l'invention du docteur Irving, destinée à dessaler l'eau de mer. Elle consiste en un long tuyau de métal, adapté par un bout à une chaudière, et qui communique de l'autre avec un vase ou récipient. On entretient l'eau de la chaudière bouillante, et l'on rafraîchit continuellement le tuyau avec des torchons imbibés d'eau fraîche. On y peut voir, page 206 et suivantes, la description qu'en a donnée le docteur Irving lui-même K Sans entrer dans le détail des inconvénients de cette méthode , de l'embarras qu'elle entraîne et de l'effet médiocre qu'on doit en attendre, il sera aisé de reconnaître combien elle a peu de rapport avec celle qu'on publie aujourd'hui.

Ce qui paraîtra sans doute très-digne de remarque, c'est que, d'après un article inséré, pages 217 et 218 de l'ouvrage du capitaine Phipps, on dirait, d'après les propres paroles du docteur Irving qu'il rapporte, que ce dernier avait quelque connaissance du principe dont on se propose de donner l'application dans cet ouvrage; bien plus, en comparant les dates "des expériences faites à Paris, avec le temps de son départ, on s'apercevra qu'il ne serait pas impossible qu'il n'eût eu, avant de s'embarquer, communication de ce qui se passait à Paris. Ce qu'il y a de très-certain, c'est que la machine dont on donne ici la description a été publique à Paris et exposée aux yeux des physiciens pendant tout le cours de 1773, tandis que l'ouvrage du capitaine Phipps n'a été imprimé qu'en 177/1.

Au reste, quand on supposerait que le docteur Irving a eu connaissance, avant son départ, de la méthode qu'on expose ici, il y a apparence qu'il ne lui est parvenu que des notions incertaines et peu détaillées, qui n'ont servi qu'à l'égarer; car on ne pourrait pas concevoir autrement comment il aurait pu préférer un moyen évidemment défectueux à un autre beaucoup plus simple et qui n'est susceptible d'aucun inconvénient.

On a inséré aussi dans le journal de celte machine, avec le plan d'une autre physique de M. l'abbé Rozier, mois d'oc- assez différente, du même docteur Irving, tobre 1779, P^E^ «^^^^ '''* description de pour le môme effet.

NOUVELLE MÉTHODE DISTILLATOIRE. 719

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